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Courrier des Lecteurs

La triple révolution des OPCVM

Par L'Economiste | Edition N°:402 Le 17/12/1998 | Partager

En trois ans, le paysage des OPCVM s'est métamorphosé. Explosion des volumes, maturité des épargnants et emballement des institutionnels, succès de nouveaux produits. Le dispositif réglementaire paraît du coup dépassé. D'ailleurs de nouveaux textes sont en préparation.


Les gestionnaires de fonds d'épargne collectifs sont sereins. Ils clôtureront l'année 1998 avec un actif net avoisinant les 28 milliards de DH. Une performance inespérée en l'espace de trois ans. Autre preuve de succès, l'explosion de leur nombre: 63 OPCVM dont 29 obligataires, 19 diversifiés et 15 investis en actions.
L'engouement aura surtout profité aux OPCVM obligataires. Au 4 décembre, leur actif net a augmenté de près de 183% depuis le début de l'année à 15,8 milliards de DH contre 6 milliards pour les diversifiés (+89%) et 3,6 milliards pour les OPCVM actions (+95%). Une telle performance provient essentiellement du recours accru à la gestion déléguée des fonds dédiés par les investisseurs institutionnels.
A ce niveau, l'Association des Sociétés de Fonds d'Investissement Marocains (ASFIM) mène actuellement une démarche auprès du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) pour clarifier le statut de ces fonds dédiés.
En définitive, les OPCVM auront bénéficié de la conjonction d'au moins trois facteurs: la décrue des taux, le levier fiscal et l'excès de liquidité faute de produits de placement alternatifs suffisamment attractifs. La limitation des appels du Trésor au marché via les emprunts nationaux a également contribué à la canalisation des fonds vers les Sicav. D'ici la fin du mois, les gestionnaires s'attendent à un afflux supplémentaire de liquidités avec le remboursement des BDP et la tombée des remboursements en intérêt et principal de l'emprunt national du 31 décembre 1993.

A ne pas négliger non plus l'effort pédagogique des gestionnaires en faveur de la clientèle, des petits épargnants notamment. "La maturité de nos clients constitue le principal acquis de cette année", se plaisent à dire les responsables d'OPCVM. Au regard de l'évolution des souscriptions et rachats, un changement radical des comportements se serait en effet opéré entre le deuxième trimestre 1997 et le second semestre 1998. "Nous sommes loin des rachats massifs auxquels nous avions dû faire face en l'espace de trois semaines, l'année passée". Au contraire, ont été enregistrées autant de sorties que d'entrées depuis le début de la détente sur le marché des actions en septembre dernier. L'électrochoc aura été bénéfique, puisque "non seulement les petits porteurs ne se sont pas empressés de racheter leurs parts, mais ils ont compris qu'il fallait saisir l'opportunité de souscrire en période de baisse des cours". Et donc de se porter acquéreurs d'un plus grand nombre de parts de Sicav pour le même montant investi. L'effort pédagogique aura également consisté à expliquer la nécessité de se positionner sur la durée et de prendre en compte l'horizon de placement de l'OPCVM choisi.
Pour 1999, est attendue la réhabilitation de la notion de politique de placement. Le marché des actions ne réalisant plus les performances folles de ces dernières années, le couple rendement/risque devrait de ce fait "retrouver tout son sens". Ce qui en clair se traduira par un respect plus strict des règles de placement par les gestionnaires. Toujours en 1999, l'impact de la dernière baisse des commissions prélevées par la bourse sur le marché secondaire des actions et obligations sera plus palpable.

Sur le plan réglementaire, des chantiers sont également sur le point d'aboutir.
La profession planche actuellement sur les projets de circulaires diffusées pour avis par le CDVM. La première vise notamment à réglementer la relation commissaire aux comptes/OPCVM et à instaurer plus de rigueur dans le respect des délais de publication des comptes des fonds collectifs. La deuxième porte sur la manipulation des cours. Celle-ci devrait entre autres mettre un terme aux rumeurs qui courent sur la manipulation des valeurs liquidatives à la veille de leur publication. Egalement à l'étude, un projet de loi modifiant le texte sur les OPCVM. Sur proposition du Ministère des Finances, sera ainsi introduite la notion d'OPCVM à court terme monétaire. Ce même projet de loi prévoit en outre l'obligation de publier mensuellement la composition certifiée du portefeuille et de préciser l'indicateur monétaire (taux de base bancaire ou taux interbancaire par exemple).

Mouna KABLY

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