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Dossier SantéRésultats sanitaires: Des progrès mais...

Par L'Economiste | Edition N°:1153 Le 28/11/2001 | Partager

. Pour la mortalité infantile, les disparités régionales sont renversantes. Aggravation de l'écart ville-campagne pour la mortalité maternelle Que faut-il retenir de notre système de santé? Si c'est son efficience, on ne peut que se réjouir. Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il est performant puisque dans son rapport 2000 sur la santé dans le monde, elle classe le Maroc au 29me rang. Si c'est les résultats sanitaires (niveau de santé de la population et égalité sanitaire), il n'y a pas de quoi pavoiser. Le pays est propulsé en arrière de plusieurs rangs pour se retrouver 110me sur les 191 Etats membres que compte l'Organisation. L'Algérie par exemple occupe la 84me place et la Tunisie la 90me. Si l'efficience est un bon point, elle n'est en tout cas appréciée ou perçue que par le gouvernement puisque c'est lui qu'elle intéresse en premier chef. Elle lui montre avec quelle efficacité le système a su convertir ses dépenses en santé. Mais que signifie tout cela pour Monsieur tout le monde? Toujours selon le rappport de l'OMS, le système de santé marocain ne répond que trop peu aux attentes de la population. Pour preuve, en termes de réactivité (indicateur qui mesure l'adéquation offre-demande), le Maroc occupe le 151me rang. A comparer avec la Tunisie qui se classe 94me ou l'Egypte 102me. Concernant l'équité de la contribution financière, notre pays n'a pas de quoi se réjouir non plus. Il arrive au 125me rang derrière la Tunisie (108me) ou l'Algérie (74me).L'aspect de financement est très important, car il exerce un impact direct sur le développement socio-économique d'une population. D'ailleurs, fait remarquer l'OMS dans le même rapport, “partout, ce sont les pauvres qui pâtissent le plus des insuffisances des systèmes de santé et, en l'absence de protection financière contre la maladie, ils s'appauvrissent davantage”. C'est vrai que de nombreux pas ont été franchis. L'espérance de vie à la naissance par exemple s'est améliorée. Elle était de 69,5 ans en 1999 (67,5 pour les hommes et 71,5 pour les femmes) contre 65 ans en 1987 (63,74 pour les hommes et 66,39 pour les femmes). Côté mortalités néonatale, infantile et juvénile, des progrès sont également relevés. Si l'on prend la mortalité infantile, le nombre de décès pour 1.000 naissances vivantes est tombé à 36,6 sur la période 1992-1996 alors qu'il était encore de 57 entre 1987 et 1991. Cet indicateur, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, cache de grandes disparités régionales. Si la mortalité infantile est plutôt faible dans le Grand Casablanca (13 décès pour 1.000 naissances), elle monte en flèche dans des régions comme Taza-Al Hoceima-Taounate (54) ou Meknès-Tafilalet (58, et c'est le niveau le plus élevé). C'est vrai aussi que la mortalité maternelle a baissé: 228 décès pour 100.000 naissances vivantes en 1997 contre 332 sur la période 1985-1991. Mais là encore, cette moyenne dissimule la réalité tellement l'écart ville-campagne est énorme. En 1997, il mourrait deux fois et demie plus de femmes en milieu rural (307 pour 100.000 naissances vivantes) qu'en ville (125). L'écart était moins prononcé en 1985-1991: 362 pour le rural et 284 pour l'urbain. Ce qui signifie qu'en ville, la mortalité maternelle a reculé plus rapidement qu'à la campagne. Le ciblage des provinces défavorisées par des projets d'investissement et de mise à niveau s'avère donc insuffisant.En outre, de nombreuses maladies infectieuses ont perdu du terrain quand d'autres ont été éradiquées grâce notamment aux programmes de vaccination. Mais tous ces indicateurs, aussi encourageants soient-ils, ne revêtent que peu de sens pour le citoyen. Un malade ou un patient ne retient d'un système de santé que ce qu'il voit ou vit. S'il lui faut faire des kilomètres pour se rendre au premier centre de soins le plus proche, acheter son coton et son mercurochrome, attendre des jours et des jours, parfois des mois et des mois pour qu'on lui libère un lit qui plus est délabré et qu'on lui demande par dessus le marché de verser une somme qu'il n'a pas... on ne peut pas attendre de lui qu'il parle en bien du système de santé de son pays. S'il voit l'un de ses proches souffrir ou rendre l'âme parce que le service des urgences est défaillant ou submergé, on ne peut pas non plus lui en vouloir d'être haineux. Bien sûr que la qualité d'un service est appréciée différemment par les personnes, mais quand le minimum requis est là (accès rapide aux soins, égalité, respect...), on peut fermer les yeux sur un lit pas très confortable ou une infirmière pas très souriante!


Quelques indicateurs

- Espérance de vie à la naissance: En 1999, elle était de 67,5 ans pour les hommes et 71,5 pour les femmes. Ce qui correspond à une moyenne nationale de 69,5 ans. Selon le Ministère de la Santé, cette moyenne serait de 72 ans en 2009 et 73,2 en 2014.- Taux de mortalité infantile: 36,6 décès pour 1.000 naissances vivantes sur la période 1992-1996. Citant le rapport 2000 de l'OMS sur la santé dans le monde, le RESSMA (Réseau d'économie et systèmes de santé au Maroc), ce taux s'élevait en 1998 à 57 pour mille, contre 25 en Tunisie et 35 en Algérie.- Taux de mortalité des moins de cinq ans: 46 pour 1.000 relevé sur la période 1992-1996. Ce niveau s'éloigne de celui fourni par l'OMS, selon le RESSMA, et qui était de 70 pour 1.000 en 1998, contre 32 en Tunisie et 40 en Algérie.- Taux de mortalité maternelle: 228 pour 100.000 naissances (307 en milieu rural et 125 en milieu urbain). Selon le RESSMA, la moyenne sur la période 1980-98 ressort à 230 pour 100.000 naissances. Niveau relativement proche de celui de l'Algérie (220), mais franchement désolant si on le compare à celui de la Tunisie (70).- Encadrement médical: Selon le Ministère de la Prévision Economique et du Plan, l'encadrement médical s'est amélioré ces dernières années. En 1999, on comptait 2.153 habitants par médecin contre 2.748 en 1994. Toutefois, de grandes disparités régionales subsistent. Entre la Préfecture de Rabat et la Province de Zagora, l'encadrement varie de 331 à 8.499 personnes par médecin.- Infrastructures: 112 hôpitaux recensés en 2000 pour une capacité litière de 25.106, soit 1.143 habitants/lit. Les cliniques privées sont au nombre de 228 pour une capacité litière de 6.242, soit un lit pour 4.599 habitants.- Régime formel assurance-maladie: 15% seulement de la population sont couverts . OMS-rapport 2000: Le classement du Maroc. Réactivité du système de santé: 151me rangLe Maroc est ex-aequo avec la Bolivie et le Myanmar. Les pays dont le système de santé répond le mieux aux attentes de la population sont les Etats-Unis, la Suisse, le Luxembourg, le Danemark, l'Allemagne, le Japon, le Canada, la Norvège et la Suède.La mesure du degré de réactivité est basée sur une enquête réalisée dans certains pays auprès de quelque 2.000 informateurs-clés. Ces derniers ont eu à évaluer la performance de leur système de santé selon sept critères: respect de la dignité, autonomie, confidentialité, rapidité dans la prise en charge, qualité de l'environnement, accès aux réseaux d'aide sociale pendant les soins et choix du prestataire de soins. Pour les autres pays, l'OMS a utilisé une autre méthode. Equité de la contribution financière: 125me rangLe Maroc est ex-aequo avec l'Egypte et la Namibie. Il est loin derrière la Colombie qui occupe le 1er rang devant le Luxembourg, la Belgique, Djibouti, le Danemark ou encore l'Irlande ou l'Allemagne. Au bas de l'échelle, se trouvent donc les pays où le financement du système de santé est le plus injuste. Il s'agit de Sierra Leone, Myanmar, Brésil, Chine, Vietnam, Népal, Fédération de Russie, Pérou et Cambodge. Ce critère d'équité est défini comme le rapport des dépenses totales d'un ménage pour sa santé (y compris les impôts, les cotisations à la sécurité sociale et à un régime d'assurance privée et les paiements directs) au montant permanent de son revenu situé au-dessus du minimum de subsistance.. Performance en matière de niveau de santé: 17me rangSelon l'OMS, cette performance est définie comme le rapport entre les niveaux de santé atteints et ceux qui pourraient l'être par le système de santé le plus efficace. Le Maroc arrive devant la Norvège (18me) ou la Tunisie (46me) mais derrière Oman (1er) et les Emirats Arabes Unis (16me).. Performance globale: 29me rangCet indice a été calculé par un procédé qui consiste à rapporter les résultats d'ensemble du système de santé à ses dépenses, explique l'Organisation mondiale.Ainsi, en haut de l'échelle figure la France suivie de l'Italie. La Tunisie par exemple est classée 52me, loin derrière le Maroc.. Résultats globaux: 94me rangC'est un indice composite des réalisations en matière de niveaux de santé et de réactivité, d'équité de la contribution financière et de distribution de la réactivité.Ici, le Japon occupe le 1er rang devant la Suisse (2me) ou la France (6me). La Tunisie, en revanche, devance le Maroc en s'adjugeant la 77me place. (Synthèse L'Economiste)

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