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Chronique

Les résultats des élections des chambres professionnelles
Un premier tour de «chauffe»?

Par L'Economiste | Edition N°:4586 Le 11/08/2015 | Partager

Mustapha Sehimi est professeur de droit, politologue et avocat au barreau de Casablanca

Annoncé en juin dernier puis finalement organisé à compter de ce mois-ci, le calendrier électoral est désormais fixé. Il a commencé le 7 août avec le scrutin relatif aux chambres professionnelles dont la nouvelle articulation prend en compte le découpage régional autour de 12 collectivités territoriales consacrées par la Constitution de juillet 2011. Une organisation «technique» qui, soit dit en passant, ne s’est pas penchée sur une remise à plat des attributions de ces  différentes institutions: comme si prévalait surtout une approche électorale en lieu et place, au moins dans une large mesure, du rôle de celles-ci.
Cela dit, ce qui frappe au vu des résultats c’est sans doute le paramètre des enjeux politiques. Une politisation qui tient à la combinaison de plusieurs facteurs. Le premier a trait au chiffre de 82% de candidats de partis soit 9.570 sur un total de 11.682. Pourquoi une telle mobilisation? Parce que c’est le premier rendez-vous de l’agenda électoral et qu’il convenait d’y participer de manière optimale ne serait-ce que pour gagner en visibilité ; mais aussi parce que chacune des formations allait  profiter de cette contrainte pour mettre sur pied un dispositif organisationnel qui allait être fortement sollicité dans l’optique des prochains scrutins. Un autre facteur a également pesé dans ce sens; il regarde le fait que pas moins de 20 sièges sont prévus pour la représentation de ces mêmes chambres professionnelles dans la nouvelle Chambre des conseillers de 120 membres devant être élue, elle, le 2 octobre prochain.
Dans le lot de tête, après le PAM qui décroche 408 sièges, soit 18,72%, il faut mentionner le PI (351 sièges /16,11%) et le RNI (326 sièges/15%). Ces trois formations ont aussi le meilleur taux d’éligibilité –soit la différence entre le pourcentage des candidats et celui des résultats de leurs candidats respectifs-, à savoir 5 points pour le PAM et 3 points pour le RNI et le PI. Tel n’est pas le cas d’autres partis où le pourcentage des élus est inférieur à celui des candidats (M.P.: -1,5; PJD: -3 ; USFP: -0,7 et PPS: -0,5); à noter encore les candidats SAP: -6 points. En affinant davantage, il faut s’interroger sur les scores dans les quatre chambres professionnelles: quel parti est mieux représenté dans chacune d’entre elles. C’est le PAM qui arrive en tête dans les chambres d’agriculture (142), de commerce/industrie et service (151) et d’artisanat. Dans les chambres de pêche maritime, il est troisième derrière le RNI (18) et le MP (16). Nouveau parti créé en 2009, il n’a pas –encore? – les «réseaux» ni les intérêts consolidés depuis des lustres par ces deux formations dans ce secteur, où, par ailleurs le PJD, l’USFP et l’UC sont peu présents. Si le PI et le RNI sont bien représentés dans les autres chambres professionnelles, le PJD, lui, ne décroche que 3% des sièges dans les chambres d’agriculture (20 sur 622), ce qui atteste bien du décalage entre son implantation dans le monde urbain (commerce/industrie/service et artisanat) et le monde rural. Voilà à grands traits, une sociologie des élus de chacun de ces partis qui est sans doute significative de leurs terres d’élection, même si elle est limitée à des collèges électoraux professionnels  limités.
Une autre observation doit être mise en relief: celle du rapport de forces entre la majorité et l’opposition. C’est celle-ci qui est en position favorable avec un taux de 47% d’élus pour 49% de candidats face à la majorité qui n’a obtenu que 38% des sièges pour 43% de candidats. C’est le médiocre score du PJD, malgré 1.388 candidats, qui l’a ainsi tiré vers le bas avec seulement 196 élus, soit 9%.
Comment va être interprété ce scrutin par les partis? Si le principe du «chacun pour soi» a prévalu –dans la majorité comme dans l’opposition- c’est  parce qu’il ne pouvait pas en être autrement compte tenu de la logique propre et des spécificités des quatre collèges électoraux des chambres professionnelles: le compartimentage de chacun d’entre eux ne peut en effet que pousser dans ce sens. Qu’en sera-t-il pour les prochains scrutins? Après ce premier tour de «chauffe», le grand rendez-vous, sur un autre terrain d’un corps électoral de quelque 14 millions d’électeurs, aura lieu le 4 septembre prochain. De quoi nourrir d’ici là une forte fièvre électorale  même si le quart de tête sera formé du PJD, du RNI, du PAM et du PI, et ce dans un ordre encore incertain. Une conséquence d’un marché électoral et politique globalement stabilisé autour d’équilibres structurants, malgré  les variations aux marges…

Régulation informelle en amont?

Comment se sont déroulées ces élections? Le PJD a fait état de «certaines difficultés» -pas plus. Pouvait-il dire autre chose alors que son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, est Chef du gouvernement et qu’il a la supervision de ce processus, comme l’avait déclaré le Roi lors du Conseil des ministres d’octobre 2014? En attendant les réactions d’autres partis, en particulier ceux de l’opposition, il est connu que des faits ont été relevés depuis des semaines: insuffisante neutralité de l’administration, argent, pressions diverses, …A noter à ce sujet qu’il y a aujourd’hui plus de discrétion et de «know how» (savoir-faire) dans ce processus d’accompagnement compte tenu des moyens technologiques d’écoute et de suivi. C’est plus sophistiqué et cela laisse moins de traces… Le champ restreint des collèges électoraux professionnels facilite de telles pressions  puisque dans chaque chambre tout le monde se connaît, par métier, par lieu de travail, par réseau de clientèle.
Et l’administration et les notables pèsent, suivant des modalités particulières, sur ce type de scrutin intéressant les chambres professionnelles. Par nature, parce que c’est son activité, un candidat exerce dans un environnement local traversé –sinon soumis- à tant de variables le mettant en rapport, direct ou indirect avec ces deux acteurs précités: marchés, facilités, emploi. Les candidats ont besoin de ce relationnel professionnel: ils savent décrypter  et bien interpréter les signaux liés à la météo électorale de la saison!

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