×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Conserve de poisson: 126.000 emplois suspendus à la pandémie

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5799 Le 08/07/2020 | Partager
20 unités fermées et le reste tourne à 25% de capacité
La profession propose des mesures pour dépasser la crise

A peine la tête émerge de l’eau, l’industrie de conserve de poisson re­plonge. Une vingtaine d’usines sont fermées depuis le début de semaine. Avec toutes les conséquences sur l’emploi, la valorisation et l’export. «Le pire à redouter tient à la perte des parts de marché dont la reconquête nécessiterait beaucoup d’efforts, en termes d’investissement», souligne la profession.

L’enjeu est de taille. Le secteur compte 49 unités industrielles dont 4 agréées pour le marché local. La capa­cité installée s’élève à 800.000 tonnes de matière première par an, sur la base de 230 jours d’activité. Mais peine à dépasser un taux d’utilisation de 50 à 60%. Avec à la clé 26.000 emplois directs et 100.000 indirects.

conserve-de-poisson-099.jpg

Déjà au 1er trimestre les débarquements avaient chuté de 18% par rapport à la même période de 2019. Les états statistiques mensuels de l’Office national des pêches sont publiés avec beaucoup de retard. La dernière livraison ne comporte pas l’utilisation du poisson par destination: consommation, conserves, congélation…

Pourtant, cette dernière s’est révélée réceptive aux recommandations de la tutelle «de maintenir son activité dans l’objectif d’amortir les impacts social, économique et surtout alimentaire». Ceci, dès l’apparition de la pandémie. Sauf, que l’époque (mars 2020) coïnci­dait avec la basse saison pour la pêche et la moitié des unités était à l’arrêt (pé­riode habituelle pour la maintenance).

Néanmoins, les professionnels se sont organisés en mettant en place les mesures édictées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire: distanciation sociale, augmentation des fréquences de nettoyage et de désinfection. Ces mesures se sont soldées par une di­minution drastique de la production.

«C’est le prix à payer pour sauvegar­der d’abord la santé et en second lieu l’approvisionnement du marché en conserves», concède l’Union natio­nale de l’industrie de la conserve du poisson (UNICOP). Mais ces efforts se sont avérés peu payants. Les ma­rins pêcheurs ont décidé d’arrêter la pêche et rejoindre leur foyer au nord du pays, suite aux craintes liées à la propagation du coronavirus, diffé­rentes unités marocaines ont été obli­gées d’arrêter la production à cause du grand manque de matière première. Cela a touché surtout les ports de Dakhla et de Lâayoune, les deux pre­mières sources d’approvisionnement en matière première (près de 75% de l’approvisionnement en sardine).

Bien qu’une vingtaine de sardiniers (RSW) ait maintenu ses activités, elle suffit à peine à satisfaire les propres besoins. Alors que la pêche côtière «restait encore confinée», en attendant la haute saison: début juillet.

Pour tourner à un régime normal, les professionnels avaient formulé quelques doléances. En particulier, l’octroi de quotas d’appoint aux uni­tés qui n’en bénéficient pas, la reprise de la pêche côtière et la levée des contraintes pour le retour à la normale dans les ports de Dakhla et Lâayoune. Mais voilà que l’apparition de cas de contamination du Covid-19 a tout re­mis en cause. Ceci, bien que la profes­sion avait anticipé les mesures de pro­tection imposées par la réglementation alors qu’elle est rompue à des mesures d’hygiènes de par ses liens étroits avec les marchés extérieurs.

Dans l’espoir de poursuivre ses activités, la Fédération nationale des industries de pêche et de valorisation (Fenip) a saisi le 4 juillet le ministère de l’Intérieur, le département de la pêche ainsi que le wali de la région de Marrakech-Safi.

Le courrier dont L’Economiste dé­tient copie, liste plusieurs mesures que les professionnels s’engagent à respec­ter. A commencer par la désinfection immédiate et sous contrôle des autori­tés compétentes des établissements de transformation des produits de la mer.

Dès l’apparition de cas positifs, les personnes atteintes seront retirées de l’usine et prises en charge selon la pro­cédure sanitaire en place. Ceci, tout en poursuivant les activités liées au côté administratif et aux expéditions des produits finis. De même, la Fédération demande de ne pas fermer les unités non touchées dans une zone où la ma­ladie s’est déclarée. Ces dispositions sont à même de protéger la santé du personnel, d’éviter sa mise au chômage technique et d’honorer les commandes des clients pour qu’ils ne se détournent pas vers la concurrence. Par ailleurs, afin d’éviter les rumeurs ou les infor­mations infondées, il est proposé, la désignation d’un représentant de la profession dans chaque wilaya ou pro­vince où les activités de valorisation des produits de la pêche sont présentes. Ce représentant sera l’interlocuteur unique pour les autorités locales et les commissions de veille instaurées pour la lutte contre la pandémie.

«Gendarme» professionnel

Parmi les propositions de la Fenip, la désignation d’un mon­sieur Coronavirus. A cet effet, la profession propose toute liste de représentants avec leurs coordonnées. Son rôle sera d’apporter les informations précises qui ont trait aux mesures prises par les éta­blissements et au fonctionnement de leurs différents départements. Ceci aidera à prendre des mesures ciblées, précises et efficientes lors d’apparition de cas positifs parmi les employés et de les adapter en fonction du risque. A titre d’exemple, permettre les expéditions même en cas d’arrêt de la production. Ce représentant veillera également à transmettre aux opérateurs, d’une façon claire et fidèle, les décisions retenues vis-à-vis des établissements touchés.

A.G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc