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Politique

Le réquisitoire de l’Istiqlal contre le gouvernement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5895 Le 01/12/2020 | Partager
Nizar Baraka muscle son discours devant le conseil national
Le parti se positionne comme une alternative
Un nouveau contrat social avec l’implication des Marocains
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Pour Nizar Baraka, le gouvernement «ne possède aucune vision politique pour faire face à cette situation exceptionnelle. Les politiques publiques suivies par cet exécutif  sont stériles et dépassées» (Ph. L’Economiste)

Avec la pandémie, le rythme des activités partisanes de l’Istiqlal comme d’autres partis politiques a nettement baissé alors que les échéances électorales s’approchent inexorablement. C’est pour cette raison que le vieux parti a tenu à organiser un conseil national à distance.

L’objectif est de remobiliser les troupes et d’insuffler une nouvelle dynamique à l’Istiqlal. Le discours de Nizar Baraka est un véritable réquisitoire contre le gouvernement, accusé d’adopter «une politique qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et humilie la classe moyenne. Ce qui ne permet pas de doter le pays des capacités en mesure de l’immuniser pour résister face aux conséquences de la Covid-19».

Selon le secrétaire général du parti, l’exécutif est resté «prisonnier des conflits politiciens entre ses composantes» puisque un secteur ministériel se confond avec le parti de son patron, en l’absence de toute solidarité et responsabilité politique qui doit caractériser l’institution gouvernementale. Il est affaibli par «ses composantes obsédées par la logique de la course électorale, annonçant son retrait de la bataille de l’intérêt général et des services aux citoyens», note-t-il.

La virulence des critiques à l’encontre du gouvernement laisse entrevoir une détermination de l’Istiqlal à occuper dorénavant les devants de la scène.
Son secrétaire général est catégorique: les engagements du programme gouvernemental n’ont pas été respectés sur le plan de la charte de l’investissement, la stratégie intégrée pour les jeunes, le cadre légal de l’enseignement privé,… Il a échoué dans l’adoption des lois organiques qui ont dépassé les délais constitutionnels, a-t-il ajouté.

Pour lui, les Marocains attendent avec impatience un changement en profondeur des politiques publiques suivies et une rupture avec les choix dépassés. L’heure de ce changement a sonné. Il prône l’idée de conclure «un contrat social, avec la participation de toutes les composantes du pays, sans discrimination ni exclusion. Le changement souhaité passe par les urnes», dit-il. L’Istiqlal veut assumer ses responsabilités en présentant une alternative claire et un projet de société. Ce qui correspond aux exigences et répond aux aspirations et attentes des citoyens durant cette étape.

Pour lui, la pandémie a révélé l’échec du gouvernement et approfondi les causes de la crise économique et sociale. Il est clair qu’il «ne possède aucune vision politique pour faire face à cette situation exceptionnelle. Les politiques publiques suivies par le gouvernement sont stériles et dépassées».

Même avant la Covid-19, elles n’avaient pas réussi notamment à endiguer le recul de la croissance économique, réduire les disparités sociales et spatiales et garantir la protection sociale nécessaire. Sans la clairvoyance du Roi et sa vision proactive, la situation aurait été catastrophique, a martelé l’ancien ministre de l’Economie et des Finances. Et d’interpeller le gouvernement sur ses plans et ses réformes au sujet de la retraite, la fiscalité, la lutte contre la corruption, la relance du monde rural et l’accélération de la régionalisation. Comme les grands chantiers et stratégies sectorielles, lancées au cours du mandat de Abbas El Fassi, arrivent à leur fin, Nizar Baraka déplore l’absence de projets du gouvernement actuel?

De même, l’ancien ministre considère que le plan de relance, proposé dans le cadre de la loi de finances 2021, ne présente que la moitié des solutions. L’Istiqlal invite le gouvernement à mettre en place des plans post-vaccination en vue de restaurer la dynamique des secteurs économiques. Il espère que les résultats de la Commission spéciale du modèle de développement, qui termine prochainement ses travaux, apporteront un appui pour cette nouvelle étape. Il s’agit de gagner le pari de l’adhésion collective à un modèle capable de mobiliser les capacités et les opportunités pour une nouvelle orientation qui tranche avec la rente, les privilèges et la corruption.

Impôt sur la fortune

Le SG de l’Istiqlal enfonce le clou en affirmant que l’actuel gouvernement protège la rente et les privilèges. «Arrêtez cette hémorragie et le gaspillage des capacités du pays. Il faut rendre l’argent du peuple, sinon, par votre silence et soumission, vous êtes complice», a-t-il martelé. «Au lieu d’affronter les pilleurs de l’argent public, il cible la classe moyenne et les poches des citoyens. Il fallait chercher des ressources en instaurant l’impôt sur la fortune et sur les produits de luxe. Il s’agit de pousser les bénéficiaires de privilèges, notamment les sociétés des hydrocarbures, vers les actions de solidarité».

                                                                          

La santé, les marchés publics et les lobbys

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Depuis le dernier remaniement ministériel et la suppression de certains départements, l’Istiqlal a attiré l’attention sur le danger de concentrer la décision économique dans une seule main, en l’absence d’un équilibre et d’un contrôle mutuel à l’intérieur du gouvernement. Pour convaincre, il donne l’exemple de la gestion de certains marchés publics et des décisions ministérielles pour faire face à la pandémie. Nizar Baraka s’est interrogé sur le retard des autorisations pour la fabrication des kits marocains pour le diagnostic de la Covid-19 à prix bas. Cette technique devait produire un million d’unités par mois. Idem pour la création marocaine des lits de réanimation et des respirateurs, dans le cadre de la gestion bureaucratique et les conflits entre les ministères concernés, a-t-il indiqué.  En tout cas, à chaque fois que l’Istiqlal prend des initiatives, elles se heurtent au mur du refus méthodique du gouvernement, qualifié d’impuissant devant l’action. Celui-ci rejette les solutions proposées par l’opposition et les revendications légitimes du peuple. En contrepartie, il fait preuve de docilité devant la pression des lobbys et des intérêts catégoriels et sectoriels. Les lois de finances et les mesures prises parallèlement ces dernières années sont devenues un terrain fertile pour les lobbys de toutes sortes. «Il s’agit d’un précédent dangereux dans la vie politique et la sécurité juridique dans notre pays. Ils ont réussi à émettre des décisions gouvernementales en leur faveur. C’est pour cette raison que l’Istiqlal a voté contre ces lois et contre la capitulation du gouvernement», a souligné Nizar Baraka.

M.C.

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