Economie

Médiation bancaire: Ce n’est pas encore le rush

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
En trois ans, le Centre de médiation a reçu moins de 2.000 réclamations
Le mécanisme reste encore méconnu dans les provinces
La CGEM Marrakech/Safi joue la carte de la sensibilisation
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Pour Mohamed El Ghorfi, président du Centre marocain de médiation bancaire, le recours à la médiation est un moyen d’améliorer ostensiblement le climat des affaires et de désengorger les tribunaux. Toutefois, en dépit des efforts de communication, le centre reste encore méconnu (Ph. L'Economiste)

Vous avez un litige avec votre banque? Vous contestez la gestion de vos comptes à vue, comptes à terme, comptes d’épargne, des moyens de paiement ainsi que toutes les opérations de banque… vous déplaît? Vos courriers envoyés au service réclamation sont restés lettre morte? «Avant de saisir les tribunaux, sachez que vous pouvez passer par la case médiation pour tenter de régler votre litige à condition de ne pas entamer une procédure judiciaire.

Malgré les sorties médiatiques de son président, Mohamed El Ghorfi, le Centre marocain de médiation bancaire (CMMB) reste encore méconnu, du moins dans la région. Et c’est d’ailleurs ce qui a poussé la CGEM section locale à organiser une rencontre-débat autour de la médiation bancaire à laquelle participaient professionnels, chefs d’entreprise, avocats et représentants des banques.

Objectif: mettre en avant le rôle de la médiation bancaire en tant qu’une solution intéressante et un mode alternatif dans la résolution à l'amiable des différents types de litiges existant entre les entreprises et les banques. «D’autant plus que la procédure de la médiation se caractérise par l’efficacité et la gratuité (dans le cadre de la médiation institutionnelle), ainsi que par la discrétion, ajoutant que le recours à cette méthode alternative ne porte pas préjudice aux droits des parties de recourir à l’arbitrage ou aux juridictions de droit commun», insiste El Ghorfi.

Méconnu ou très mal connu, le recours à la médiation est pourtant un moyen d’améliorer ostensiblement le climat des affaires. Il permet de désengorger les tribunaux et laisse supposer une volonté de la part des parties de trouver une solution commune, mettre leur ego de côté et faire des concessions. «Le recours à la médiation trouve très souvent une issue favorable au conflit initial», affirme El Ghorfi. Sauf que souvent les clients des banques ne sont pas au courant de cette médiation et les agents aux guichets ne s'empressent pas de les aider, s'indigne un participant à la conférence. Conscient, El Ghorfi  estime qu'il n’y a pas de résistance mais une certaine lourdeur.

Le Centre a élaboré des brochures en arabe, tamazight et français et les met à disposition des visiteurs. «Nous avons  mené une communication destinée au public initié (chambres professionnelles, organisations patronales…) et une communication de masse (personnes physiques) en janvier 2015 avec les radios, la télévision..., nous avons aussi demandé aux établissements de crédit de communiquer».  Dans tous les cas, trois ans après sa création officielle, le CMMB a reçu au total près de 1.800 réclamations, encore très peu. Pour 2016, le médiateur a été saisi 800 fois. 50% des réclamations étaient hors sujet. Pour le reste des dossiers, le Centre a pu régler 73%  des litiges.

 

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