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Economie

Tourisme: Un plan de relance pour redémarrer la machine

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5804 Le 15/07/2020 | Partager
Une stratégie en trois temps et un budget de 16 milliards de DH
Des packs sectoriels, des mécanismes de soutien aux PME en difficulté
Et un fonds public-privé dédié à l’investissement touristique
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Une enveloppe de 16 milliards de DH serait consacrée à la relance du tourisme selon un plan élaboré le 15 juin dernier. Les grandes mesures pourraient être présentées au conseil du gouvernement le 16 juillet

Source: Document du ministère du tourisme

C’est demain, 16 juillet, que la ministre du tourisme Nadia Fettah Alaoui devrait présenter le fameux plan de relance pour le tourisme devant le Conseil du gouvernement. Un plan attendu depuis plusieurs semaines par les professionnels et qu’ils espèrent juste et équitable envers leur secteur, prenant toujours exemple de l’Hexagone. La France a mis sur pied un plan de relance massif du tourisme, chiffré à un engagement de 18 milliards d’euros pour les finances publiques.

Au Maroc, le budget sera certes moins conséquent, et les premières indiscrétions indiquent un soutien global de 16 milliards de DH, selon un document élaboré le 15 juin par le ministère de tutelle et qui serait la base du plan de relance.

Ce dispositif de relance, qui devrait être dévoilé le 16 juillet, est censé répondre à la préservation du tissu économique et de l’emploi, l’accélération de la phase de démarrage du secteur à travers le tourisme national, la commande publique ainsi que la promotion ciblée sur les marchés émetteurs.

Dans le détail, le projet comprend trois parties: un plan de maintien et de mise à niveau de l’offre, dont la continuité du soutien aux salaires de 2.000 DH pour l’ensemble des acteurs du secteur, des exonérations des taxes, des mécanismes de financement des entreprises touristiques solvables avant la crise, l’accompagnement des entreprises en détresse…

Dans cette première partie figurent aussi des mécanismes de financement des entreprises touristiques solvables avant la crise avec des packs sectoriels, des packs entreprises de taille intermédiaire, des packs entreprises de taille intermédiaire et GE (dette mezzanine avec option de participation) et des packs «transformation du secteur». Ces mécanismes nécessitent un budget de près de 5,6 milliards de DH.

En parallèle, le plan de relance recommande des actions pour la stimulation de la demande au niveau de l’aérien, de la promotion ainsi que de l’animation et dont le budget est estimé à 3,2 milliards de DH (hors investissements dans des projets structurants et stratégiques régionaux).

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Parmi les mesures proposées, la mise en place d’un fonds public-privé doté de 5 milliards de DH dédié à l’investissement touristique, qui servira entre autres à moderniser l’offre touristique, et revoir le système de pilotage et de gouvernance (Ph. L'Economiste)

Enfin, la troisième partie du plan de relance aborde les chantiers transverses à prévoir à long terme pour la transformation durable, la digitalisation, la lutte contre l’informel, les réformes réglementaires et fiscales. Parmi les mesures proposées, la mise en place d’un fonds public-privé doté de 5 milliards de DH dédié à l’investissement touristique, qui servira entre autres à moderniser l’offre touristique, et revoir le système de pilotage et de gouvernance.

D’aucuns estiment que « la remise à plat de la gouvernance du secteur public et privé est une condition sine qua none de la reprise durable du secteur. De ce fait, cela doit être érigé en priorité». A noter que le tourisme marocain n’en est pas à sa première crise. Il en connaît depuis 2001 et le secteur a toujours fait preuve de résilience même si l’accompagnement par les pouvoirs publics n’a pas toujours été systématique, estiment les professionnels.

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(1) Les hôtels encore ouverts accueillent les Touristes Etrangers restés sur le territoire ou sont mis à la disposition des autorités locales et sanitaires
(2) Sur les 3 premières semaines d’avril, les recettes touristiques s’élève à 2 Mds DH, soit 55% de moins qu’à la même période en 2019
Après deux premiers mois prometteurs en 2020, l’ensemble des indicateurs d’activitédu secteur a connu une baisse importante en mars, au démarrage de l’urgence sanitaire
Source : Département du Tourisme, CNSS, ONDA

Mais la crise du Covid-19 est inédite, entraînant fermeture des frontières, arrêt établissements, chômage partiel des salariés… L’incertitude liée à la durée de l’état d’urgence sanitaire et de fermeture des frontières -même si elles sont aujourd’hui rouvertes pour les étudiants et Marocains bloqués-, la date et le rythme de reprise des marchés émetteurs entraînent un double choc de l’offre et de la demande, et un recul de 10 à 20 ans de croissance du secteur.

A moyen terme et quels que soient les scénarios envisagés pour le tourisme, la crise est actée pour 2020 et même pour le début de 2021. Au mieux, il faudra attendre 2022 pour revenir à la situation pré-Covid en termes d’arrivées et nuitées touristiques et également au niveau des recettes et PIB touristiques.

Contradictions

Le Covid a fait ressortir le flou artistique dans lequel baigne le secteur depuis plusieurs années au niveau des statistiques qui restent incomplètes et imprécises tant sur le plan des arrivées, et des nuitées. Il y a plus important cette fois-ci, les emplois. A ce niveau, il y a autant de statistiques que d’intervenants dans le secteur. La CNT avance des chiffres différents de ceux du ministère du Tourisme. Et finalement, seules les données du ministère des Finances basées sur les déclarations des entreprises seront prises en compte. L’Observatoire du tourisme est quant à lui, muet sur la question comme sur d’autres depuis le début de la crise du Covid.

Badra BERRISSOULE

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