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Economie

Tourisme/Réservations en ligne: Le haut de gamme d'Agadir et de Marrakech à petits prix

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5808 Le 21/07/2020 | Partager
Benchmark entre une dizaine de destinations internationales
Nécessité de vendre différemment les deux villes
Le culturel, l’authenticité, la diversité et la durabilité.... les atouts à faire valoir

Quel rôle pour les «Big Data» dans la prise de décision? La réponse apportée par la dernière livraison de la  Direction des études et des prévisions financières (DEPF) se décline en deux volets. Le premier traite de la contribution de ce type de données en ce qui concerne le suivi de l’activité et des prévisions économiques. Alors que le second est consacré à la présentation de deux études de cas pour le Maroc: l’employabilité des jeunes et le suivi du secteur touristique. Dans tous les cas, l’étude de la DEPF renseigne sur la diversité du champ d’application des méga-données.   

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Le prix moyen Maroc comprend un séjour de 6 nuitées pour deux adultes. Certes, il est moins compétitif par rapport à certaines destinations mais de très loin moins cher pour ce qui est de l’offre qui reste concentrée sur le moyen-haut de gamme

Prévision et suivi du PIB, emploi et statistiques du chômage, inflation, secteur financier…, toutes les données de la macroéconomie. Certains pays (Corée du Sud, la Chine et Taiwan) ayant eut recours pour suivre l’évolution de l’épidémie du coronavirus et contenir sa propagation.

Pour le secteur touristique, la DEPF a analysé l’offre marocaine à travers les réservations sur les ventes sur le web d’une dizaine de destinations dont deux villes marocaines. Il en ressort que l’offre hôtelière web de Marrakech reste concentrée sur le moyen-haut de gamme à raison de 82%, soit une structure légèrement supérieure à celle de sa capacité réelle (73% avec, respectivement, 43% en 5 étoiles et 33% en 4 étoiles). La même configuration est perceptible à Istanbul alors que la station balnéaire d’Agadir donne une place importante aux 3 étoiles (19%). L’offre de la capitale du Souss diffère de celle de sa capacité (25% en 5 étoiles, 33% en 4 étoiles et 27% pour les 3 étoiles) en faveur des 5 étoiles. L’offre de Marrakech présente une dispersion plus équilibrée autour du centre avec une distance moyenne de 2,3 km mettant moins de pression sur les modes de mobilité. D’ailleurs, cette proximité du centre a été relevée parmi les atouts de Marrakech et d’Agadir dans les commentaires des visiteurs. Ce qui n’est pas le cas pour le Caire, plus dispersée avec une distance moyenne au centre de 8,7 km contre respectivement 624 m et 595 m pour Séville et Cordoue.

Prix faibles à Tunis et au Caire mais élevés à Agadir

Par ailleurs, le prix moyen des hébergements dans toutes les destinations est de 6.482 DH (6 nuitées pour deux adultes). Les prix les plus faibles sont enregistrés au niveau de Tunis et du Caire alors que Prague se distingue par un prix élevé. Rome a pratiqué, pour la période de l’analyse, la baisse promotionnelle des prix la plus importante avec une réduction moyenne de 23% pour certains hébergements contre 15% seulement pour Prague.
Cependant, Marrakech (6.499 DH) a affiché des prix analogues à la moyenne de l’échantillon alors que la destination Agadir est sur un prix relativement plus élevé (6.865 DH).

Néanmoins, des différences de prix pourraient être dues à la période de séjour qui coïncide avec le mois d’août, haute saison pour certaines régions méditerranéennes.  Compte tenu de la structure de l’offre hôtelière par ville, la charge fiscale est plus élevée à Rome (591 DH) et à Marrakech (494 DH) au moment où elle est plus faible à Istanbul (15 DH). La différence en termes de charge fiscale et donc de compétitivité prix des destinations est également liée au système fiscal national et local de chaque pays. Ainsi, la Turquie ne pratique pas de taxes de séjour permettant de maintenir ses prix à un niveau très compétitif.

Les offres non classifiées sont mieux appréciées: 8,8/10 pour Marrakech et 8,1 sur dix pour Agadir. Ainsi, dans la catégorie des cinq étoiles, Agadir a une appréciation (7,5) en dessous de sa moyenne (7,9) et celle de la même catégorie pour toutes les destinations (8,3). Par contre, si Marrakech arrive à obtenir la même appréciation que la moyenne méditerranéenne pour les cinq étoiles, les autres catégories greffent la notation générale de la destination.

Les offres non classifiées mieux appréciées

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L’offre hôtelière web de Marrakech reste concentrée sur le moyen-haut de gamme à raison de 82%. Elle est légèrement supérieure à sa capacité réelle (73% avec, respectivement, 43% en 5 étoiles et 33% en 4 étoiles). Le même constat est relevé pour Agadir

Il s’avère ainsi que l’offre web des destinations méditerranéennes reste  diversifiée, en ce sens qu’elle englobe d’autres types d’hébergement (appartements, gîtes, maisons d’hôtes, …). Ces derniers contribuent à améliorer l’offre touristique authentique des destinations. «En effet, les offres non classifiées sont mieux appréciées à Marrakech et à Agadir par rapport à celles des établissements classés», relève l’étude. D’où l’importance du rôle que jouent les petites structures d’accueil dans l’attractivité des deux destinations. Et de recommander leur soutien en termes de financement et de formation. «Aussi, toute stratégie de soutien ou de promotion devrait tenir compte de ces acteurs touristiques qui ne sont pas organisés en corporation ce qui les met au ban des négociations et des outils mis en place par les instances publiques et les collectivités locales pour soutenir le secteur touristique», soutient la DEPF.

Face à la concurrence qui a opté pour le tourisme de masse, le Maroc pourrait faire valoir son offre basée sur le culturel, l’authenticité, la diversité et la durabilité. Sur ce volet, certains touristes sont moins exigeants par rapport aux aspects d’hébergement mais plus attentifs à l’écologie. Aussi, la labellisation verte des petites structures pourrait-elle contrer certaines défaillances, en termes de confort, de propreté et d’équipements..

                                                                                    

Médina, Jamâa El Fna, plage, gastronomie...

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Sur la base de l’appréciation de près de 22 millions de touristes ayant vécu des expériences réelles en termes d’hébergement dans les 10 pays de l’échantillon, il s’avère que le schisme nord-sud est consacré avec des notes supérieures à la moyenne (8,7/10) pour les destinations de l’Union Européenne. Marrakech est la destination la mieux cotée du versant méridional (8,6) au moment où Agadir enregistre l’appréciation la plus faible (7,9). Cette appréciation générale est cependant plus homogène pour toutes les destinations du point de vue de la situation géographique des établissements (9,6).

Le recul d’Agadir est en particulier lié à sa défaillance au niveau des équipements (7,5/10), de la propreté (7,6), du confort (7,7) et du rapport qualité/prix (7,8). Deux alternatives se présenteraient pour la destination, dont la première serait de réduire le prix du séjour pour créer moins d’attente de la part des touristes et donc une satisfaction plus améliorée compte tenu du prix déboursé. Le prix qui paraît adapté au profil d’Agadir serait de -16% par rapport au niveau actuel. La deuxième alternative serait de lancer une vaste mise à niveau d’équipement, notamment, en connectivité et en literie pour être à la hauteur des attentes des touristes. La destination est, par contre, mieux appréciée pour l’attention de son personnel.

Aussi, la promotion des deux villes devrait-elle être différenciée pour faire valoir les avantages révélés dans les commentaires pour chaque ville. Pour Marrakech, la proximité de la Médina et de la Place Jamâa El Fna, serait un argument de vente. Alors qu’il s’agit de mettre en relief, l’équipement et la disponibilité des espaces réservés dans la plage pour la ville d’Agadir. Le tout, en améliorant les qualités communes aux deux destinations : l’accueil du personnel, l’authenticité du séjour, la gastronomie et le confort des chambres.

A.G

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