Régions

Hôtel Lincoln: Les honteuses ruines de Casablanca

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5331 Le 08/08/2018 | Partager
3e appel à manifestation d’intérêt en 3 ans
Problèmes d’accessibilité, stationnement, façade à l’identique…
D’autres scénarios à l’étude
hotel-lincoln-031.jpg

L’immeuble Bessonneau, communément appelé hôtel Lincoln, est l’un des premiers bâtiments du boulevard Mohammed V à Casablanca, ex-bd La Gare. Il a été conçu en 1919 par l’architecte français Hubert Bride sur une superficie de 2.500 m² (Ph L'Economiste)

La troisième fois sera-t-elle la bonne? L’Agence Urbaine de Casablanca (AUC) vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) international pour la réhabilitation de l’hôtel Lincoln. Un projet qui ne semble pas intéresser grand monde, puisqu’il s’agit du 3e appel d’offres sur 3 ans (2015-2016 et 2018).

Aucune offre sérieuse ne s’est présentée depuis 2015, ce qui met en doute les chances de faire aboutir le projet de réhabilitation de l’hôtel. L’un des principaux freins demeure celui de la restauration à l’identique. Tout investisseur intéressé a les mains liées puisqu’il doit reproduire la façade de l’édifice classé à l’identique.

Le repreneur doit obligatoirement respecter un certain nombre de conditions dont la reconnaissance du caractère d’utilité publique et l’obligation de restaurer la façade, classée patrimoine architectural.

Une condition sine qua non qui en dissuade plus d’un. En effet, la reconstitution de la façade à l’identique pourrait représenter un surcoût, que beaucoup ne sont pas prêts à supporter. S’y ajoute également un problème d’accessibilité du site, pratiquement enclavé.

Le passage du tramway juste en face de l’hôtel en bloque l’accès. Même les ruelles commerçantes situées derrière l’édifice sont difficiles d’accès (Derb Omar). Une solution serait à l’étude au niveau de la wilaya et de la commune de Casablanca, selon une source proche du dossier. Les autorités locales envisageraient de rouvrir à la circulation les voies latérales du boulevard Mohammed V, le long de la ligne du tram.

Une étude est menée actuellement dans ce sens. Le problème de stationnement se pose également avec acuité sur cette zone principalement piétonne. De plus, avec une superficie de 2.500 m² environ et à peine 4 étages autorisés, l’hôtel n’offrira pas une grande capacité litière. Pour rendre l’offre plus attractive, l’agence urbaine et les autorités locales devront proposer un dossier bien ficelé aux investisseurs potentiels.

Pour rappel, en 2015, une quinzaine d’entreprises ont retiré l’année dernière le dossier de candidature, sans pour autant présenter des propositions. Il faut dire que l’offre de location n’était pas assez alléchante pour les investisseurs.

Pour relancer le processus, l’AUC annonce, en 2016, une nouvelle formule de cession, avec un cahier des charges et des obligations bien spécifiques. Mais elle est restée infructueuse.

Fermé et abandonné depuis 1989, l’hôtel Lincoln s’est effondré à plusieurs reprises suite à de fortes pluies (cf. édition du 10 février 2015). Depuis, l’opération de rénovation de la bâtisse, classée patrimoine historique et architectural de Casablanca, piétine.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc