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L'Edito

Gouffre

Par L'Economiste| Edition N°:2984 Le 18/03/2009 | Partager

La véritable assurance maladie obligatoire a réellement commencé. L’extension de l’AMO aux soins ambulatoires nous lance dans la grande aventure. Pour le meilleur, mais peut-être aussi, nous ne l’espérons pas, pour le pire. Les soins ambulatoires ce sont les bobos de tous les jours pour lesquels vous n’hésitez pas à consulter votre médecin, surtout lorsque vous disposez d’une bonne couverture médicale. Pour des milliers d’employés sous-médicalisés pendant des années, l’urgence d’un tel dispositif ne souffre donc d’aucune équivoque. Comble de l’indécence, ces salariés ont cotisé à la CNSS, ont même financé des polycliniques mais n’ont bénéficié que partiellement d’une protection sociale. Sur ce chantier, cependant, il faut être prêt à assumer certaines incertitudes, notamment celle du coût. Et à ce titre, les appréhensions de la confédération des entreprises semblent légitimes. En analysant l’historique des assureurs privés, qui ont plus de recul en la matière et surtout restent soumis à une sanction immédiate du marché, l’on est amené à un certain pessimisme. Dans ce cas de figure, la rentabilité de la maladie n’a été garantie que moyennant un package comportant des couvertures moins sinistrées comme l’invalidité ou le décès. Du coup, pour l’AMO dans son nouvel habillage, les arbitrages financiers risquent d’être difficiles. L’on ne peut faire l’économie de la logique comptable, car les dépenses de santé progressent plus rapidement que le PIB, quel que soit le régime d’assurance maladie retenu, public, privé ou mixte. Cela s’est vérifié à maintes reprises dans le monde et plusieurs pays où les gouffres de sécu sont devenus des gouffres… politiques.Ce qui manque aussi, semble-t-il, c’est une démarche d’ensemble pour le secteur de la santé. Les producteurs de soins sont-ils assez sensibles aux enjeux? Quels dispositifs et quelles garanties sont prévus en matière de contractualisation, d’information des malades?...Mohamed BENABID

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