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Société

Avortement: Un scandale de plus

Par Jihad RIZK | Edition N°:5791 Le 26/06/2020 | Partager
Il remet en surface un sujet qui attise la tension entre modernistes et conservateurs
Et un code pénal archaïque
11 personnes dont une mineure de 17 ans interpellées à Marrakech

Un scandale de plus à Marrakech. Cette fois-ci pour un avortement illégal. La police judiciaire de Marrakech a interpellé récemment 11 individus dont une mineure de 17 ans, pour implication présumée dans la pratique courante d'avortement illégal, détournement de mineur, adultère et complicité.

Parmi les interpellés, un médecin âgé de 77 ans, propriétaire de la clinique, de quatre infirmières et deux femmes qui avaient par le passé subi des opérations chirurgicales clandestines d’avortement au sein du même établissement. Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire ont également interpellé «une mineure, un homme qui entretenait avec elle une relation illégale, une connaissance de la mineure, ainsi qu’une femme enceinte, lesquelles effectuaient des analyses afin de subir un avortement similaire». Ce fait divers, repris par plusieurs journaux nationaux et internationaux remet à la surface un des sujets qui attisent la tension entre modernistes et conservateurs.

Et pourtant, les grossesses non désirées renforcent le phénomène des mères célibataires et l’abandon d’enfants. Parmi les militants pour la légalisation partielle de l’avortement, le Pr. Chafik Chraïbi qui préside l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin. Selon lui, 600 et 800 avortements sont pratiqués par jour.

«Les praticiens rendent service. Une personne qui ne trouve pas de médecin va recourir à l’avortement traditionnel et ce dernier est pourvoyeur de complications très graves, voire mortelles (voir L’Economiste n° 5608 du 7 octobre 2019). Si pour les ONG, la femme doit disposer de son droit d’interrompre la grossesse pour différentes raisons, cette position reste portée par une minorité de la population.

Cela avait d’ailleurs été révélé par les résultats d’une enquête de L’Economiste-Sunergia (voir notre édition n°5275 du 18 mai 2018). Interrogés sur leur avis concernant le recours à l’avortement quelle que soit la raison, plus des deux tiers des personnes ont répondu non. Sur 1.000 personnes sondées, seules 130 avaient une position favorable. (Voir L’Economiste n° 5275 du 18 mai 2018). Un an plus tard, l’affaire de la journaliste Hajar Raïssouni avait relancé le débat sur le côté archaïque du code pénal et son article 453 qui pénalise l’avortement ainsi que l'article 490 concernant les relations sexuelles hors mariage. Sans plus.

Le fait divers de Marrakech réussira-t-il à changer la donne? Parmi les victimes ou les coupables, selon les convictions des uns et des autres, une mineure. Et on se souvient bien de l’histoire d’Amina Filali, jeune fille violée à l’âge de 15 ans et condamnée par le tribunal à épouser son violeur pour lui éviter la prison. Elle avait préféré mettre fin à sa vie.

Que dit la loi

Au Maroc, seul est autorisé l’avortement dit «thérapeutique», au nom de la santé de la mère. Le code pénal prévoit jusqu’à 2 ans de prison pour une femme qui se fait avorter, de 1 à 5 ans pour quiconque pratique un avortement sur autrui, de 10 à 20 ans s’il y a décès de la patiente et jusqu’à 30 s’il y a récidive. L’histoire de l’avortement illégal de Marrakech est encore sous enquête et il n’est pas normal que l’on transforme cet acte en procès alors que les investigations sont en cours, estime un médecin. En janvier 2016, le Conseil de gouvernement marocain souhaitait élargir le droit à l’avortement pour les cas de viol, d’inceste ou de malformations et maladies incurables que le fœtus pourrait contracter. Cependant le projet de loi n’a pas encore été adopté par le Parlement.

J.R.

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