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Tribune

Taux d'intérêt : La variabilité et les incertitudes

Par L'Economiste | Edition N°:42 Le 13/08/1992 | Partager

Les récentes mesures entreprises en matière de réforme du système financier et de dérèglement des activités bancaires impliquaient inéluctablement la mise en place du système de variabilité des taux ou des taux dits révisables. En effet, l'application des dernières mesures de politique monétaire visant à substituer au contrôle quantitatif du crédit (levée de l'encadrement) une action par les coefficients obligatoires (réserves et autres) et par les taux d'intérêt.
L'idée sous-jacente dans l'application du système des taux révisables est véhiculée essentiellement par 2 objectifs:
- d'une part, renforcer la concurrence interbancaire en matière des taux débiteurs sachant que la marge bancaire demeure négociable entre la banque et l'emprunteur. Celle-ci est fixe, en général, et ce, contrairement au taux de référence qui est variable;
- et d'autre part, faire de la variabilité du taux un indicateur de la véracité du prix de l'argent et un indice de l'offre et de la demande des capitaux.

Le cadre réglementaire

Ce deuxième volet semble être déterminant, à condition que le choix de l'unité de référence comme base de calcul de la variabilité soit significatif, et réellement représentatif de l'offre et de la demande de l'argent sur le marché; ceci nous amène tout droit à nous interroger sur les bases de l'application des taux révisables.
Le texte de base dans l'application de la variabilité des taux au Maroc est l'arrêté du Ministère des Finances du 31.10.1992, la circulaire de Bank Al Maghrib n°2/92/CR du 23/01/1992 avait pour objet de faire les modalités d'application de l'arrêté visé ci-dessus dont les grandes lignes sont les suivantes:
1- l'emprunteur a le choix entre le taux variable et le taux fixe, les conditions sont à négocier avec sa banque
2- Le taux fixe ne peut dépasser le taux plafond fixé par Bank Al Maghrib au tiers au dessus du taux d'intérêt moyen pondéré servi sur les dépôts à 6 mois et 1 an au cours du mois précédent. Celui-ci constitue le taux de référence dans le système des taux révisables. Il en découle que pour les crédits à court terme, le Taux de Référence Mensuel (T.R.M.) constitue la base de la variabilité, par conséquent le taux débiteur est révisable mensuellement.
En revanche pour les crédits à moyen et long terme, le taux est révisable une fois par an à la date d'anniversaire du prêt. Le taux de référence étant calculé sur la base d'une moyenne arithmétique des 12 derniers Taux de Référence Mensuels (ou des T.R.M. disponibles) appelés Taux de Référence Annuels T.R.A.
Toutefois la révision du T.R.A. a été limitée par la circulaire d'application de Bank Al Maghrib n°2/92/CR du 23/01/92 aux plafonds suivants:
· 2 points maximums par an
· 5 points maximums pendant toute la durée des prêts d'un terme égal ou inférieur à 7 ans
· 7 points maximums pendant toute la durée des prêts d'un terme supérieur à 7 ans.
En outre ladite circulaire d'application a prévu la possibilité de transformer un prêt à taux variable en un prêt à taux fixe et inversement, une seule fois pendant toute la durée du crédit.
Ce qui est important à souligner à cet égard c'est que la circulaire de Bank Al Maghrib vise à sécuriser les contractants (la banque et l'emprunteur), en optant pour le schéma du serpent à option (d'une donnée inférieure ou égale à 7 ans), Le tunnel visé ci-dessus présente un intérêt majeur, car il limite un risque de dérapage important aussi bien pour la banque que pour l'emprunteur. Ceci est d'autant plus sécurisant que l'introduction de la varia-bilité au Maroc est encore à son stade embryonnaire, le temps de l'accoutumance rendra les protagonistes moins vulnérables et certainement moins sensibles aux risques d'incertitude.

Evolution des taux révisables

Au cours du premiers semestre 1992, nous pouvons constater que l'évolution des taux a été plus sage que prévue. En effet, avec la levée de l'encadrement et la flambée des crédits en 1991, impliquant ainsi une raréfaction des liquidités sur le marché, on s'attendait à une hausse des taux de référence et par voie de conséquence une hausse des taux débiteurs.
Force est de constater qu'à l'exception des premières hausses annoncées au début de la mise en place de la variabilité, le taux de référence mensuel a évolué avec une hausse très raisonnable, comme le montre le tableau suivant:
En effet, la conclusion que nous pouvons tirer de ce tableau est que le trend a une tendance vers la hausse, celle-ci risque d'être un peu plus "musclée" dans les prochains mois, étant donné que les banques devant la rareté des ressources chercheront à collecter les dépôts à terme à des taux créditeurs de plus en plus élevés. Néanmoins une chose est certaine, c'est le constat de l'inélasticité des crédits à court terme quant à la varia-bilité des taux.
Les récentes hausses des taux conjuguées à leur caractère variable mensuellement n'ont engendré aucune baisse de la demande des crédits, bien au contraire l'emballement des crédits continue!
En revanche, la demande des crédits d'investissement (moyen et long terme) a été beaucoup plus sensible à la hausse des taux et à leur caractère variable; la baisse des crédits d'investissement a été largement constatée. En effet l'investisseur doit affronter plusieurs défis, en agissant dans un univers d'incertitudes, techniques, commerciales, humaines etc..., auxquelles s'ajoutent maintenant des incertitudes sur le coût de financement, coût qui ne cesse de devenir cher; pour pouvoir faire face aux aléas du coût de financement du projet d'investissement, il faudrait que le Taux de Rendement Interne (TRI) dudit projet soit assez élevé, dépassant les 20 à 25%, ce qui est exceptionnel. Ces incertitudes dissuadent plus d'un investisseur! et rendent encore le coût du capital plus élevé. La question qui se pose à cet égard est de se savoir si l'introduction des taux révisables pour les crédits d'investissement n'était pas relativement prématurée.

(*) NDLR: M. M'Fadel El-HALAISSI s'exprime à titre personnel.

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