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Economie

Vaccin russe anti-Covid: «Personne ne peut avancer quoi que ce soit»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5822 Le 12/08/2020 | Partager
«Faute de recul, anticiper l’évolution de l’épidémie demeure délicat», alerte Dr Allal Amraoui
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Pour Dr Allal Amraoui, chirurgien et parlementaire PI, «le gouvernement a le devoir de préparer une programmation claire, car la faiblesse et le flou total de communication de ces derniers jours ont fini par démobiliser les citoyens» (Ph. YSA)

- L’Economiste: Avec la flambée des contaminations constatée ces dernières semaines, il semble que la situation sanitaire nous échappe. Toutefois, le vaccin russe pourrait constituer une bonne nouvelle…
- Allal Amraoui :
Pas tout à fait. Au Maroc, la réalité du terrain, ce que vivent les médecins et ce que montrent les chiffres officiels, doit nous inciter à nous préparer sur le moyen et le long terme. Depuis le début, nous avions tant espéré que cette pandémie s’atténue ou disparaisse d’elle-même, mais pour l’heure ce n’est pas le cas. Le taux de contamination est en forte progression depuis juillet, particulièrement des grandes villes, où le virus est le plus actif. S’agissant du vaccin russe ou autre, c’est bien sûr une bonne nouvelle pour laquelle nous ne pouvons qu’être enthousiastes. Mais faute de recul, personne ne peut avancer quoi que ce soit. Nous devons continuer à nous battre en comptant sur ce que nous disposons réellement, à savoir le devoir de chacun de se protéger et protéger les autres sans compter pour l’heure sur une solution miracle.
 
- Les Marocains doivent donc apprendre à vivre avec le Covid-19…
- Cette maladie est dorénavant endémique. Nous allons devoir apprendre à vivre durablement avec le Covid-19. Pas un jour ne passe - ou presque - sans que l’OMS ne rappelle au monde entier qu’il est toujours confronté à une grave pandémie, et qu’Il n’y aura « peut-être pas de panacée (un remède miracle) » contre ce virus. En l’état actuel des connaissances, rien ne permet donc de préjuger de la fin de l’épidémie. Si l’on se réfère à la définition de l’OMS, celle-ci ne pourra être décrétée qu’après avoir constaté «l’absence de nouveaux cas cliniques pendant une période qui correspond à deux fois celle d’incubation de la pathologie». Dans le cas du Covid-19, cette période est de 14 jours, il faudra donc observer 28 jours sans nouveaux cas. Nous avons quelques instruments, des modèles, mais aussi les exemples des pays voisins ou ailleurs dans le monde et où finalement, il se passe tout et son contraire. Aujourd’hui, au niveau mondial, l’épidémie est à son apogée depuis le début de son apparition, avec presque 250.000 nouveaux cas par jour, à ce rythme, on dépassera les 25 millions de nouveaux malades fin août 2020, sur la planète. Faute de recul, anticiper la manière dont pourrait évoluer l’épidémie demeure délicat.

- Avec plus d’une centaine de cas en soins intensifs, le Maroc traverse des moments très difficiles. Peut-on redresser la barre ?
- Il n’y a pas de miracle. Il faut prendre la mesure de ce qui se passe. Nous avons tout à craindre de l’automne qui arrive, une saison habituellement plus propice à la propagation des virus. Nous allons affronter l’hiver sans vaccin ni médicament antiviral avéré, et nous allons avoir deux épidémies en parallèle: celle du Covid-19 et celle de la grippe, cela peut être atténué si nous portons tous le masque, que le traçage fonctionne de mieux en mieux. Nos systèmes de santé vont devoir s’adapter pour tenir sur le long terme, car le Covid va être une maladie supplémentaire à prendre en charge.

- Pourrait-on être reconfinés?
- Les politiques doivent faire la balance entre les problèmes économiques et les problèmes sociaux, nous devons comprendre tous, que l’objectif est simple, nous protéger sans faire arrêter la vie sociale et économique et donc éviter la mesure d’un reconfinement généralisé. Le gouvernement a le devoir de préparer une programmation claire, dans une totale transparence, car la faiblesse et le flou total de communication de ces derniers jours concernant certaines situations liées à la gestion de la crise sanitaire, et l’improvisation dans la mise en exécution de décisions stratégiques et importantes à la base, ont fini par démobiliser les citoyens. Nous attendons que le gouvernement assume toutes ses responsabilités par la mise en œuvre des Hautes instructions royales, et tous les secteurs sont appelés à adhérer à des chantiers clairs et urgents pour notre pays. 

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

                                                                           

Les gestes barrières… c’est primordial

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«Il faut contenir les flambées, tester, isoler et traiter les patients, rechercher et mettre en quarantaine leurs contacts, mais aussi informer, en pressant les populations de continuer, elles, à respecter les gestes barrières (distances physiques, port du masque, hygiène...) pour rompre les chaînes de transmission du nouveau coronavirus», appelle Dr Allal Amraoui, chirurgien et parlementaire PI. Ce dernier est persuadé «qu’il n’y a pas d’autres possibilités que de croire en la capacité de responsabilisation de la population aussi bien pour soi que pour protéger les autres, l’avenir de l’épidémie à court terme est en grande partie entre les mains des citoyens».

 

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