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    Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5939 Le 03/02/2021 | Partager
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    Oui au soutien à la production nationale. Non à la cécité sur les impératifs de mise à niveau. Pour sa séance mensuelle d’avant-hier devant les députés,  Saâdeddine El Othmani s’en est plutôt correctement sorti dans un exercice où la rationalité scientifique du médecin semble avoir pris le dessus sur l’homme politique.

    S’il convient de la nécessité de soutenir la production nationale, le chef de gouvernement fait cause commune et,  à juste titre, avec l’indispensable sursaut de compétitivité. On le sait, le plaidoyer, quelles que soient les appellations et ses variantes – patriotisme économique, préférence nationale – n’exclut pas l’exercice d’autocritique.

    L’explication à une partie du déficit de la balance  commerciale est à chercher tant dans le culte des articles importés, l’absence de produit de substitution que  dans la persistance de problèmes de qualité.

      Cette dernière bataille est loin d’être gagnée, voire même d’être engagée.  Impossible d’y arriver sans des stratégies de montée en gamme, qui ne justifient pas nécessairement un changement de positionnement, vers des produits premium ou de luxe, mais qui requièrent en revanche d’être attractif hors-prix en se différenciant par l’innovation ou la qualité de service par exemple.

    Or il ne faut pas se faire d’illusion, le marché local aura valeur de test pour les entreprises qui rêveront de jouer dans une division supérieure, c’est-à-dire d’exporter.

    A vrai dire, cette orientation ne coule pas de source. Dans de nombreuses filières, les réflexes, dans une quête de l’organisation optimale,  en sont encore, au mieux, à du Lean management mal goupillé, au pire à de vieilles pratiques de cost killing. Un subterfuge qui ne résiste pas longtemps. La casse en termes de perception ou d’expérience client n’étant jamais loin.

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