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Towards Equality

Des voyages en train gratuits pour «sauver» les victimes de violences conjugales

Par Maya Oppenheim | Edition N°:6037 Le 22/06/2021 | Partager

Au Royaume-Uni, un programme ferroviaire novateur aide les victimes de violences domestiques à échapper à leur agresseur en leur offrant un voyage gratuit pour rejoindre un refuge. Une bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes qui n'auraient pas pu fuir autrement...

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Charlotte Kneer, directrice générale du refuge Reigate and Banstead Women's Aid (Ph. Paul Craig)

Au Royaume-Uni, un programme ferroviaire novateur aide les victimes de violences domestiques à échapper à leur agresseur en leur offrant un voyage gratuit pour rejoindre un refuge. Une bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes qui n'auraient pas pu fuir autrement.

«J’avais 10 livres sterling [11,5 euros] sur mon compte lorsque j’ai quitté mon agresseur», raconte Ava(*). «Obtenir un billet de train gratuit m’a permis de garantir ma sécurité. Je ne savais pas où j'allais, mais je commençais à me sentir en confiance. Les enfants aimaient la grande vitesse du train: c'était la première fois qu'ils en prenaient un. Dorénavant, j'ai l'impression que ma vie a pris un nouveau départ».

Ava est l'une des centaines de victimes de violences conjugales au Royaume-Uni, qui ont bénéficié d’un billet de train gratuit pour échapper à leur partenaire violent et trouver refuge dans un foyer. Ce programme, appelé Rail to Refuge, a été lancé dans tout le pays en mars 2020. Il a été largement déployé face à la hausse des cas de violences domestiques recensés lors de la mise en place de mesures de confinement.

Selon les statistiques, 1.348 personnes ont déjà fait appel au programme, soit quatre par jour. Le dispositif, qui a également aidé 362 enfants de plus de cinq ans, devait prendre fin en mars de cette année, mais a finalement été reconduit.

Ava, qui travaillait pour le NHS (le service de santé publique britannique), dit avoir été victime d'abus physiques, émotionnels, financiers et sexuels de la part de son ancien compagnon. Elle affirme qu'il a depuis été mis en examen pour contrôle coercitif et viol.

«Il exigeait qu’on ait des rapports sexuels tous les jours», ajoute la jeune femme de 37 ans. «Si je ne lui cédais pas, il partait et ne revenait pas pendant quelques jours et je me retrouvais sans nourriture pour les enfants».

Ava ne pense pas qu’elle serait toujours en vie si elle était restée avec son ancien compagnon. Au Royaume-Uni, les statistiques montrent que les femmes risquent davantage d’être victime d’un homicide au moment où elles quittent un conjoint violent, ou juste après. D’autre part, une femme est assassinée par son conjoint, actuel ou ancien, tous les quatre jours en Angleterre et au Pays de Galles.

Charlotte Kneer, directrice générale du refuge Reigate and Banstead Women's Aid dans le Surrey, où Ava s'est réfugiée, soutient que le programme de billets de train gratuits est «salvateur».
 «Cette initiative aurait pu sauver la vie de centaines de femmes. Quatre-vingt-dix pour cent des femmes de notre refuge y sont là parce qu'elles risquent d'être tuées par leur partenaire si elles restent chez elles», a-t-elle ajouté.

Elle a également souligné le fait que ce projet était né grâce à l’initiative d’un cheminot, qui avait regardé, par hasard, le documentaire de Channel 4, «Dispatches», sur son refuge.

Par Maya Oppenheim

(*) Le prénom a été changé pour protéger l'identité de la jeune femme

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Cet article est publié dans le cadre de «Towards Equality», une opération de journalisme collaboratif rassemblant 15 médias d’information du monde entier qui mettent en lumière les défis et les solutions pour atteindre l’égalité des genres.

                                                                                 

Dans le monde, des chiffres hallucinants

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Environ 1 jeune fille sur 20 âgée de 15 à 19 ans, soit environ 13 millions de personnes dans le monde, a subi des rapports sexuels forcés au cours de sa vie.

Selon l'ONU, 3 victimes sur 4 de la traite des personnes sont des femmes, et 4 femmes victimes sur 5 le sont à des fins d'exploitation sexuelle.

Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays où des statistiques sont disponibles. Dans la plupart de ces pays, la majorité des filles ont été mutilées avant l'âge de 5 ans.

En moyenne, 45% à 55% des femmes dans l'Union européenne ont été victimes de harcèlement sexuel depuis l'âge de 15 ans.

Dans l'UE, 31 % des femmes ont été victimes d’au moins un acte de violence physique depuis l'âge de 15 ans.

Au moins 500.000 femmes vivant dans l'UE ont subi une mutilation génitale féminine.

Chiffres clés fournis par 

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