Entreprises

Boucharouite Eco Création se lance dans la mode éthique

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5289 Le 07/06/2018 | Partager
La startup vient de lancer sa nouvelle marque Idyr dédiée à ce créneau
Pari sur le crowdfunding pour booster la production et prospecter à l’international
Les fonds récoltés serviront à équiper un nouvel atelier et intégrer 8 tisseuses
boucharouite_eco_creation_089.jpg

A travers un nouveau design pour apporter de l’élégance, de la matière première de bonne qualité et l’association avec le cuir, le Boucharouite Idyr a troqué sa réputation de «tapis du pauvre» contre celle de «produit de l’ethic fashion» (Ph. BEC)

Après une année d’activité intense, est arrivé le moment où la jeune startup sociale Boucharouette Eco Création (BEC) doit accélérer sa croissance avec l’objectif de se faire une place sur le marché de la mode éthique. La startup, comme son nom l’indique, porte le défi de remettre au goût du jour le Boucharouite, ce mode de tissage traditionnel marocain qui a perdu de son intérêt et de sa valeur.

L’entreprise propose à la fois une solution environnementale en recyclant les déchets du textile et sociale en participant à l’autonomisation des femmes tisseuses qui en vivent. A travers sa nouvelle marque Idyr lancée fin 2017, la startup veut aller plus loin et se faire connaître sur le marché de la mode éthique à l’international.

Pour ce faire, BCP vient de lancer une campagne de crowdfunding sur la plateforme de prévente Wuluj pour son nouveau catalogue de l’été 2018. Wuluj est une plateforme de prévente qui a pour but de faciliter l’accès au marché pour les projets créatifs et innovants dans toute la région Mena. Il s’agit d’une plateforme où le client peut acheter les articles de la startup à un prix promotionnel, ceci pendant une durée déterminée.

Les paiements effectués sont collectés et continuent d’augmenter jusqu’à atteindre l’objectif fixé. La marchandise, elle, n’est livrée qu’après l’écoulement de la période. «Nous avons fixé comme objectif à atteindre 49.500 DH. La somme collectée servira à équiper un atelier pour intégrer 8 à 10 futures artisanes tisseuses collaboratrices, et étendre notre activité vers d’autres pays», assure Fadwa Moussaif, co-Fondatrice de Idyr.

Ainsi, la collecte servira à développer la production et permettra la prospection dans de nouveaux marchés à l’étranger, en particulier la France et l’Afrique du Sud, où la startup collabore déjà avec une ambassadrice de la marque Idyr.

Depuis sa création par deux jeunes étudiantes de la Faculté des Sciences et Techniques FST Mohammedia, la jeune startup BEC cherche à revaloriser le boucharouite mais aussi octroyer du travail décent et bien rémunéré aux femmes tisseuses vivant dans des conditions de vie difficiles.

Le boucharouite est confectionné habituellement à partir de petits morceaux de chiffons et de laine, de vieux vêtements et même de bouts de sacs en plastique, ce qui en fait un produit de récupération de premier ordre. Pour valoriser ce produit et rehausser sa qualité, BEC collabore avec des industriels du textile pour s’assurer de la matière première de qualité (lycra et coton principalement).

Le traditionnel tapis multicolore et sans véritable charme se transforme ainsi en pochettes élégantes, sacs à main, housses pour ordinateurs, coussins, petits tapis et descentes de lit avec des couleurs tendance et des motifs caractéristiques.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc