×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Enquête

Chasse aux coûts : Première piste, les employés

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Les restructurations d'entreprises se traduisent souvent par une réduction d'effectifs. Pourtant, il ne s'agit pas toujours d'une solution rationnelle.


«SI le directeur des ressources humaines (DRH) ne ressent pas la dimension humaine dans les restructurations, il vaut mieux qu'il change de métier». M. Fernand Riot, DRH à l'ANDCP (France) s'est montré catégorique lors des 9èmes Journées africaines des ressources humaines, tenues à Casablanca les 14 et 15 novembre. Elles étaient organisées par l'Association des Gestionnaires et Formateurs du Personnel (AGEF) et l'Association Africaine des Formateurs et Directeurs du Personnel, en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer.
Tous les intervenants s'accordent à dire qu'une restructuration mal conduite peut être à l'origine d'effets émotionnels qui ne touchent pas seulement les exclus, mais également les «survivants». Ces derniers peuvent développer un sentiment de culpabilité et voir la charge du travail augmenter, est-il indiqué. Selon les spécificités sociales des pays, d'autres drames peuvent surgir: celui du mâle blanc, à titre d'exemple, en Afrique du Sud. «Par mesure anti-discriminatoire, les femmes et les noirs bénéficient en premier d'aides à la réintégration, notamment par la formation et le recyclage», note Mme Lynne Rutherford, présidente de l'Institut of Personnel Management (IPM) en Afrique du Sud.

«Pour l'entreprise, c'est le savoir-faire qui s'en va», affirme M. Riot, Selon M. Henri Savall, directeur de l'Institut de socio-économie des entreprises et des organisations (France), la restructuration ne passe pas nécessairement par la réduction d'emplois. «Une action simultanée sur les différents facteurs de production peut mener à la performance».
En effet, ajoute-t-il, la charge salariale est seulement la partie visible de l'iceberg. La réduction des coûts cachés qui ne sont pas relevés par la comptabilité, peut dispenser l'entreprise d'établir un plan social. «Si elle s'attaque d'abord à l'absentéisme, les accidents de travail, la non-qualification du personnel, elle trouvera des gisments de ressources non-utilisées», soutient M. Savall.

Expériences africaines


Bien que les restructurations en Afrique diffèrent d'un pays à l'autre, les causes en restent cependant les mêmes: après le recouvrement de l'indépendance, l'Etat entreprend un effort de reconstruction où il devient le premier producteur et employeur, au détriment de l'initiative privée et de la PME, est-il souligné.
M. Lucas Danho, vice-président du Comité de privatisation en Côte- d'Ivoire donne l'exemple d'une entreprise publique, Para-industrie, productrice d'huiles de palme, contrainte à la restructuration suite à une chute des prix des matières premières. Devant l'ampleur des pertes, l'entreprise de quelque 14.000 employés, commence à partir de 1993 à négocier des allégements fiscaux et réviser à la baisse les avantages sociaux. La direction procède ensuite au licenciement de 4.000 personnes: d'abord les jeunes, les départs en retraite anticipée et les départs volontaires.
Quant à l'Afrique du Sud, elle vit depuis 1990 de grandes transformations dues à une ouverture commerciale et une concurrence accrue. «L'Etat a été obligé de réduire les dépenses et de supprimer quelque 170.000 emplois», souligne Mme Rutherford. Cette restructuration a été menée avec la participation des employés. «La direction ne peut plus se cacher derrière les bureaux pour réduire les emplois», ajoute-t-elle. Dans sa retructuration, South African Breweries, un producteur intégré de bière, a plutôt formé ses employés à la création de micro-entreprises de distribution de bière. Les restructurations en Algérie sont pilotées par l'Etat: recentrage sur les métiers de base, délestage des activités secondaires et élimination des sureffectifs. Au terme de cet assainissement et des restructurations, quelque 70.000 personnes ont été licenciées en1994.

Malika EL JOUHARI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc