Dossiers

Ces filières qui garantissent jusqu’à 100% d’emploi!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5318 Le 19/07/2018 | Partager
Elles sont exclusives à certains établissements
Un accès très limité, mais des choix de plus en plus variés
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Les universités ont développé beaucoup plus de filières en master qu’en licence professionnelle. Tous diplômes confondus (licences fondamentales/professionnelles, DUT, ingénieurs, master, doctorat…), les sciences et techniques accaparent la plus grosse part de créations, soit 45%

C’est grâce aux licences professionnelles (LP) et aux masters que les facultés publiques se distinguent les unes des autres. Depuis l’introduction du système LMD (licence, master, doctorat) au début des années 2000, elles bénéficient de la possibilité d’innover en matière de formation, et de diversifier leur offre. Ces dernières années, de nombreuses filières innovantes ont été ouvertes dans presque toutes les facultés publiques. Certaines sont uniques. Vous ne les trouverez que dans des établissements précis. Vu la rareté des profils qu’elles forment, elles garantissent des taux d’emploi pouvant aller jusqu’à 100%. Dans les facultés à accès ouvert (droit, sciences et lettres), il s’agit d’une véritable prouesse. Le nombre de places disponibles est limité (30 à 40 par filière), mais le choix des spécialités s’enrichit d’année en année. Il existe actuellement plus de 2.300 filières accréditées dans les universités. Plus de 30% de l’offre globale relève de masters.
Retour sur les formations exclusives de certaines facultés publiques, dont les concours seront organisés entre fin juillet et début septembre.  

• Université Cadi Ayyad de Marrakech: Ingénierie des centrales solaires, astronomie,  prototypage…

Classée dans des rankings internationaux, tels que celui de Shanghai et du Times Higher Education, l’université de Marrakech fait partie des plus innovantes en matière de formation. Plusieurs de ses établissements offrent des filières exclusives, à commencer par la Faculté des sciences Semlalia (FSSM). Au niveau des masters, une filière en «ingénierie des centrales solaires thermiques à concentration» est proposée, en partenariat avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et une université espagnole. Ses 20 étudiants bénéficient d’une bourse de 1.000 DH par mois. Des stages sont réalisés à l’Iresen et en Espagne. Dans le BTP, une filière «Ingénierie et Conduite de projets BTP» forme des cadres polyvalents. «C’est un profil particulier, jouissant d’une bonne technicité et initié en conception, très recherché», relève Blaid Bougadir, vice-président de l’université, en charge des affaires académiques. La faculté est la seule à offrir un master en «physique des hautes énergies, astronomie et physique computationnelle». Le domaine attire peu d’étudiants, vu l’absence de ce secteur au Maroc. Le débouché naturel est celui de la recherche universitaire.
Au niveau des masters aussi, la FSSM est très dynamique. Elle dispose d’une spécialité unique en «sciences et technologie de la formulation industrielle», en d’autres termes, le prototypage industriel. Deux autres filières exclusives assurent des taux d’emploi dépassant allant à 100%: «l’optique & optométrie» et «céramique et verres». D’autres établissements se distinguent. Comme la Faculté de médecine, avec un master «instrumentation & analyse biomédicale» formant des cadres de laboratoires, la Faculté polydisciplinaire de Safi, avec une LP en «métiers de la justice», et la fac de lettres, avec le master en environnement «Vulnérabilités: acteurs et Action publique». Plus de 90% des lauréats de ce master sont employés par des municipalités et par le ministère de l’Environnement. 

• Université Ibn Zohr d’Agadir: Première faculté  des langues et des arts au Maroc 

Avec ses 120.000 étudiants, l’université Ibn Zohr d’Agadir se classe première en termes d’effectifs. En septembre, elle lance une nouveauté absolue au Maroc: une Faculté des langues, arts et sciences humaines (Flash). Un établissement qui se veut interdisciplinaire et insistant sur des savoirs pratiques. «En matière d’art, nous souhaitons aborder le domaine sous l’aspect professionnel. Une formation en événementiel sera, par exemple, dispensée», relève son président, Omar Halli. La nouvelle faculté offrira trois LP: «Information et communication», formant des spécialistes en médias, communication et industries créatives, «didactique du français» et «English, language teaching and the global market». Les deux dernières sont dédiées aux métiers de l’éducation. La fac de lettres de l’université propose une LP exclusive en «langues étrangères appliquées», en partenariat avec l’université Nice Sophia-Antipolis. «Les diplômés de cette filière sont très demandés. Ils peuvent travailler dans la traduction, le tourisme, la communication…», indique Fattehallah Ghadi, vice-président de l’université, en charge des affaires pédagogiques, sociales et culturelles. L’établissement dispense un autre master unique dans le public, en «art et communication», formant des cadres dans les métiers de l’art, de la com et de la médiation artistique. La fac de droit, pour sa part, propose une licence en «management du tourisme» avec l’OFPPT, accessible aux bac+2. 

• Université Hassan Ier de Settat: Seuls instituts de sciences de la santé et de sport

L’université de Settat se distingue par deux instituts uniques en leur genre dans le public, en sciences de la santé et en sciences du sport. Le premier, ouvert en 2013, offre 3 masters et 5 licences professionnelles (LP) dans les métiers du paramédical. Un domaine souffrant d’un grave déficit en compétences qualifiées et en formateurs. «Les lauréats sont recrutés à 100%, parfois à l’issue de leur stage terrain», assure le président de l’université, Ahmed Nejmeddine. Les formations sont en partenariat avec l’école belge Henallux et l’université de Grenade. La première promotion de master sera diplômée cette année. L’institut des sciences du sport, pour sa part, en est à sa 3e année. Là encore, il vient répondre à un besoin cruel en managers sportifs et en éducateurs physiques dans les collèges et lycées. L’année prochaine, un master «santé et sport», combinant les deux parcours, sera lancé.  L’université de Settat, parmi les toutes premières à avoir évalué ses établissements en partenariat avec des experts européens, s’est alliée à des entreprises et organisation pour monter des cursus professionnalisants sur mesure à leurs besoins. Comme la LP «commerce et distribution», en partenariat avec le groupe Label’Vie, où les étudiants (une trentaine) touchent une bourse mensuel de 1.000 DH. Ou encore, la LP «droit notarial», avec l’ordre des notaires, et la LP «sciences de sécurité et gestion des risques» avec la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale). Toutes ces LP sont accessibles à partir du Deug, pour les étudiants en droit ou en économie, en fonction des spécialités. Ouverte sur les langues étrangères, l’université prévoit de créer une faculté des langues, arts et sciences humaines. 

• Faculté de droit de Rabat-Souissi: Un master labellisé par l’OMC

A la Faculté de droit de Rabat-Souissi, on joue la carte de la pluridisciplinarité et des formations interétablissements. «Il s’agit d’une approche rare dans l’enseignement supérieur au Maroc», souligne son doyen Azzedine Ghoufrane. Au niveau des masters, par exemple, l’établissement compte une filière en «commerce international». L’intitulé est commun, mais le contenu croise plusieurs disciplines, dont l’économie internationale, le droit des relations économiques internationales… le diplôme, très prisé, est labellisé par un programme de chaire de l’OMC. Des experts de l’organisation internationale y animent des modules, comme celui sur les négociations commerciales multilatérales.
D’autres masters misent sur la pluridisciplinarité, comme celui sur les «études internationales et diplomatiques», et celui sur «l’ingénierie touristique», créé avec la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), et dispensé avec d’autres facultés de lettres et de sciences. Comme à Casablanca, il existe plus d’une fac de droit à Rabat, offrant également des parcours originaux et exclusifs. A l’instar du master de la Faculté de droit d’Agdal, en «droit des échanges euroméditerranéens», sanctionné par un double diplôme avec l’université de Bordeaux. Il prend chaque année 10 étudiants marocains et 10 français, qui ont droit à une bourse mensuelle de 850 euros. 

• Faculté des sciences de Casablanca: Informatique médicale, techniciens de labos, gestion du territoire…

Une dizaine de licences professionnelles sont dispensées à la Faculté des sciences de Casablanca-Aïn Chock. Parmi elles, plusieurs sont uniques en leur genre au Maroc. C’est le cas de celle en «informatique médicale», en partenariat avec la Faculté de médecine. «Elle a été conçue pour répondre aux besoins des CHU en profils initiés à la fois en médecine et en informatique», explique Omar Saddiqi, doyen. La faculté est également la seule à abriter une formation alternée en «bio-analyse médicale», développée avec le Syndicat des biologistes médicaux de Casablanca. Le parcours de cette LP est partagé entre cours théoriques les matinées, et stages dans les laboratoires les après-midis. Le profil de sortie est celui de techniciens et de cadres moyens de laboratoire. La totalité des lauréats de la première promotion a été embauché par les laboratoires. 
Pour les laboratoires pharmaceutiques, une LP en «métiers de délégation médicale» est proposée. Ses lauréats sont très prisés. Autre LP propre à la faculté, le «génie climatique», destinée à l’industrie de la climatisation. En termes de masters, plusieurs spécialités innovantes sont disponibles (big data, génie logistique…), mais une seule est exclusive, celle en «gestion des systèmes d’information géographique et gestion du territoire». Elle concerne la gestion de bases de données aidant à mener des politiques publiques. La faculté compte l’enseigner, à partir de la prochaine rentrée, en anglais, afin d’en faire un master international, ouvert sur les pays d’Afrique anglophone.  

• Faculté des lettres de Casablanca: Industrie de la langue, archéologie, métiers du livre…

Elle fait partie des établissements qui dispensent le plus de parcours en langues: arabe, français, anglais, espagnol, allemand, italien, études chinoises, coréen… et bientôt, une filière d’études amazighes. La Faculté des lettres et des sciences humaines de Casablanca Ain Chock est, cela dit, la seule à proposer un master «linguistique arabe appliquée». «Il concerne l’aspect technique et technologique de la langue, comme la traduction et le traitement numérique. Ce master relève des industries de la langue», explique son doyen Mourad Maouhoub. Cette filière a été lancée l’an dernier. «Cet héritage en langues, nous espérons le transformer en vocation. Nous pensons créer un centre de langues», confie Maouhoub. En 2017-2018, l’établissement a lancé une autre filière, en «patrimoine et archéologie». Une formation très rare au Maroc, longtemps confinée à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine. La faculté abrite, d’ailleurs, un petit musée archéologique. Le master, dispensé en arabe, entend former des spécialistes du patrimoine matériel et immatériel. Deux autres masters originaux sont proposés. Le premier, «genre, société et culture» dont l’objectif est de préparer des spécialistes des thématiques du genre. Le deuxième, «sociologie des organisations», sera ouvert l’année prochaine. Au niveau des LP, parmi les spécialités innovantes, celle sur les «métiers du livre» est très demandée. 

• Faculté des lettres de Rabat: Muséologie, univers carcéral, psychopathologie…

Une vingtaine de masters sont ouverts à la Faculté des lettres et sciences humaines de Rabat. Plusieurs sont exclusifs, dont celui sur la «muséologie et la médiation culturelle», en partenariat avec la Fondation nationale des musées. Lancé en 2016-2017 avec 25 étudiants, il offre plusieurs débouchés (musées, bibliothèques, galeries d’art, maisons d’édition). 
Le master «univers carcéral, prévention et réinsertion» est également unique à l’échelle des facultés publiques, selon le doyen Jamal Eddine El Hani. D’une capacité de 40 places, il forme des assistants sociaux, pouvant évoluer à la fois dans les institutions carcérales et les associations. Autre exclusivité, le master «Psychopathologie et psychologie clinique». La formation y est alternée, avec deux demi-journées à la faculté et trois à l’hôpital Avicenne. Les lauréats ne chôment pas. Ils peuvent travailler dans les CHU, centres médicaux psychologiques, centres d’écoute…
Toujours en matière de master, des filières en «traduction littéraire, culturelle et édition» et en «Communication interculturelle» sont sans pareil dans le public, selon le management de la faculté. De même que le master sur «l’Amérique latine, globalisation, interculturalité et défis du XXIe siècle. Il est destiné à préparer des chercheurs dans ce domaine stratégique, et à favoriser la mobilité des étudiants.


Faculté de droit de Casablanca: Criminalité financière, un master unique en Afrique

Malgré ses effectifs impressionnants (près de 26.000 étudiants) et ses faibles moyens, la Faculté de droit de Casablanca-Route El Jadida tente de créer des îlots d’excellence. L’établissement est à l’origine du premier et seul master de «détection et prévention de la criminalité financière organisée» en Afrique. La première promotion a été reçue il y a quelques mois par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani. Avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité, la faculté a créé un master qui n’existe nulle part ailleurs au Maroc, «accompagnement entrepreneurial», formant des accompagnateurs et conseillers multidisciplinaires de TPE et de PME. Un profil rare sur le marché. Autre master exclusif, celui avec la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance en «droit des assurances». Il forme des juristes d’affaires francophones très prisés par les assurances, banques et multinationales. «Cette spécialité, dispensée en langue française, est sélective par nature. 
Les lauréats sont peu nombreux et l’insertion sur le marché frise les 100%», souligne Abdellatif Komat, doyen. La faculté est, par ailleurs, la seule à offrir un master en communication politique en français. Elle dispose, aussi, d’un master original avec Attijariwafa bank en «marchés financiers et bancaires». Les cours se déroulent dans les locaux de la banque, dont les cadres s’improvisent formateurs.


 

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