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Régions

Covid-19 Les autorités tentent d’endiguer le virus

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5818 Le 06/08/2020 | Partager
Un «reconfinement partiel» pour Fès, Tanger et Assilah
Le compteur des nouvelles contaminations explose
Isolement de quartiers, autorisations, contrôles… au menu
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Plus aucun véhicule ne sort ou accède à la ville de Fès sans qu’il ne soit contrôlé vigoureusement par les gendarmes et policiers. Ici, la pénétrante de l’axe autoroutier Fès-Rabat (Ph. YSA)

La décision gouvernementale de durcir les mesures sanitaires au niveau des préfectures de Fès, Tanger et Assilah était très attendue. Surtout que le nombre des nouvelles contaminations au Covid-19 ne cesse de bondir. Les décès liés au virus aussi. 
En chiffres, pour la seule journée du 4 août 2020, pas moins de 140 et 106 cas ont été respectivement comptabilisés à Fès et Tanger. Pourtant, dans la ville du détroit, les unités industrielles n’ont toujours pas repris leur activité. Pour rappel, la wilaya de Tanger avait décidé d’arrêter les activités manufacturières jusqu’au 12 août. Une décision qui devait stopper la propagation du virus. Mais en vain. 
A Fès, la sensibilisation, la vigilance et la prudence prônées par le wali Essaïd Zniber, joignable et réactif 24h/24 et 7 jours/7, n’ont pas tempéré la prolifération du Covid-19. «Il s’agit à la fois d’une responsabilité individuelle et collective de l’ensemble de la communauté appelée à respecter scrupuleusement les mesures sanitaires», confie à L’Economiste Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, déplorant  «un relâchement avéré chez les jeunes». Face à cette situation, et surtout vu le laxisme constaté ces derniers jours,  Zniber, wali de la région, promet plus de fermeté (fermeture aussi).  «Nous avons déjà fermé des restaurants et cafés qui ne respectaient pas les mesures sanitaires... En cas de récidive, la sanction sera beaucoup plus conséquente», disait-il, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques, professionnels du tourisme et représentants des corporations de métiers. En tout cas, la situation devient de plus en plus critique à Fès. Surmené par le flux des patients testés positifs, le personnel médical en pâtit également. Pas moins de 120 médecins et infirmiers ont été contaminés durant ces derniers jours. Un hôpital de campagne d’une capacité de 1.200 lits est aménagé. Mais avec cette cadence épidémique accélérée, l’infrastructure risque d’afficher un taux d’occupation de plus de 100% en quelques jours seulement. D’où les mesures restrictives entrées en vigueur, hier Le quartier Sahb El Ouard est barricadé.  Aucune personne n’y accède sans un contrôle rigoureux d’identité et principalement l’endroit de résidence. Normal, puisque c’est dans ce quartier populaire que plusieurs cas positifs ont été enregistrés (Ph. YSA) 

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Le quartier Sahb El Ouard est barricadé.  Aucune personne n’y accède sans un contrôle rigoureux d’identité et principalement l’endroit de résidence. Normal, puisque c’est dans ce quartier populaire que plusieurs cas positifs ont été enregistrés (Ph. YSA) 

5 août, dans les trois circonscriptions les plus touchées par l’infection. 
Concrètement, ces villes sont mises en isolement, et certains de leurs quartiers en quarantaine. Ainsi, l’obligation de disposer d’une autorisation exceptionnelle pour se déplacer de et vers Tanger et Fès est de rigueur. Idem pour les quartiers «contaminés». En outre, il a été décidé l’interdiction de tous les rassemblements sans exception, et la fermeture des commerces de proximité, des grandes surfaces et des cafés à 22h, et des restaurants à 23h. Pour ces deux dernières mesures, la wilaya de Fès autorisait l’ouverture des cafés jusqu’à 20h et des restaurants classés jusqu’à minuit. Par ailleurs, le gouvernement ferme les plages, les parcs publics, les salles de jeux, les salles de sport et les terrains de proximité. La réduction de la capacité du transport public à 50% est de mise. Il en est de même pour les commerces de proximité et les grandes surfaces (fermeture à 20h), les souks de proximité (ouverts jusqu’à 16h), et la fermeture des hammams et des salons de beauté.


Plus de fermeté

Les restrictions préventives décidées par l’exécutif ressemblent à un reconfinement partiel. Surtout que le gouvernement annonce «la mise en œuvre avec fermeté des contrôles concernant la distanciation dans les lieux publics ainsi que le port du masque». A ce titre, plus aucun véhicule ne sort ou accède à la ville de Fès sans qu’il ne soit contrôlé vigoureusement par les gendarmes et policiers. Mardi dernier, le contrôle des départs était assuré par Saïd Abdelillah, le préfet de police en personne. Le numéro un de la DGSN à Fès a choisi la pénétrante de l’axe autoroutier pour vérifier les autorisations de voyage. Ailleurs, au niveau de l’avenue Allal Benabdellah, les agents d’autorité ont remis leurs uniformes réglementaires et repris leurs haut-parleurs. Le mot d’ordre étant de veiller au respect des mesures sanitaires (port du masque obligatoire, distanciation et gel désinfectant). A la wilaya, les PC de sécurité s’enchaînent. Normal, puisque la situation sanitaire inquiète et les décisions à effet immédiat sont prises en coordination avec les différents services (autorité, santé, DGSN, DGST, gendarmerie, protection civile, etc.). «Les autorités sont mises à mal et endossent la lourde responsabilité de toute une population. Elles doivent redresser la situation pour éviter le K.-O.  Pour cela, la population doit, elle aussi, être responsable», explique-t-on. 


Quartiers barricadés

Les accès menant aux quartiers qui enregistrent le plus grand nombre d’infections sont régulés par des barrages de sécurité, à l’instar de celui dressé au quartier Sahb El Ouard, à Fès. Les déplacements de et vers ces quartiers sont conditionnés à des autorisations spéciales délivrées par les autorités locales. L’on ne sait pas enfin la durée de ces mesures restrictives. «Mais tout devrait dépendre de la stabilisation de la progression du virus ainsi que le respect, par la population, des mesures barrières», conclut un médecin. 
 

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