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Economie

Compte courant: Le déficit s’allège… et après?

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5793 Le 30/06/2020 | Partager
Urgence de mobiliser les fonds pour financer l’économie
Les mécanismes à mettre à contribution, sans recours à la dette extérieure

Le déficit du compte courant s’allège en 2019. Il s’est établi à 4,3% du PIB contre 5,3%, une année auparavant. Mais l’amélioration peut-elle rassurer sur l’exercice en cours alors que tous les indicateurs des échanges extérieurs sont orientés à la baisse? La question mérite d’être soulevée.

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Les revenus secondaires qui affichent une forte hausse sont constitués des dons de marchandises, de l’assistance technique et de dons intergouvernementaux

D’autant plus que le pays devrait lancer dans les tous prochains jours le débat sur le projet de loi rectificative du budget. Or, de l’avis du porte-parole du gouvernement, ce dernier «sera axé sur l’investissement public». En clair, c’est à l’Etat de s’ériger en véritable levier de la relance économique. Mais par quels moyens financiers, l’autorité publique va-t-elle assumer son rôle d’Etat providence? Va-t-on recourir à l’endettement extérieur?

Des signes avant-coureurs, permettent de se renforcer dans cette orientation. A commencer, par la mesure adoptée pour déplafonner le seuil de l’endettement limité à 31 milliards de DH par la loi de finances 2020. Côté réserves extérieures, le pays s’est également assuré un matelas en devises à travers la reconduction de la LPL. Car qui dit investissement dans les infrastructures, dit importations des biens d’équipement et autres intrants.

Sauf que le recours à l’endettement risque de donner le coup de grâce aux fondamentaux déjà entamés. Selon le rapport sur la balance des paiements, les flux «ont plus que triplé en 2019 pour se situer à 23,3 milliards de DH contre 5,8 milliards en 2018». La dynamique s’est également accompagnée d’un plongeon des IDE qui ont culminé à 15,4 milliards de DH au lieu de 33,4 milliards, une année auparavant, précise la même source.

Mais la tendance s’est inversée cette année. Même au pic de la pandémie, le pays a pu valider 45 projets d’investissement pour plus de 23 milliards de DH. Les autorités en charge se sont bien gardées de révéler les origines mais l’essentiel est constitué de flux étrangers s’appuyant sur des partenaires locaux.

«Preuve que le pays est bien coté pour drainer encore des IDE dans l’actuelle mouvance de la mutation des chaînes de valeur», souligne Ahmed Azirar, économiste et membre fondateur de l’Association des économistes d’entreprise.   Pour ce chercheur, s’il aurait recours à l’endettement, il le sera en monnaie locale. C’est du moins le fond du débat, en cours parmi certains cercles proches des sphères de décision.

Car, plusieurs mécanismes peuvent être mis à contribution pour outrepasser l’endettement extérieur. A commencer par le rachat de la dette publique et sa transformation en investissement. Le mécanisme peut aisément être déployé dans le cadre du partenariat public-privé.

Pour Azirar, il y a également d’autres voies où la mobilisation des fonds peut s’avérer concluante: le recours aux billets de trésorerie privé-privé ou encore la garantie de l’Etat pour recapitaliser des entreprise viables économiquement. Il y a aussi la mobilisation des fonds d’amorçage pour les porteurs de projets dans le cadre de l’opération «Intelaka». Le tout, bien évidemment, à la condition de l’alignement de la politique monétaire à celles  budgétaire et structurelle. Ceci, dans une vision d’instaurer et de cultiver la confiance. C’est la voie salvatrice pour drainer de l’argent frais des dépôts bancaires et autres comptes sur carnet.

«La confiance est le maître mot», tranche Azirar. Et surtout, ne pas tenter un quelconque recours à la planche à billets ou une forte dévaluation. Les retombées n’en seraient que lourdes de conséquences tant pour l’image du pays que pour le pouvoir d’achat des populations fragilisées.

L’année passée, les échanges des services avaient dégagé un excédent en forte hausse de près de 16% à 88,3 milliards de DH. Une performance qui ne risque pas de se renouveler en 2020. Car la principale composante tient au solde des voyages: 57,8 milliards de DH en 2019 contre 54,5 milliards une année auparavant.
Seule la situation de la position extérieure globale reste à un niveau préoccupant. A fin 2019, elle s’affichait débitrice de 765 milliards de DH, selon les données préliminaires de l’Office des changes, arrêtées à fin mars dernier. 

Cette  position extérieure globale reflète la situation du patrimoine financier de l’économie marocaine vis-à-vis du reste du monde. Son débit s’est aggravé de 33 milliards de DH par rapport à 2018. Cette évolution résulte d’une augmentation des encours des engagements financiers de 64,7 milliards de DH plus importante que celle des avoirs financiers (+33,3 milliards de DH).

                                                                                   

Balance des biens: Le déficit s’alourdit

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Après avoir atteint 58,4 milliards de DH en 2018 (le niveau le plus haut durant les trois dernières années), le déficit des transactions courantes a enregistré une amélioration en 2019 de 11,1 milliards de DH ou 18,9%

A fin 2019, le déficit de la balance des biens s’est établi à 192,4 milliards de DH, en hausse de 2,2 milliards de DH par rapport à 2018. Cette évolution est imputable à la hausse du déficit des marchandises générales, principale rubrique du poste des biens.

En parallèle, le solde déficitaire du poste «Or non monétaire» se situe à 148,6 milliards de DH la même année contre 33,8 milliards en 2018, soit une aggravation de 114,8 milliards de DH. En revanche le solde du poste «exportations nettes du négoce» reste positif. Il en est de même des échanges de services dont l’excédent s’est inscrit en nette amélioration : 16%. Il s’élève à 88,3 milliards de DH en 2019 contre 76,2 milliards, une année auparavant.

A.G.

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