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Société

Traite des êtres humains Le CNDH appelle à durcir la traque

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5817 Le 05/08/2020 | Partager
Le Conseil alerte sur l’urgence d’adopter une stratégie nationale dans ce domaine
Le nombre des affaires en hausse depuis 2016
Plaidoyer pour renforcer la prise de conscience face à la faiblesse du nombre des plaintes
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Le Maroc est appelé à durcir son dispositif de traque, surtout face aux menaces que laissent planer les réseaux criminels transfrontaliers, impliqués dans la traite des personnes et dans une série de trafics illicites, qui exploitent notamment la détresse de migrants clandestins 

IL est urgent de mettre en place une stratégie nationale de lutte contre les crimes de traite des êtres humains. La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a tiré la sonnette d’alarme suite à la multiplication des coups de filets liés à des affaires de traite des humains. L’élaboration de cette stratégie «doit être menée selon une approche participative, impliquant les différents intervenants dans ce domaine», a-t-elle souligné. Entre-temps, le CNDH plaide pour le renforcement des actions de vulgarisation de ces formes de criminalité. L’idée est d’assurer «une meilleure prise de conscience des menaces que constituent les nouvelles formes d’esclavage». Surtout face à «la faiblesse du nombre des plaintes relatives à certains crimes comme l’exploitation sexuelle des femmes et des mineurs, le mariage forcé, ainsi que d’autres pratiques qualifiées de traite des humains». 
L’appel au renforcement de la traque contre cette catégorie de crime s’appuie également sur les constats de la Commission nationale de lutte contre la traite des êtres humains. Celle-ci a mis l’accent sur une augmentation considérable de ce genre de pratiques depuis l’entrée en vigueur, fin 2016, de la loi 27-14, relative à ce domaine. Ce texte a permis «d’introduire une définition des crimes de traite des êtres humains en conformité avec les orientations de l’ONU et avec les dispositions du Protocole annexé à la Convention de Palerme sur la lutte contre la criminalité transnationale», selon le CNDH. La nouvelle réglementation avait durci les sanctions contre les personnes impliquées dans ce type de crime, avec des peines d’emprisonnement de 5 à 30 ans et des amendes de 10.000 à 6 millions de DH.

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Aujourd’hui, les dernières statistiques montrent que le nombre des crimes relevant de la traite des humains au niveau national s’est élevé à 151 affaires en 2019 contre seulement 17 en 2017. Durant les 3 dernières années, plus de 585 personnes ont été poursuivies en justice dans des dossiers relatifs à la traite des humains, dont 144 femmes et 84 personnes de nationalité étrangère. Le CNDH a également mis l’accent sur la situation vulnérable des victimes de ce type de crime, dont le nombre s’élève, selon les dernières statistiques, à 719 personnes. Sur ce total, 283 d’entre elles ont été victimes d’exploitation sexuelle. 58 victimes ont été exploitées dans des activités de mendicité, alors que 35 autres ont été contraintes à des travaux forcés. Actuellement, le nombre des avis de recherche contre des personnes soupçonnées d’être impliquées dans la traite des humains s’élève à 137, alors que 443 accusés sont poursuivis en état d’arrestation. Cette hausse des affaires liées à la traite des humains interpelle le Maroc pour renforcer la traque. Surtout que le pays, traditionnellement pays de transit pour la migration clandestine vers l’Europe, mais également pays d’accueil et de résidence depuis quelques années, doit faire face aux risques que représentent les réseaux criminels transfrontaliers, impliqués dans la traite des personnes et dans une série de trafics illicites.

Une Commission dédiée

Installée officiellement fin mai 2019, la Commission nationale de lutte contre la traite des êtres humains assure la coordination de la traque de ce type de crime. Regroupant les représentants de 14 ministères, 6 institutions publiques et des représentants de la société civile, elle a pour mission la collecte des données, l’émission des avis, la sensibilisation… L’un des principaux chantiers dans ce domaine concerne notamment la mise en place d’un guide de bonnes pratiques en matière de prise en charge des enfants et des femmes victimes.

M.A.M.

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