×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Le Code de la presse sacrifié à des visées électoralistes?

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

. Des députés craignent que le projet ne s'enlise . Le Syndicat de la presse se prépare à faire du lobbying au sein du ParlementAprès une rupture forcée pour cause de loi de Finances, les députés s'apprêtent à reprendre leurs discussions sur le code de la presse. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants devrait se réunir dans les jours qui viennent pour continuer l'examen du projet de texte. Les membres de la commission considèrent qu'il n'y a aucune raison pour que ce projet ne soit pas adopté pendant cette session. Mais cette approbation n'est pas acquise à cent pour cent, en partie à cause d'une contrainte de temps. Jusqu'à maintenant, les députés n'ont tenu que deux réunions pour examiner le texte. Ils sont encore au stade des discussions préliminaires.Du fait qu'il touche une des importantes catégories de leaders d'opinion, le projet pourrait en plus être influencé par la conjoncture électorale. C'est ce que craint en tout cas Abdelkabir Tabih, député de l'USFP, qui évoque les dégâts que pourraient causer les surenchères politiques au niveau du contenu du projet. Décryptage: Pour des visées purement électoralistes, des partis pourraient se ranger démesurément du côté de la profession afin de s'assurer son soutien au moment des campagnes. Ce qui biaisera l'esprit de la réforme.Mustapha Ramid, chef du groupe du Parti de la Justice et du Développement (PJD), écarte ces inquiétudes. Il ne voit pas pourquoi les partis entreraient dans ce jeu politique puisque les journalistes sont libres, comme les autres électeurs, de choisir leurs candidats. En plus, toutes les parties concernées par ce projet, que ce soit partis politiques ou professionnels, sont d'accord avec le principe de la réforme. Mais chacun défend sa vision. D'ailleurs, le parti islamiste n'est pas contre la mouture gouvernementale qu'il qualifie de “positive” généralement. Mais il entend y combler certaines lacunes pour la rendre plus adéquate avec l'évolution du paysage médiatique et l'élargissement de l'espace des libertés.Mohand Laenser, patron du Mouvement Populaire (également membre de la commission), fait un recoupement entre quelques événements récents pour essayer de comprendre les intentions du gouvernement quant au projet de loi. Pour lui, la véritable crainte est que l'équipe au pouvoir ajournerait l'adoption de ce texte pour ne pas “avoir les journalistes sur le dos”. Le patron du MP évoque les récentes déclarations tenues par le gouvernement sur le projet non moins important de l'audiovisuel, discuté au niveau d'une commission spéciale. Laenser craint que le projet de code de la presse ne soit noyé dans les débats qui s'enclencheront bientôt sur le projet de l'audiovisuel. Il pense que les discussions sur le premier texte risquent en effet de sombrer dans l'artificiel. Celles-ci pourraient même servir de niche à quelques intentions électoralistes vu que ce projet n'est pas à la hauteur des attentes. “Au lieu de présenter une réforme amputée, il serait préférable que le gouvernement prenne tout son temps pour nous soumettre une proposition plus complète”, dit-il. Quant aux professionnels, ils ne sont pas vraiment emballés par le contenu de la réforme gouvernementale. Le Syndicat National de la Presse Marocaine (SNPM) a préparé toute une liste d'amendements et il compte faire du lobbying pour les intégrer dans les propositions des députés. Younès Moujahid, patron du syndicat, indique que des réunions avec les députés pour les sensibiliser aux amendements du syndicat se préparent. Pour lui, le fait que les discussions sur le projet soient guidées par des intentions de type électoraliste est une bonne chose. “C'est dans l'intérêt de la profession”, ajoute-t-il. Dans ses amendements, le syndicat demande la suppression des sanctions d'emprisonnement et la diminution des amendes. Il veut consolider les droits des journalistes pour qu'ils puissent bien évoluer dans leur métier. Un des principaux amendements concerne le droit du journaliste d'accéder à l'information. Le projet gouvernemental est resté vague sur cette disposition, entretenant encore le flou qui entoure les circonstances de l'octroi de ce droit. Il stipule que le journaliste a le droit d'obtenir des informations sauf celles considérées secrètes. Mesure jugée arbitraire puisque l'Administration reste la seule habilitée à dire si oui ou non telle information est confidentielle. Elle peut donc très bien retenir les informations qu'elle ne veut pas divulguer. En plus, comment les journalistes pourront-ils mener leurs investigations puisque les fonctionnaires sont soumis, de par la loi, à une obligation de réserve?Dans sa réforme, le gouvernement n'a donc pas tranché sur le libre accès à l'information. En fait, pour que cela se réalise, il faut assainir d'autres textes de loi et obliger la source d'information, à savoir l'Administration, à parler, tout en délimitant précisément là où elle doit se taire.


Comment séparer entre la critique et la diffamation

Le SNPM érige la justice comme la seule autorité habilitée à examiner l'interdiction et la saisie des journaux. Le syndicat veut ainsi effacer les traces de l'article cauchemar 77, qui a longtemps consacré les autorités administratives dans une position dominante où il avait droit de vie et de mort sur les journaux. Le syndicat demande aussi l'institutionnalisation du droit de critique. Là encore, le flou persiste. Combien de critiques ont été considérées, à faux, comme une atteinte à la personne citée. La piste de la diffamation était facilement praticable. Pour le syndicat, il est impératif d'établir des barrières entre les deux types d'écriture pour sécuriser le journaliste dans l'exercice de son métier. Nadia LAMLILI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc