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Culture

Ikram Kabbaj, la dompteuse de matière

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5816 Le 04/08/2020 | Partager
Une sculpture monumentale installée à Asilah
Une militante pour l’intégration de l’art dans l’espace public
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La dernière œuvre monumentale de l’artiste, sous forme installée, dans la ville d’Asilah, est intitulée «Darat» signifiant en même temps halo de lumière et un  lieu où il fait bon vivre (Ph. Dr)

Tailler la pierre, travailler la terre, couler le métal… sortir du beau du brut. S’il est une discipline artistique à laquelle très peu de femmes se frottent, c’est bien la sculpture, vocation masculine par excellence.  De la pionnière Camille Claudel, à l’extravagante Nikki de Saint Phalle où la résistante Mona Saoudi, quelques femmes sortent tout de même du lot et inscrivent leur travail dans l’Histoire. L’artiste marocaine  Ikram Kabbaj fait partie de celles-là. Ikram ne se contente nullement de faire partie de la «short liste» des sculptrices à la renommée internationale, elle ambitionne, travaille, milite pour que les œuvres soient à la portée, visibles de tous, dans l’espace public. Sa dernière œuvre monumentale, installée dans la ville d’Asilah, en témoigne. Intitulée «Darat» (signifiant en même temps halo de lumière et un  lieu où il fait bon vivre), la sculpture sous forme d’ellipse trône désormais à l’extérieur des remparts de la cité surplombant l’entrée de la ville au niveau du point d’accès à l’axe autoroutier menant vers Tanger. 

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S’élevant à 17 mètres de hauteur, mesurant 7 mètres de large et pesant plus de  100 tonnes, la «Feuille de route» de l’artiste Ikram Kabbaj a été inaugurée en 2014, à l’occasion des 20 ans d’«Autoroute du Maroc» (Ph. Dr)​

Quelque 5 tonnes de tiges de métal de 7 mètres sur 7 d’envergure, pour une œuvre d’apparence gracile, mais néanmoins bien solide. «Il a fallu beaucoup de travail, un plan d’exécution des plus rigoureux et des calculs mathématiques pointus pour réussir à donner cette impression aérienne à travers laquelle le vent pouvait circuler», précise l’artiste. Il faut dire qu’Ikram Kabbaj est rompue à ce genre d’exercice. Sous ses mains, qui manient autant le burin, la meule que la forge, le marbre se transforme en frise délicate et les blocs de métal en dentelle à l’aspect fragile, les matériaux les plus rebelles se plient et se font dociles devant sa détermination. En 2014, déjà, elle installait sa «Feuille de route»,  sur l’autoroute Casablanca-Marrakech, au niveau de la sortie «Aéroport Mohammed V». Une gigantesque sculpture  de  17 mètres de hauteur et 7 mètres de large, pesant plus de  100 tonnes de métal finement ciselé. Deux années plus tard, elle offrait à la ville d’Asilah une première sculpture intitulée «Sawanih», plus modeste (3 tonnes d’inox), représentant un magnifique oiseau prenant son envol. Si Ikram Kabbaj a pu compter sur le soutien d’un zaylachi convaincu, en l’occurrence, Mohamed Benaïssa, maire de la ville, ancien ministre de la Culture et cofondateur du moussem d’Asilah, il n’en a pas toujours été de même ailleurs. L’artiste a très tôt pris son bâton de pèlerin et n’a jamais cessé de plaider pour sa cause, à savoir l’intégration de la sculpture dans l’espace publique.

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Sous ses mains, qui manient autant le burin, la meule que la forge, le marbre se transforme en frise délicate et les blocs de métal en dentelle à l’aspect fragile, les matériaux les plus rebelles se plient et se font dociles devant sa détermination (Ph. Dr)

Faisant le tour des décideurs en matière d’art, d’urbanisme, d’environnement et de développement des villes et provinces du Royaume, elle a réussi le pari d’organiser dans plusieurs villes le symposium international de sculptures. En 5 éditions, respectivement à  El Jadida (2000), Tanger (2001), Fès (2002) Essaouira (2003), Taroudant (2011) et Asilah (2016), l’artiste a réussi à réunir un grand nombre d’artistes sculpteurs du monde entier (France, Japon, Egypte, Turquie, Grèce, Belgique…) et créer ainsi plusieurs parcs avec une cinquantaine de sculptures de plein air. Que ce soit à Asilah ou à Rabat (sur le parvis du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain) ou encore au Chili, en Chine ou aux Etats-Unis, les œuvres d’Ikram Kabbaj essaiment le monde comme autant de recherches initiatiques aux factures irréelles. Pourtant l’artiste reste très discrète. Peu prolixe, aux mots elle préfère la matière, au feu de la rampe, elle préfère le partage. «Je travaille avec une équipe formidable», dira-t-elle, pour rendre hommage à toutes les personnes qui l’accompagnent dans cette aventure, du bureau d’études pour les plans d’exécution jusqu’aux «gros bras» qui installent ses installations spectaculaires.
Amine Boushaba

 

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