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Le Cercle des Experts

Et si le rebond du Covid-19 était salutaire!

Par Taha Oudghiri | Edition N°:5819 Le 07/08/2020 | Partager

Taha Oudghiri est vice-président de l’AMEEN. Il est conseiller en finances et en management des affaires. Il est également juriste d’affaires. Il est par ailleurs l’auteur de nombreuses publications économiques et financières. Ses supports de publications ont été, entre autres, la Revue française de finances publiques, Le Monde, Le Monde de l’Economie, la CIAR, Cornell International Affairs Review de l’Université Cornell et, à plusieurs reprises, les colonnes de L’Economiste (Ph. TO)

Le  professeur  Raoult  s’est  terré. On  ne l’entend plus. Son mutisme rappelle un quatrain d’Omar Khayyâm où il disait, à quelques mots près: ceux qui furent dotés de toutes les vertus et qui léguèrent leur flamme aux amis et aux disciples qu’ils ont eus,  ceux-là même ont dit quelques fables et se sont tus! Le Pr. Raoult prépare-t-il une autre sortie fracassante? S’est-il tu ou plutôt l’a-t-on fait taire? Les autorités politiques et médicales, sous la pression des labos et de leurs actionnariats, semblent  avoir eu raison de son activisme. Peut-être aussi que «l’offensive actuelle du virus» a fini par achever son enthousiasme. Les oiseaux de mauvais augure, ces scientifiques de service, ont maintenant le champ libre pour chanter sur les plateaux de TV.  Certains d’entre eux vocalisent même pour améliorer leur rang dans leur famille professionnelle et donc auprès des labos où ils feront monter les enchères, forts de leur nouvelle audience. Ils nous disent une chose aujourd’hui et, bien souvent, son contraire demain. Ils lisent dans des revues prétendument sérieuses, des articles ou les conclusions d’une recherche orientée, bidonnée qu’ils élèvent au rang  de vérité scientifique. Ils se répandent à nous la dire sur les plateaux de TV. De simples études statistiques portant sur des traitements différenciés administrés à  deux groupes, des études dites randomisées seraient les seules à même de sacraliser les conclusions auxquelles elles aboutissent. Toute autre étude qui répondrait à des urgences sanitaires ne serait pas recevable si elle ne contribue pas à la maximisation des profits de l’industrie pharmaceutique.

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«La gestion d’une crise sanitaire n’est pas facile, loin s’en faut. L’immixtion, dans cette gestion, du Big Pharma la complique davantage jusqu’à la rendre impossible sans lui. Evidemment le tableau de bord d’un manager de labo n’est pas celui d’un dirigeant politique. Lorsqu’ils viennent à se confondre, il faut alors commencer à compter le nombre de morts qui paradoxalement élargissent le segment de marché des labos» (Ph. AFP)

La nouveauté est que l’économie, à l’instar de la biologie et, par extension, de la médecine, a aussi  adopté, très récemment, la même méthodologie d’études randomisées. Ce sont principalement des études sur le développement économique et social – les plus en vue l’année dernière – qui ont privilégié cette démarche analytique. En effet, cet ensemble de travaux a même été  sanctionné  par le prix Nobel d’économie de 2019. Prix attribué à Ester Dufflo, une Franco-Américaine, à son patron de thèse l’Indien A. Benerjée, devenu son mari, et à  Michael Kramer. C’est sous l’impulsion de ces chercheurs que les essais randomisés ont été introduits en économie du développement. Ces essais portaient sur des travaux, sans prétentions, très ciblés: la santé, l’éducation, l’accès au crédit et la lutte contre la corruption. Laissant les grandes questions sur la croissance économique aux économistes plus ambitieux qui finissent par se prendre les pieds dans les voies sinueuses qu’ils indiquent pour le développement économique et social. Le couple Benerjée: Ester et Abhijit, ont donné comme titre à l’un de leur récent papier: «La meilleure science économique et celle qui fait le moins de bruit». La médecine  devrait aussi faire moins de bruit. On savait que l’économie n’était pas une science exacte, le Covid-19 vient de rappeler à ceux qui l’avaient oublié que la médecine l’est tout autant. Cette digression nous aura permis d’aérer ce texte avant de revenir à ce rebond spectaculaire de la propagation du Covid. L’aération est paraît-il une protection contre ce virus qui  empoisonne toutes les vies: économique, professionnelle, familiale, amicale, etc.
Et si cette recrudescence  du nombre d’infections n’était que l’aboutissement, la clémence – disons pour les athés – d’un processus naturel  ou  – pour les croyants – d’une volonté divine d’enclencher une vaste vaccination naturelle. La seule qui vaille et qui soit sans effets secondaires à savoir cette immunité collective maintenant que ce virus semble perdre en intensité virale et gagner en population infectée. Maintenant que l’on observe – pour employer un oxymore – des «malades sains». Paradoxalement, au Maroc et ailleurs, les pouvoirs publics – sans qu’ils n’aient aucune certitude – se mobilisent contre cette vaccination naturelle, contre cette immunité collective, par des restrictions des libertés de circulations, par des reconfinements ciblés ou par l’interdiction ou la limitation  de plusieurs activités. Autant dire que la politique du pourrissement plutôt que de l’assainissement semble avoir pris le pas sur la lucidité. N’avoir aucune solution et empêcher la nature ou Dieu de s’exprimer pour l’extinction de ce virus forcément évanescent mène à un suicide collectif, économique tout au moins. Cette politique de confinement, d’isolation  sera conduite, reconduite jusqu’à quand? Il n’y a pas de solution. Pour le vaccin, 78% des Français sondés, il y a une semaine, disent refuser de se faire vacciner. En Californie ce refus est légendaire. Les autorités sanitaires et partant, politiques, s’enferment dans des marges de réflexions stratégiques elles-mêmes balisées par des infrastructures hospitalières très limitées. Celles-ci  ont fait perdre plus d’une décennie de développement aux pays en provoquant des déclassements sociaux et une densification de la pauvreté.
Pourtant les statistiques du Covid laissent penser que le virus a effectivement perdu en intensité virale. L’augmentation des cas infectés – consécutive aussi à l’augmentation des tests – ne s’accompagne pas d’une augmentation de la létalité dans les pays qui ont passé le pic de la courbe de Laplace Gauss, cette courbe en cloche qui s’observe dans tous les compartiments de la vie. Au Maroc, les chiffres du Covid laissent apparaître une augmentation de 151% du nombre des personnes infectées depuis la première phase de déconfinement et de 49% pour les décès (les statistiques du déconfinement sont approximatives). Ces chiffres peuvent paraître spectaculaires en valeur relative 156% et 49% et plutôt «acceptables» en valeur absolue: 327 morts au 28 juillet en fin d’après-midi et 21357 cas positifs. Toute mort est à déplorer, il va sans dire. L’Occident gagnerait à chercher à comprendre pourquoi on meurt beaucoup moins dans plusieurs pays en développement: la jeunesse de leur population ou la prise de la chloroquine dés les premiers signes de contamination? Il faut un travail sérieux pour expliquer cette différence de mortalité, plutôt que de s’investir et d’investir dans un vaccin que personne ou presque ne fera. Il faut plus de cinq ans pour qu’un vaccin soit éprouvé!

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le tableau de bord d’un manager de labo n’est pas celui d’un dirigeant politique

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En dernière analyse, la gestion d’une crise sanitaire n’est pas facile, loin s’en faut. L’immixtion, dans cette gestion, du Big Pharma la complique davantage jusqu’à la rendre impossible sans lui. Evidemment le tableau de bord d’un manager de labo n’est pas celui d’un dirigeant politique. Lorsqu’ils viennent à se confondre, il faut alors commencer à compter le nombre de morts qui paradoxalement élargissent le segment de marché des labos. Aujourd’hui le seul «traitement»  autorisé en France, en Suisse, plus généralement dans l’UE et aux USA est le Remdésivir de Gilead. Un traitement toxique et sans aucune efficacité avérée, mis sur le marché à  un prix exorbitant – 2.530 dollars – et donc des marges vampiriques. Ce sont elles, ces marges, qui sont à l’origine des déficits abyssaux des sécurités sociales que les gouvernements s’emploient désespérément à vouloir réduire. On se retrouve dans le même cas de figure que celui du paradoxe de l’épargne: quand un individu épargne, il oblige un autre à désépargner, parce que les dépenses de l’un représentent les revenus de l’autre. La réduction des déficits de la sécurité sociale affecte de plein fouet l’activité des labos. En regard de quoi, ceux-ci engagent des stratégies tous azimuts pour empêcher la contraction des déficits de la sécurité sociale.
L’actionnariat de cette industrie pharmaceutique, les grands fonds d’investissements: Carlyle, T.P.G., K.K.R.  et Blackstone ont mis l’Occident en coupe réglée. L’enchevêtrement des  intérêts respectifs des Etats et des grands fonds prend les hommes politiques en otage et rend leur affranchissement illusoire. C’est eux, ces fonds qui gèrent les retraites des enseignants, du personnel de la sécurité, des pompiers, bref d’un grand nombre de fonctionnaires. Ils gèrent ces retraites  dans leur partie capitalisation ce vers quoi voulait  migrer un peu plus le président Macron. C’est le PDG de Blackstone qui conseillait, entre autres, le président Macron dans la énième réforme des  retraites en France, cette réforme à rebondissements. Des rebondissements qui ont en fait la réforme du siècle ou un siècle pour une réforme! Blackstone est actionnaire de Gilead, comme Patrick Drahi, le Marocco-Franco-Luso-Israélien est aussi actionnaire de Gilead et de BFM-TV entre autres. Ils font des offensives groupées pour récupérer, orienter l’opinion publique ou pour la retourner. Leur santé financière passe avant celle de leurs concitoyens ou de l’humanité. Ceux qui se dressent sur leur route sont réduits au silence par magnanimité. Ils peuvent se montrer plus intransigeants, plus impitoyables. Le Pr. Raoult a donc de bonnes raisons de se terrer et d’être aphone. Il n’en demeure pas moins que le traitement qu’il a indiqué reste de loin le meilleur. On se prend à penser que, pour en finir, les jeunes gagneraient à chercher la contamination maintenant que le virus est affaibli.


Manque de visibilité

wPlusieurs voix autorisées, ne poursuivant aucun autre intérêt que celui d’éclairer l’opinion publique, affirment, sans détours, que le Covid s’est pour l’instant éteint. Elles expliquent que l’augmentation des cas d’infections est consécutive à l’augmentation des tests PCR et à l’imprécision de ceux-ci qui ne distinguent pas les personnes qui avaient été infectées sans aucune manifestation ou contagion et celles infectées au moment du test. Autant dire que la communauté scientifique est totalement déboussolée. Elle navigue à vue entraînant avec elle, dans ses approximations, dans son manque de visibilité, les dirigeants politiques qui à leur tour embarquent, indépendamment de leur volonté, leurs populations dans des voies socioéconomiques catastrophiques. Des voies sans issue qui plus est!

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