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Economie

Chute du commerce mondial «Elle aurait pu être bien pire…»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5789 Le 24/06/2020 | Partager
Un recul d'environ 18,5% pour le 2e trimestre, selon les estimations
La réaction rapide des gouvernements a contribué à atténuer la contraction
L’OMC plus optimiste qu’en avril

Une croissance économique plus faible que prévu ou un recours généralisé à des restrictions commerciales sont autant de facteurs influant sur les perspectives du commerce mondial. Celui-ci a chuté au premier semestre en raison d'une économie mondiale bouleversée par la pandémie de Covid-19. Toutefois, la réaction rapide des gouvernements a contribué à atténuer la contraction, selon les nouvelles statistiques et perspectives établies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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Dans l'état actuel des choses, il faudrait seulement que le commerce progresse de 2,5% par trimestre durant le reste de l'année pour que la projection optimiste se réalise, selon l'OMC (Ph. AFP)

■ Tendance toujours baissière: Le volume du commerce des marchandises a régressé de 3% en glissement annuel au 1er trimestre. Les premières estimations pour le 2e trimestre (période au cours de laquelle le virus et les mesures de confinement associées ont touché une grande partie de la population mondiale) prévoient un recul d'environ 18,5% en glissement annuel. «Ces baisses sont d'une ampleur sans précédent, mais elles auraient pu être bien pires», selon les économistes. Compte tenu du fort degré d'incertitude touchant la gravité et l'impact économique de la pandémie, les prévisions faites par l'OMC le 20 avril mentionnaient deux trajectoires plausibles: «un scénario relativement optimiste dans lequel le volume du commerce mondial des marchandises en 2020 se contracterait de 13% et un scénario pessimiste dans lequel il chuterait de 32%». Dans l'état actuel des choses, il faudrait seulement que le commerce progresse de 2,5% par trimestre durant le reste de l'année pour que la projection optimiste se réalise.

■ Politiques budgétaires, monétaires…: «La chute du commerce à laquelle nous assistons aujourd'hui est d'une ampleur inégalée – ce serait en fait la plus forte jamais enregistrée», a indiqué le directeur général, Roberto Azevêdo, qui quittera son poste fin août prochain. «Mais il y a quand même un aspect réconfortant important: elle aurait pu être bien pire. C'est une nouvelle positive, mais nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts…», ajoute-t-il. Pour Azevêdo, «les décisions mises en œuvre ont été essentielles pour atténuer le coup porté à la production et au commerce. Elles continueront de jouer un rôle important en déterminant le rythme du redressement économique. Pour assurer une forte reprise de la production et du commerce en 2021, il faudra que les politiques budgétaires, monétaires et commerciales aillent toutes dans le même sens».

■ Distanciation sociale, restriction: La pandémie de Covid-19 et les efforts déployés pour la contenir se sont intensifiés au cours de la seconde moitié de mars. Les mesures strictes de distanciation sociale et de restriction touchant les voyages et les transports qui étaient en vigueur dans la plupart des pays pendant les mois d'avril et de mai sont maintenant de plus en plus assouplies. Ces évolutions se reflètent dans divers indicateurs économiques qui, pris ensemble, laissent penser que le commerce pourrait avoir touché le fond au 2e trimestre de 2020. Les vols commerciaux, qui assurent un volume important du fret aérien international, ont diminué de près des trois quarts (-74%) entre le 5 janvier et le 18 avril, pour remonter de 58% jusqu'à la mi-juin. Le trafic des ports à conteneurs semble aussi enregistrer une reprise partielle en juin par rapport au mois de mai… Il est utile de rappeler que ces reprises font suite à des chutes historiques ou presque, et il faudra les suivre attentivement avant de tirer des conclusions définitives.

                                                               

Des signes de résilience

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Alors que les achats de biens durables tels que les automobiles ont fortement chuté au début de la crise, d'autres secteurs économiques ont montré des signes de résilience au cours des dernières semaines. Les ventes de produits électroniques grand public ont mieux résisté jusqu'à présent, ce qui a soutenu le commerce international de ces produits.

Selon les statistiques douanières de la Chine, par exemple, les exportations chinoises de machines automatiques de traitement de l'information, y compris les ordinateurs, ont enregistré en avril une hausse en dollars EU de 30% en glissement annuel. De même, les données empiriques révèlent une forte demande de services informatiques et services liés aux technologies de l'information, qui ont facilité le travail à domicile pendant la crise.

Les ventes d'automobiles se sont également redressées depuis peu, même s'il est vrai qu'elles étaient tombées très bas. En Chine, par exemple, elles ont augmenté de 5% en glissement annuel au mois de mai, après une chute de 79% en février. En Europe occidentale et aux Etats-Unis, elles étaient encore très basses en mai par rapport à l'an dernier, mais le recul était moins marqué que le mois précédent.

L'augmentation des achats de biens de consommation durables peut être considérée comme le signe précurseur d'un renouveau de la confiance des consommateurs lié à la levée des mesures de confinement et au rétablissement des économies. Elle sera donc suivie avec attention au cours des mois à venir.

Fatim-Zahra TOHRY

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