Economie

L’électrification rurale frôle les 100%

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5335 Le 16/08/2018 | Partager
2.100 villages à raccorder aux réseaux d’ici fin 2019
Gros impacts socioéconomiques sur les ménages
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Malgré l’accès à l’énergie électrique, beaucoup d’agriculteurs continuent d’utiliser le gaz butane pour le pompage de l’eau. Ce qui impacte lourdement le budget de la compensation (Ph. L’Economiste)

Au moment de son lancement en 1996, le programme d’électrification rurale global (Perg) devait permettre l’électrification de 80% des villages sur une période de 15 ans. Ce qui signifiait l’électrification de 1.000 villages par an avec un budget de 15 milliards de DH.

Dès les premières années, l’Office national d’électricité (devenu ONEE) a décidé de multiplier par 2,5 ses ambitions. Des objectifs supposant l’augmentation de l’enveloppe budgétaire à 23 milliards de DH.

Le principe du Perg consiste pour les ménages à s’acquitter d’une quote-part de 2.500 DH étalée sur sept ans, représentant 25% des 10.000 DH représentant les frais de raccordement au réseau électrique par foyer. Soit une traite symbolique de 40 DH par mois.

Le reste des frais est pris en charge par l’ONEE (55%) et les communes (20%). Ces dernières s’acquittent de 2.000 DH par ménage raccordé en une seule traite ou en quatre ans, à raison de 500 DH par tranche. Au terme de 2017, le Perg a permis à 11.425 foyers, habitant 498 villages, d’accéder à l’énergie électrique par réseaux interconnectés. 

Ainsi, en 21 ans, l’ONEE a pu raccorder 39.943 villages au réseau électrique. Soit plus de 2,11 millions de foyers. Entre 1998 et 2009, plus de 51.560 foyers ont été équipés en kits photovoltaïques. Mais ce dispositif a connu quelques couacs. Certains ménages refusaient de payer leurs redevances aux sous-traitants. Ce qui a débouché sur des problèmes d’impayés.

Le raccordement des zones rurales au réseau électrique butait sur plusieurs obstacles, dont le principal porte sur la dispersion des résidences et les faibles revenus des ménages. D’où le recours aux kits solaires individuels installés par des sous-traitants tels que Temasol, Isofoton, BP Solar, SPM, ou encore Noor Web.

Le programme d’électrification par kits solaires a été ensuite mis en stand-by jusqu’en 2016. Ainsi, à fin 2017, plus de 19.400 foyers ont été dotés d’un kit solaire dans le cadre de l’INDH.

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A fin 2017, le Perg a permis d’atteindre un taux d’électrification de 99,53% contre 18% en 1995. Le contrat-programme signé entre le gouvernement et l’ONEE tablait sur un taux d’électrification de 99,63% fin 2017. Les projections du Perg d’ici fin 2019 prévoit la connexion de 2.100 nouveaux villages, regroupant 52.470 foyers, pour atteindre un taux d’électrification global de 99,93%.

Les études commanditées par l’ONEE indiquent que l’électrification insuffle une nouvelle dynamique socioéconomique dans les zones rurales. En effet, l’accès à l’électricité institue de nouvelles habitudes telles que l’acquisition d’articles électroménagers. L’arrivée de l’électricité permet également la mécanisation des ateliers et certaines activités telles que le pompage de l’eau.

L’électrification s’est aussi traduite par la création de plus de 193.440 activités génératrices de revenus dans le domaine de l’agriculture, de la petite industrie et du commerce. Le raccordement électrique a également profité à 1.070 dispensaires. Ce qui a permis d’améliorer l’accès aux soins pour les populations rurales. 12.727 écoles ont aussi été reliées aux réseaux électriques pour le plus grand bonheur des élèves.

 

 

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