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Economie

Transport : La volte-face du gouvernement accentue la crise

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5815 Le 03/08/2020 | Partager
Le transport touristique et le routier interurbain de voyageurs broient du noir
Globalement, l’activité enregistre une baisse de 50%

Les professionnels du transport (transporteurs, gestionnaires des gares routières...) sont dans la tourmente suite à la fermeture, depuis dimanche 26 juillet à minuit, des villes de Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Casablanca, Berrechid, Settat et Marrakech, des destinations prisées pour le tourisme national. «La décision nous a pris de court autant que la plupart des citoyens qui avaient prévu de s’y rendre pour fêter l’Aïd Al Adha. Alors que la mécanique mise en place venait d’être lancée et commençait à fonctionner de manière assez satisfaisante pour l’ensemble des parties intéressées, le gouvernement décide 48 heures après l’entrée en vigueur de la 3e phase du déconfinement progressif de suspendre le déplacement vers 8 villes du Royaume, à compter de dimanche 26 juillet. Le pire est que ce communiqué est intervenu le même jour, peu après 18 heures pour devenir effectif à partir de minuit», dénonce la direction de la Fédération du transport et de la logistique (FTL). En ces temps de lutte contre la propagation de la pandémie, la forte demande de déplacements vers les différentes régions et provinces du Maroc, à la veille de la fête de l’Aïd Al Adha, prend plus d’ampleur d’autant plus que s’y ajoutent des contraintes de distanciation physique, de réduction de la capacité des autocars, de port du masque et de l’usage des désinfectants afin de préserver la sécurité de tous (voyageurs, agents, personnel de conduite...). 

Chiffres clés

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■ Baisse de 50% de l'activité globale

■ La capacité des autocars portée récemment à 75% au lieu de 50%

■ Le secteur représente 6% du PIB et 9% de la valeur ajoutée du secteur tertiaire

■ Le transport absorbe 34% de la consommation nationale de l'énergie,emploie 10% de la population active urbaine

■ Le produit de sa fiscalité contribue aux recettes du budget général de l'Etat à hauteur de 15%

Du côté du secteur du transport routier interurbain de voyageurs, les conséquences sont désastreuses pour l’activité durant cette période de fête. Les opérateurs n’hésitent pas à comparer cette nouvelle situation à celle vécue pendant la période de confinement général. «Ceci étant, il n’empêche de souligner que les augmentations importantes enregistrées ces derniers jours tant sur le plan des personnes atteintes par le coronavirus que celui du nombre de décès militent en faveur de la prise de décisions extrêmes et imprévisibles», tempère Abdelilah Hifdi, président de la FTL. Malgré des clauses contraignantes, les acteurs du secteur de transport routier en commun de personnes disent s’être efforcés de respecter le cahier des charges édicté par le département de tutelle. La question de certains aspects liés aux clauses du cahier des charges a été, à un moment donné, une des préoccupations des professionnels du secteur de transport routier interurbain de voyageurs, notamment celle relative à la capacité des autocars qui a été portée récemment à 75% au lieu de 50% initialement. Cette préoccupation n’est plus à l’ordre du jour. «Le vrai problème pour le transport routier de voyageurs se situe au niveau du manque de visibilité à très court et court terme, quant à la reprise générale sans discontinuité de l’activité, dans des conditions à peu près normales», expliquent les opérateurs. Pendant la période de confinement, la situation du secteur du transport routier s’est caractérisée par une crise profonde touchant son activité de plein fouet. En effet, les entreprises du secteur, tous modes confondus, ont connu des baisses drastiques de leurs chiffres d’affaires résultant pour certaines d’elles, de l’arrêt pur et simple de l’activité, qui a globalement enregistré une baisse de 50%. Tout particulièrement, le transport touristique et le transport routier interurbain de voyageurs, qui ont vécu un arrêt total de leurs activités, connaissent des difficultés considérables. Arrivent ensuite, le secteur de l’enseignement de la conduite, le transport du personnel et transport routier de marchandises et de la logistique. Conséquence: des licenciements sont enregistrés au niveau des TPE et PME, menaçant la disparition de plusieurs centaines d’emplois et la faillite des petites entreprises les plus vulnérables.

Un retour du trafic au niveau d’avant-crise pas avant 2023

L’intensité de la propagation du Covid-19 étant intimement liée à la fréquence des déplacements des citoyens et à l’acheminement des biens, la situation du secteur des transports, tous modes et métiers confondus, s’avère fortement dépendante de l’évolution de la pandémie au Maroc. «Au stade actuel de l’évolution de la crise sanitaire, nous sommes dans l’incertitude complète. Pour le post-Covid, la reprise ne peut-être que progressive et n’atteindra probablement son niveau d’avant crise qu’en 2022, voire en 2023», avance la Fédération du transport et de la logistique.

Modeste KOUAME

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