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Suspension des vols: Les clients abandonnent les véhicules loués

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:6119 Le 22/10/2021 | Partager
Les loueurs de voitures peinent à les retrouver
La profession fustige une déci­sion prise dans la précipitation
Elle redoute les annulations d’autres nationalités

La suspension des vols vers l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, depuis mercredi 20 octobre à minuit, a créé une situa­tion inattendue chez les loueurs de voitures.

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Pour des considérations de protection des données personnelles, les véhicules des sociétés de location ne sont pas équipés de traceur. Ce qui complique leur recherche en cas de perte (Ph. L’Economiste)

«Les clients originaires de ces trois pays sont partis dans la pré­cipitation pour éviter d’être bloqués au Maroc à cause de la suspension des connexions aériennes avec leur pays d’origine, laissant les véhicules en location dans des villes autres que celles qui étaient prévues au départ. Il s’agit parfois de groupes d’une trentaine de clients», explique Tariq Dbilij, président de la Fédéra­tion de loueurs d’automobiles sans chauffeur (Flascam).

En effet, les clients paniqués qui avaient loué des véhicules pour une certaine durée ont dû les laisser dans la première ville où ils ont trouvé un vol. Ce qui a entraîné un gros cafouillage chez les loueurs de voitures qui doivent maintenant se lancer dans la re­cherche de leurs voitures sans au­cune idée de l’endroit où elles pour­raient bien se trouver.

L’écrasante majorité des clients n’ont pas rendu leurs véhicules à l’endroit convenu. Ils les ont abandonnés dès qu’ils ont trouvé un vol pour leur pays d’ori­gine. Ce qui complique la tâche, c’est que les véhicules en location ne sont pas équipés de GPS pour des raisons évidentes de protection des données personnelles. Un client international refusera toujours d’être tracé fût-ce à l’étranger.

La profession rappelle également que l’institution du pass vaccinal «cause beaucoup de tort au secteur. A partir du vendredi 22 octobre, l’accès à l’aéroport sera conditionné par le pass vaccinal. Or, bon nombre de nos salariés travaillant dans l’en­ceinte de l’aéroport refusent de se faire vacciner», explique Dbilij.

«Le gouvernement n'est pas conscient des conséquences...»

Les loueurs de voitures se re­trouvent dans le même cas que beaucoup d’entreprises qui s’inter­rogent sur les mesures à prendre à l’encontre des salariés qui refusent de se faire vacciner et qui ne dis­posent pas, par conséquent, d’un passeport vaccinal. En même temps, ils sont pris entre le marteau et l’enclume. Dans l’hypothèse où ils interdiraient à leurs salariés l’accès aux lieux du travail, comment assu­rer le bon fonctionnement de leurs services? Dans le cas des agences de location de voitures, c’est l’Of­fice national des aéroports (ONDA) qui interdira l’accès aux personnes ne disposant pas d’un pass vaccinal, en application des instructions du gouvernement.

«Avec cette décision, le gouver­nement nous a fait perdre trois mar­chés et non des moindres. L’Angle­terre étant notre premier marché émetteur. Des clients d’autres na­tionalités commencent d’ailleurs à annuler leur réservation par crainte de la fermeture des frontières. Le gouvernement n’est pas conscient des conséquences de ce genre de dé­cision sur notre secteur qui a le plus souffert de la crise sanitaire sans bénéficier du contrat-programme de l’industrie touristique ni de l’indem­nité covid», regrette le président de la Flascam.

Ce dernier estime que le gouvernement aurait dû prévoir un délai avant la suspension des vols vers les trois pays. Ce qui aurait per­mis aux opérateurs économiques et aux touristes de prendre leurs dis­positions. D’ailleurs les loueurs de voitures ne sont pas les seuls à être impactés par cette décision. Les hôteliers ont également vu le départ précipité des clients concernés.

«Il y a eu un grand cafouillage à l’aéro­port de Marrakech, où les touristes ont été surpris d’apprendre que les vols vers l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas avaient été suspendus en raison de la situation pandémique dans ces trois pays», explique Brahim Rachidi, avocat au Barreau de Casablanca.

Hassan EL ARIF

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