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Affaires

Bourse: Les revalorisations de portefeuilles en trompe-l'oeil

Par L'Economiste | Edition N°:1423 Le 25/12/2002 | Partager

. Les indicateurs sont au vert depuis près de trois semaines . Cette hausse factice est en réalité due aux mouvements de revalorisation pour habiller les bilans de fin d'annéeAprès une hausse de 1,48% la semaine dernière, le Masi continue sur sa lancée en enregistrant une variation positive de 2,29%. Pourtant, cette hausse ne trompe personne. Les volumes ne suivent pas la tendance. La moyenne quotidienne des échanges sur le marché central ne dépasse pas les 12 millions de DH. “La situation actuelle est essentiellement due aux mouvements de revalorisation de portefeuilles entamés par les institutionnels à l'approche de la clôture annuelle des comptes”, souligne-t-on du côté de Wafa Gestion. Un constat s'impose à tous ceux qui s'intéressent de près à la BVC, celle-ci est sous perfusion. Après plus de trois années de baisse des cours, les volumes se sont raréfiés et 50 milliards de DH de capitalisation sont partis en fumée. Tassement des volumes, tendance baissière, notamment pour les valeurs du continu, les cours sont toujours sur une pente glissante. Plusieurs questions restent en suspens. “Il s'agit avant tout de se demander si le développement du marché est nécessaire pour le Maroc, car le doute est semé dans les esprits”, estiment quelques épargnants. “Dans ce contexte déprimé, les épargnants ont perdu confiance et la vision fondatrice à l'origine des textes de 1993 semble oubliée”, explique-t-on du côté du Conseil déontologique des valeurs mobilières. La révision de la politique monétaire pour favoriser l'investissement sur les compartiments à long terme du marché financier, la refonte de la fiscalité de l'épargne, la réforme du mode d'intervention des zinzins, le rôle du CDVM… sont autant de mesures qui doivent être prises pour favoriser la reconstruction du marché. “Si la vision fondatrice de 1993 est remise sur les rails, la renaissance du marché est possible”, indique-t-on du côté du CDVM. “Toutefois, la correction des cours salutaire pour certains s'éternise parce que les institutionnels ne jouent pas vraiment leur rôle de régulateurs du marché”, estiment les analystes. De surcroît, et ce qui n'arrange pas la situation, le pays ne dispose pas de produits d'épargne conçus pour organiser un acheminement structurel des flux des capitaux, indépendant de la conjoncture, vers les marchés de capitaux. Actuellement, le bilan des mesures effectives prises en application des réformes proposées est une bien maigre compensation. En tout état de cause, aucune mesure ne peut, à elle seule, réparer les dégâts. La reconstruction du marché boursier ne pourra démarrer que lorsque les nouveaux textes fondateurs seront adoptés. Ce n'est qu'ainsi que la confiance des épargnants pourra être retrouvée.“Le marché marocain se traite à des niveaux de valorisation très attractifs. Mais ceci ne suffit plus à attirer les investisseurs, ni les émetteurs”, jugent les analystes de MSIN. Ces derniers ont identifié trois blocs de mesures nécessaires à mettre en oeuvre sans tarder. Il est aujourd'hui nécessaire que l'Etat revienne sur le marché boursier, en y introduisant directement certaines de ses sociétés, incitant ainsi les propriétaires de concessions à s'y introduire. “Les introductions d'origine publique ont connu un succès incontestable. Seul l'Etat peut rétablir la confiance” poursuivent les analystes. Selon ces derniers, l'absence d'émissions nouvelles en provenance du secteur privé est une situation qui peut encore durer. «Or, nous constatons en même temps la rareté du papier à la Bourse de Casablanca”, soulignent-ils. Rappelons que les privatisations ont déclenché un mouvement ascendant entre 1993 et 1998 à la Bourse de Casablanca. Toutefois, cette mesure, à elle seule, ne suffirait pas à redynamiser le marché financier marocain.


Carottes fiscales

Un réaménagement fiscal en faveur des émetteurs serait aussi le bienvenu. En effet, il est impératif d'encourager toutes les entreprises, quels que soient leur secteur ou leur taille, à s'introduire en bourse. Et cela grâce à des incitations fiscales telles qu'une stabilisation à terme de l'exonération partielle de l'IS ou d'autres mesures concrètes et incitatives. En effet, l'incitation fiscale de 2001 en faveur des sociétés nouvellement introduites, est arrivée à un moment où le marché s'était inscrit dans une tendance baissière continue. Résultat, jusqu'à aujourd'hui, seules deux sociétés, introduites en 2001, ont pu bénéficier de cette mesure. . UrgenceUne réforme de l'épargne institutionnelle doit être programmée de toute urgence. Cette épargne, qui représentait 24,9% du PIB en 2001, devrait avoisiner les 30% en 2007. Alors qu'en Tunisie et en Turquie, ce taux tournait autour de 20 et 21% en 1992, il atteignait déjà entre 35 et 36% dans des pays émergents tels que la Malaisie, la Corée du Sud ou la Thaïlande, à la même période. Cette réforme aura indéniablement un effet bénéfique sur le volet social. Elle permettra de revoir l'assurance-vie et la capitalisation-retraite afin de les rendre fiscalement plus attractive au plus grand nombre. Ainsi, de nouveaux produits d'épargne adaptés aux ménages et aux entreprises pourront également être lancés. “L'épargne existe, mais elle est encore statistiquement mal connue et donc peu exploitée financièrement en faveur de l'économie nationale”, est-il indiqué auprès de MSIN. La Bourse des valeurs en représente la structure d'accueil idoine. Enfin, cet ensemble de mesures, à lui seul, ne saurait suffire sans une régulation permanente du marché par les autorités.Fédoua Tounassi

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