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Economie

La tentation d’une «recherche Kleenex»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5783 Le 16/06/2020 | Partager
Au nom de l’urgence, sacrifier la méthodologie scientifique?
Les fausses informations pires que l’absence d’information!

Pour agir, les décideurs ont besoin d’informations leur permettant de mieux cerner leur environnement, grâce à des enquêtes, analyses, scenarii… «La vitesse avec laquelle la communauté scientifique s’est mobilisée autour du Covid-19 est inédite dans l’histoire de la recherche. Nous avons assisté à une mobilisation de ressources considérables, à une construction de réseaux transnationaux, avec l’objectif d’améliorer la compréhension de la pandémie et des implications sanitaires et socioéconomiques», se réjouit Mohamed Benabid, rédacteur en chef de L’Economiste, également chercheur en Sciences de gestion, en Sciences de l’information et professeur à l’ISCAE.

Sa deuxième lecture de cet engouement est, cependant, plus nuancée. «Nous avons également observé un raccourcissement des délais de publication des articles scientifiques. Si c’est au prix de procédures de relecture  moins rigoureuses, il y a lieu de s’interroger si ce phénomène ne charrie pas des zones de vulnérabilité».

L’affaire The Lancet est la parfaite illustration de cette analyse prémonitoire exprimée par le rédacteur en chef de L’Economiste. Quelques jours après avoir publié un article remettant en cause l’efficacité du traitement à l’hydroxychloroquine, la prestigieuse revue médicale se rétractait le 3 juin, suivie de trois des quatre auteurs, un jour après, dans ce qui allait devenir le plus gros scandale de l’histoire des publications scientifiques.

Mohamed Benabid reconnaît que le Covid-19 a intensifié le besoin d’information et que les arbitrages ne sont pas faciles. «Doit-on privilégier la rapidité ou bien rester fidèle à l’orthodoxie habituelle du protocole peer-review garant de la qualité des connaissances acquises? Au fond, les fausses informations ne seraient-elles pas pires que l’absence d’information?» s’interroge-t-il.

Vigilance, distance et rigueur s’imposent donc. «Il faudrait prendre des précautions pour ne pas céder à l’opportunisme, et à ce que l’on peut considérer comme des recherches Kleenex», surenchérit Abdenbi Louitri, professeur de sciences de gestion à l’université de Marrakech.

Revenir au «réel» en se rapprochant des praticiens

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Cette conjoncture a également poussé les chercheurs à se remettre en question. «La crise nous impose de revenir au réel, de nous rapprocher des praticiens afin de les aider. J’espère qu’elle nous permettra de revenir à quelque chose que nous avons oublié dans le management: la recherche action», souligne Karim Ben Slimane, professeur de stratégie à l’ISC Paris. «Nous avons  perdu ce pan de la recherche très répandu dans les années 80 et 90, et qui répondait à des spécificités du management. Les problématiques se construisaient en interaction entre chercheurs et managers», poursuit-il.

A. Na.

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