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Quand les candidats truquent leur CV

Par L'Economiste | Edition N°:1631 Le 27/10/2003 | Partager

. Certains faussent leurs antécédents . D'autres maquillent leur parcours pour mieux coller au poste. Faut-il s'en référer à l'ancien employeur?Bien souvent, un postulant est embauché parce qu'il a un CV soigné ou qu'il a fait bonne impression lors de l'entretien. Selon des études étrangères, 30 à 50% des CV recèlent de fausses informations. Chez nous, impossible d'avancer un chiffre, mais il est fort à parier que de nombreux chercheurs d'emploi faussent aussi leurs antécédents et références quand d'autres omettent des renseignements importants. Le fait de “maquiller” ou “lifter” son parcours est monnaie courante, à en croire les spécialistes du recrutement. . Pratique couranteFaut-il donc toujours se fier à ce que dit ou écrit un candidat? Ou vaut-il mieux vérifier auprès des anciens employeurs (s'il a déjà travaillé)? Les avis sont partagés chez les entreprises et cabinets de recrutement. Selon Ikram Bghiel, directeur d'opérations au cabinet conseil Idées RH, la vérification des références est une pratique assez courante, notamment pour des postes sensibles. Elle reconnaît ne le faire que sur demande de l'entreprise et elles sont apparemment de plus en plus nombreuses à le réclamer. “Pour moi, c'est le principe de la bonne foi qui prévaut jusqu'à preuve du contraire”. Parfois, certains CV sont trop parfaits pour être vrais, alors une vérification s'impose. “Mais, confidentialité oblige, on n'appelle jamais le patron lorsque le postulant occupe encore son poste”. Les questions posées ont généralement trait aux missions prises en charge, aux comportements (esprit d'équipe, initiative…) ou à l'honnêteté et la bonne moralité du candidat. Des doutes subsistent parfois quant aux véritables motifs du départ. “Généralement, les anciens employeurs n'hésitent pas à nous fournir les informations requises”. Encore faut-il faire la part des choses! Le plus grave c'est quand le candidat souffre de sérieux troubles du comportement. Un simple coup de fil peut éclaircir les choses. “Le candidat a beau mentir, il ne peut nous leurrer sur ses compétences, car outre les exercices psychotechniques, nous lui faisons subir des tests techniques selon la profession”, affirme Ikram Bghiel. Il faut toutefois distinguer entre vérification des références et celle des antécédents. “Le plus important, c'est de s'assurer que le candidat n'a jamais été mêlé à des magouilles”, poursuit-elle. C'est d'autant plus valable pour des métiers sensibles (recouvrement, sécurité…). La fiche anthropométrique est aujourd'hui exigée par la majorité des entreprises pour tous les postes, et cela n'a rien à voir avec le 16 mai. Et la confidentialité dans tout cela? “On ne divulgue jamais à l'employeur potentiel les raisons du rejet d'une candidature”, assure-t-elle. En plus, lorsqu'on demande à un candidat de donner ses références, il sait qu'on va certainement les contacter. Mais qu'en pensent les entreprises? Jean-Marc Patissout, directeur adjoint à la direction des Ressources Humaines de la Lydec, n'est pas tout à fait d'accord avec cette démarche. Pour lui, la vérification n'est pas systématique. De toutes les façons, le postulant n'effectuera pas forcément les mêmes fonctions, il est appelé à évoluer. “Quand nous recrutons une personne, nous jugeons surtout ses aptitudes futures par rapport au poste à pourvoir et nous allons rarement voir du côté de l'ancien employeur”. C'est souvent même le candidat qui propose des références pour crédibiliser son parcours. Cela veut dire aussi qu'il est sûr que le témoignage sera en sa faveur. “Mais si nous partons toujours du principe de la bonne foi, nous ne sommes pas pour autant naïfs. Nous exigeons généralement des copies certifiées conformes des diplômes”. Le gestionnaire délégué exige aussi un extrait du casier judiciaire. “Une large part de nos salariés est en contact direct avec l'argent. L'intégrité et la bonne moralité sont donc de mise”, explique Jean-Marc Patissout. . Escamoter un diplômeLe responsable Recrutement chez Wincor Nixdorf estime pour sa part qu'il est impératif de connaître les raisons pour lesquelles un candidat a quitté son dernier emploi. “Nous ne recrutons pas les menteurs”. Chacun a ses qualités et ses défauts. “Nous nous concentrons uniquement sur les qualités du candidat et c'est à lui d'améliorer ses points faibles”, se contente-t-il de dire. Parfois, c'est le cas contraire qui se présente. Au lieu de maquiller son CV, un candidat tente par exemple d'escamoter un diplôme ou une partie de sa carrière pour décrocher l'emploi tant convoité. “J'ai personnellement eu affaire à une personne titulaire d'un DESS, qui ne l'a pas mentionné dans son CV”, confie Jean-Marc Patissout. N'ayant pu trouver un travail à sa mesure, elle a été amenée à le taire par crainte d'être surqualifiée pour le poste.


Turnover oblige

Ce n'est que ces dernières années que le besoin de porter un regard sur le passé des candidats s'est fait le plus sentir, note Ikram Bghiel. Le problème ne se posait pas auparavant étant donné que les salariés passaient pratiquement toute leur vie dans la même boîte. Ils travaillaient généralement dans leur ville d'origine où toutes les familles se connaissent. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il y a de plus en plus de mobilité dans nos entreprises. Certains changent de postes au bout de six mois ou une année. Parfois sans raison valable. C'est dans l'air du temps! Ce turnover risque d'avoir un impact direct sur les entreprises. “Je ne m'inquiète pas autant pour des questions de moralité ou d'honnêteté que pour l'évolution de carrière, la stabilité de l'entreprise et du tissu économique en général”, estime Ikram Bghiel. Son cabinet a lancé récemment une annonce pour un poste de cadre dirigeant. “Nous avons eu plus de 300 candidatures émanant de pratiquement tous les responsables de la place dans des postes similaires. C'est ahurissant!”Si quelques-uns avaient de bonnes raisons pour quitter, la grande majorité n'en avait pas (ils ont avancé des motifs comme le climat de travail, l'ennui, le besoin de changement…). En guise de prétentions salariales, certains avaient même mis: “Salaire identique!” “Cela veut dire que, même pour des postes de responsabilité, les salariés ne s'impliquent pas suffisamment, n'ont pas vraiment envie d'accompagner les entreprises dans lesquelles ils travaillent”, estime-t-elle.Aziza EL AFFAS

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