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Entretien de la Semaine: Faire de l’emlyon une «global business university»

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5938 Le 02/02/2021 | Partager
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Isabelle Huault a pris ses fonctions à la tête de l’emlyon business school à la rentrée 2020-2021. Maître de conférences, chercheuse, professeure, elle a aussi été présidente de l’université Paris Dauphine (2016-2020). Cette ancienne lauréate de l’emlyon (1990) est chevalier de la Légion d’honneur (2018) et également chevalier des Palmes académiques. «Je suis heureuse de ce retour à l’alma mater. Le défi d’en faire l’une des toutes premières global business university en Europe est passionnant», confie-t-elle (Ph. emlyon)

Sur les deux dernières années, l’emlyon est passée par une période tendue, marquée par des démissions en série du top management. L’école a également changé de statut et accueilli de nouveaux investisseurs. Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre pour l’établissement qui fêtera bientôt ses 150 ans. La business school est pilotée depuis mai 2020 par Isabelle Huault. La nouvelle présidente du directoire a pour objectif d’en faire l’une des premières «global business university» en Europe. En Afrique, le campus de Casablanca servira de hub vers tout le continent.  

- L’Economiste: Révision du statut, intégration de nouveaux investisseurs… L’emlyon a connu plusieurs changements. Qu’apportent-ils concrètement à votre établissement?
- Isabelle Huault:
Notre établissement a en effet fait évoluer sa structure juridique en 2018 en devenant une SA. L’impulsion de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, fondatrice et actionnaire historique de l’école, a été décisive. C’est une étape dans un processus permettant de renforcer les fonds propres de l’Ecole. L’objectif est double. Compenser la baisse programmée des dotations des CCI en France, et donner une impulsion supplémentaire au déploiement de ses projets stratégiques. Le secteur de l’enseignement supérieur est aujourd’hui marqué par deux grands mouvements de fond, à savoir: l’intégration des enjeux écologiques et la transition numérique. Pour y faire face, nous développons un projet pédagogique d’excellence. L’entrée en 2019 d’investisseurs privés dans le capital nous permettra de le déployer.

- Les attentes des investisseurs en termes de bénéfices ne risquent-elles pas d’impacter le projet pédagogique?
- Les deux fonds investisseurs, Qualium Investissement et Bpifrance partagent nos valeurs et notre vision de l’école et de ses projets de développement. Leur entrée au sein de notre capital ne changera pas notre stratégie et notre positionnement, mais permettra de les rendre plus efficients et d’accélérer leur mise en œuvre. Les priorités, projets et évolutions nécessaires, ont fait l’objet de nombreux échanges entre le management de l’école et les investisseurs, afin de renforcer la performance académique du groupe emlyon et de répondre aux attentes de l’intégralité de ses parties prenantes. Enfin, l’engagement des investisseurs s’inscrit dans la durée, sur une période minimale de 5 ans.

- Les départs de Bernard Belletante, Bruno Bonnell et Tawhid Chtioui ont suscité de vives critiques. Certains ont relevé une crise managériale «profonde». Cette page est-elle tournée?
- Les changements managériaux des dernières années et la crise du Covid depuis 2020 ont été des épreuves pour emlyon. Toutefois, je sais que nous avons un bel avenir à écrire. L’équipe est désormais solide, engagée dans la durée pour mettre en œuvre nos nombreux projets, parmi lesquels on peut citer l’installation d’un nouveau campus à Lyon dans le quartier de Gerland en 2024, la célébration de nos 150 ans en 2022 ou encore la poursuite de notre expansion internationale.

- Le campus de Casablanca a vu le jour il y a plus de 5 ans déjà. Quel bilan en faites-vous?
- Notre campus de Casablanca a connu un développement dynamique tant au Maroc qu'au continent africain. Nous souhaitons intensifier nos opérations dans la zone en proposant des programmes de formation initiale et continue de qualité, en renforçant notre proximité avec les acteurs socioéconomiques et en développant la coopération inter-campus sur site et à distance.

- Vous aviez pour ambition, entre autres, d’attirer les étudiants d’Afrique subsaharienne sur ce campus. Cette stratégie a-t-elle porté ses fruits?
- En effet. 10% de nos étudiants dans les programmes diplômants sont issus de l’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon, Sénégal, République du Congo, Mali, Burkina...). Cette ouverture internationale est un élément clé de l'expérience d'apprentissage des étudiants, elle fait écho à la stratégie africaine du Maroc, véritable hub régional. Nous avons à cœur de projeter l'école au sein des Afriques anglophone, arabophone, francophone, lusophone. Le campus est également ouvert aux étudiants de partenaires internationaux, et des autres campus d’emlyon provenant de France et d’autres continents. Plus de 100 étudiants en échange provenant de France, Tunisie, Etats-Unis, Allemagne, Chine… y sont.

- La crise sanitaire a-t-elle freiné l’inscription d’étudiants internationaux?
- Depuis le début de la pandémie, emlyon s’est efforcée de tenir cette promesse: permettre à tous les participants, où qu’ils soient et quel que soit leur programme, de vivre une expérience étudiante d’exception, quelles que soient les conditions sanitaires et réglementaires exigées. Nos équipes ont réussi à mettre en place la continuité des apprentissages grâce à des outils numériques partagés et maîtrisés. Ce qui a permis de rassurer les étudiants internationaux et d’accueillir de nombreuses inscriptions de participants étrangers à la rentrée 2020. Nous avons également fait preuve de flexibilité en proposant, par exemple, de débuter les cours à distance depuis leur pays d’origine, ou de se rendre sur l’un de nos campus internationaux en attendant de pouvoir se déplacer et reprendre des cours en présentiel, dès que possible.

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                          

Globalisation, digitalisation, hybridation et RSE

Voici quelques mois qu’Isabelle Huault a pris les rennes d’emlyon. Elle devra bientôt présenter le plan stratégique sur lequel l’établissement va reposer. En primeur, la présidente du directoire d'emlyon business school dévoile les mesures phares de son programme. Le plan stratégique qui sera annoncé en mars 2021 comporte trois axes principaux, à savoir la digitalisation, la globalisation et l’hybridation. «Le premier axe passera, entre autres, par l’intégration pertinente et fluide des outils numériques dans les cursus, mais aussi la formation aux sciences des données et à l’IA. Pour ce qui est de la globalisation, nous misons sur une double ouverture internationale, à la fois dans l’accueil des étudiants étrangers et la poursuite du déploiement de l’école sur différents continents», explique Huault.
L’établissement compte aussi proposer des cursus originaux associant des disciplines jusqu’ici distinctes. «Nous allons renforcer les développements initiés, tout en veillant au maintien de l’excellence académique et de la qualité pédagogique d’emlyon. Notre ambition est aussi d’ajouter un quatrième axe RSE, afin de renforcer la politique d’engagement responsable et d’ouverture sociale de l’école», souligne la présidente.

T.E.G.

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