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Economie

Contamination: Gare au biais de confiance!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5811 Le 24/07/2020 | Partager
Une nouvelle étude confirme la transmission aérienne des particules virales
Parler, tousser ou éternuer produit des aérosols potentiellement infectieux
En attendant le vaccin, les mesures barrières restent essentielles

Les études confirmant la contamination au SARS-CoV-2 à travers l’air se suivent. La dernière en date est celle de l’université du Nebraska, partagée le 21 juillet dernier. L’étude n’a pas encore fait l’objet d’un peer review, elle est donc à prendre avec précaution. Néanmoins, elle vient étayer les travaux antérieurs sur le risque d’infection par le virus aéroporté.

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Le relâchement dans les espaces publics est manifeste. Sur la photo, une file d’attente pour prendre le tram à Casablanca. Destination: Aïn Diab. Aucune distance de sécurité. Certains ne mettent même pas de bavette, or ceci est passible de sanctions (une peine de prison de 1 à 3 mois, et une amende entre 300 et 1.300 DH ou l’une des deux sanctions) (Ph. Jarfi)

Les chercheurs de l’université ont pris des échantillons d’aérosols dans l’environnement de six patients résidant dans six chambres, afin de mesurer la présence du virus. Les échantillons de particules d’aérosols prises sont de trois tailles: supérieure à 4,1 micromètres (1 μm équivaut à un millième de millimètre), de 1 à 4 μm et inférieure à 1 μm. L’ARN du SARS-CoV-2 a été détecté dans les six pièces et dans les particules de toutes les tailles.

Les analyses ont montré la présence de virions infectieux dans les échantillons inférieurs à 1 μm. Une réplication virale de l’aérosol a également été détectée au niveau de ceux entre 1 et 4 μm, mais elle est, toutefois, statistiquement insignifiante.

«La nature infectieuse des aérosols recueillis dans cette étude suggère que la transmission aérienne du Covid-19 est possible et que des mesures de prévention des aérosols sont nécessaires pour endiguer efficacement la propagation du SARS-CoV-2», constatent les rédacteurs de l’étude.

Plus la gouttelette est légère, plus elle reste dans l’air

L’air peut donc transporter des particules virales intactes capables de se répliquer et donc parfaitement infectieuses. Au début de la pandémie, les spécialistes étaient nombreux à minimiser cette possibilité, avançant que les gouttelettes projetées sont suffisamment lourdes pour retomber rapidement sur les surfaces. «La trajectoire de la gouttelette dépend de sa taille.

Plus elle est légère, plus elle reste longtemps dans l’air avant de retomber», relève Moulay Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’Université Hassan II de Casablanca. «Nous savons depuis longtemps que l’air est un vecteur de transmission. Cela dit, tout dépend de l’état du virus, qui peut se dénaturer, par la chaleur par exemple, et donc ne pas être actif même s’il est présent», précise-t-il.

Les aérosols ne se produisent pas uniquement à l’occasion d’une toux ou d’un éternuement. Le simple fait de parler est source d’aérosols potentiellement contaminés. Il est donc essentiel d’appliquer toutes les mesures barrières conseillées: garder ses distances avec ses interlocuteurs, éviter les rassemblements, porter un masque, se laver régulièrement les mains, nettoyer les surfaces, éviter de partager des objets…

«La population a été déconfinée mais cela ne signifie pas que le virus est parti. Il est toujours là et continue à se propager, il restera avec nous jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin efficace. En attendant, nous ne pouvons faire l’impasse sur les mesures barrières. Le relâchement observé ces derniers temps est dangereux», estime le virologue.

«Il faudrait se dire que toute personne est potentiellement porteuse du virus. Il ne faut jamais baisser sa garde», insiste-t-il. Côtoyer des connaissances, amis, collègues ou voisins tous les jours peut provoquer un biais de confiance. Or, le risque d’infection est omniprésent.
La flambée des cas quotidiens confirmés au Maroc ces derniers temps sonne comme un rappel à l’ordre (voir article précédent). Le pire pourrait être devant nous…

A vos masques!

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Le virus est là pour encore longtemps, au moins jusqu’à ce que l’on développe un vaccin fiable. «En attendant, il ne faut pas arrêter de vivre sa vie normalement, à condition de respecter les mesures barrières», souligne Moulay Mustapha Ennaji. En raison de la transmission du virus par l’air, le port du masque est fortement conseillé. «Au travail, si vous êtes seul dans votre bureau, le risque est moindre. Néanmoins, si vous recevez des visiteurs avec qui vous échangez, des aérosols sont forcément émis. Il est donc important de se protéger avec un masque et d’aérer au moins toutes les heures pour faire circuler l’air», recommande le virologue. Dans les open spaces, la probabilité d’une contamination est encore plus grande, le virus peut facilement circuler d’une personne à l’autre. La climatisation peut, également, être un facteur de propagation selon certaines études.

Ahlam NAZIH

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