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L'Edito

Travaux

Par L'Economiste| Edition N°:2421 Le 13/12/2006 | Partager

La Charte des collectivités locales, dans ses différentes moutures, fête ses 30 ans, avec une grande rencontre à Agadir. L’époque était très différente. Sur le pourtour méditerranéen, les régimes militaires étaient encore nombreux et les systèmes de parti unique étaient majoritaires. Le Maroc, qui n’était pas une démocratie, loin s’en faut, s’est alors lancé dans un étrange projet: donner du pouvoir aux élus locaux, qui à l’époque n’étaient pas tellement élus d’ailleurs. Quelle idée de partager les pouvoirs de l’Etat avec des entités encore bien floues et souvent mal représentées?!L’opinion publique connaissait toutes les hypothèques pesant sur le personnel politique local (hypothèques qui, aujourd’hui, ne sont pas toutes levées).Trente ans plus tard, personne ne se souvient précisément comment se passaient les choses en 1976: on a en tête des anecdotes, des scandales plus ou moins étouffés, mais il reste bien peu de mémoire sur les procédures et le partage des pouvoirs que cette charte modifiait. Signe que l’évolution a été digérée.Pendant toute cette période, ce terrain des pouvoirs locaux et du rapport avec l’Etat central était sans cesse en travaux. Quels ont été les ressorts de ces travaux? les impulsions royales, bien sûr, les acceptations de partage de l’Etat central, évidemment, mais aussi, les hommes qui étaient en charge localement. Là où des élus légitimes et de qualité ont rencontré des walis et gouverneurs de qualité, le chantier a bien avancé. Là où un président a été mal élu, alors le mieux qui pouvait arriver, c’est que les travaux se mettent en panne.Aussi, encore plus qu’ailleurs, il est essentiel que le choix des hommes soit légal et légitime. Ce qui ne veut pas dire que ce soit facile…Comme dans un chantier, on abîme ses chaussures, on se couvre de poussière et on risque à tout moment l’entorse, mais cela vaut le coup puisque la maison avance.Nadia SALAH

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