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Emploi: Le grand optimisme du gouvernement

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:6113 Le 13/10/2021 | Partager
Au moins un million d’emplois nets sur cinq ans
250.000 CDD sur deux ans dans les collectivités
Programme «Forsa», politique de substitution des importations, agriculture…

Avec un taux de croissance de 4% sur les cinq prochaines années, le gouvernement compte créer au moins un million d’emplois nets. Il affiche un grand optimisme surtout que jusque-là la croissance est restée pauvre en emplois. La nouvelle équipe, dirigée par Aziz Akhannouch, prévoit tout un programme pour dynamiser la création de postes de travail.

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Le chômage des jeunes (15-24 ans) reste très important et dépasse la moyenne nationale de plusieurs points. Celui des femmes est à 15,9% mais sans la baisse de taux d’activité et donc le retrait des femmes déçues du marché du travail, le leur taux de chômage aurait atteint des niveaux importants. En tout cas, le gouvernement s’est fixé comme objectif de porter le taux d’activité des femmes de 20% actuellement à plus de 30%

Dans un délai de deux ans, 250.000 emplois vont être créés et cibleront en particulier les personnes qui n’ont pas de qualifications, une catégorie impactée par la crise sanitaire. En association avec la société civile et les coopératives locales, de petits et grands chantiers publics seront mis en place au niveau des collectivités territoriales.

Les contrats promis seront à durée déterminée et ne dépasseront pas deux ans. Toujours sur le court terme, un coup de pouce sera donné aux jeunes. Une catégorie dont le taux de chômage dépasse de plusieurs points la moyenne nationale.

Le programme «Forsa» sera lancé dès 2022. Il ciblera les jeunes désireux de monter leurs projets. Ils devraient bénéficier de l’accompagnement nécessaire et d’un financement pouvant aller jusqu’à 100.000 DH remboursables sur 10 ans. Il s’agit surtout des projets qui ne sont pas actuellement financés par les dispositifs mis en place en faveur des petites entreprises.

Intelaka sera reconduit et l’appui à la PME renforcé. Dans les marchés publics, la part réservée aux PME, aux auto-entrepreneurs et aux coopératives est fixée à 30%. Et le gouvernement promet de mettre en place les mécanismes pour encourager les groupements entre grandes et petites structures pour soumissionner.

Doté de 15 milliards de DH provenant du budget général de l’État, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement est appelé à jouer un rôle important favorisant la création d’emplois. Ce fonds, qui devra lever 30 milliards de DH supplémentaires pour boucler les 45 milliards ciblés, sera activé et appuiera les politiques sectorielles, voire les piliers de la transformation de l’économie. Il financera et accompagnera les grands projets d’investissement aux niveaux national et territorial, dans le cadre de partenariats avec le secteur privé. Il prendra aussi des participations directes dans le capital des grandes entreprises publiques et privées opérant dans les domaines jugés prioritaires.

A travers les fonds sectoriels ou thématiques, des participations dans le capital des petites et moyennes entreprises sont également prévues. A ce niveau, le gouvernement s’engage aussi à faciliter le transfert d’entreprises en situation difficile et encourager les investisseurs à les sauver.

Une attention particulière sera accordée au code du travail jugé en déphasage avec les mutations économiques et sociales. Depuis son entrée en vigueur en 2004, cette législation n’a pas connu de changement.

En tout cas, le gouvernement veut ouvrir ce chantier et aller vers beaucoup plus de simplification. Il compte réactiver le dialogue social, lequel devrait être sérieux et durable. La loi sur les syndicats et le texte sur la grève vont également revenir au-devant de la scène. L’objectif est d’assurer la visibilité et la sécurité nécessaires pour les investisseurs.

Ceci étant, la politique de transformation de l’économie devrait être à l’origine de la création d’emplois. C’est le cas de la stratégie de substitution des importations et de la préférence nationale du «Made in Morocco» qui sera poursuivie et appuyée.

L’idée est de fabriquer localement 34 milliards de DH de produits jusque-là importés et d’assurer plus de 100.000 emplois. L’appui sera assuré en faveur de nouveaux projets et la réussite de cette stratégie permettra au Maroc de renégocier les accords de libre-échange jugés déséquilibrés. 

Dans l’industrie, le gouvernement encouragera les investissements nécessitant des capitaux importants. Ce qui devrait se traduire par plus de 400.000 emplois sur la période 2022-2026. A suivre!

450.000 emplois dans l’agriculture et la pêche

Amélioration du revenu des agriculteurs, protection sociale, nouvelle classe moyenne et génération d’entrepreneurs…. «Génération Green 2020-2030» devrait assurer 350.000 emplois dans le monde rural. Dans le secteur de la pêche, le gouvernement s’engage à redoubler d’effort pour consolider les acquis et développer les capacités des opérateurs. En tout cas, les mesures qui seront prises devraient aboutir à la création de plus de 100.000 emplois directs et indirects.

Khadija MASMOUDI

 

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