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«Living in Times of Corona», des films de l’intérieur

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5770 Le 28/05/2020 | Partager
5 réalisateurs marocains, 5 visions de la vie en confinement
Une série extrêmement touchante, parfois anxiogène, éminemment poétique

Comment vivez-vous le confinement?  Entre éclats de rire, crises d’angoisse, télétravail, cours de cuisine ou moments d’introspections… Voici 5 jolies pépites qui illustrent cette expérience de la façon la plus poétique qui soit. Initié par le studio créatif et incubateur de talents Jawjab, 5 réalisateurs, jeunes et confirmés, nous présentent leur vision de la vie au temps du coronavirus sous la forme de 5 courts métrages de 5 minutes,   réalisés en un temps record (7 jours) à voir sur la page Facebook de Jawjab.

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En consentant à nous laisser pénétrer dans l’intimité de sa relation avec sa grand-mère, Hassan Ouazzani nous offre l’opus le plus émouvant de la série (Ph. Hassan Ouazzani)

Huis clos créatif, Hicham Lasri, Raja Saddiki, Hassan Ouazzani, Mohamed Achaour et Mohamed Mouftakir se sont prêtés à l’exercice. Les opus, partagés entre le 18 et le 22 mai, ont déjà cumulé plus d’un million de vues.  Les 5 cinéastes témoignent tour à tour du changement brutal que le confinement a opéré dans leur vie ou dans celle de leurs proches.

Plan séquence, noir & blanc, stop motion, photographie… À part les contraintes liées au temps de production et à l’espace, les réalisateurs avaient carte blanche pour livrer, dans le format qu’ils voulaient, quelque chose de très personnel sur cette période particulière. «Nous voulions documenter cette période du point de vue des artistes, à travers les images qu’ils produisent, les histoires qu’ils souhaitent raconter», déclare Younes Lazrak, directeur général adjoint chez Jawjab.

Le spectateur s’immisce ainsi dans l’antre de chaque réalisateur, découvre son lieu de vie, sa famille parfois, ses objets personnels. Résultat: une série extrêmement touchante, parfois anxiogène, éminemment poétique qui semble interpeller chacun de nous, tellement les visions personnelles des artistes se muent incontestablement en questions universelles. Pour cause, le premier opus de Hicham Lasri  nous renvoie à cette solitude que nous aurions pu vivre comme une angoisse, à travers un dialogue sans répondant. Une sorte de jeu de cache-cache qui tourne mal.

«Ça part d’un manque affectif, de cette nostalgie de mes enfants, pour en faire une sorte de récit anxiogène (poussant les codes du cinéma) pour donner ce récit à la fois simple, construit, et efficace», analyse le réalisateur. Avec Raja Saddiki, qui mérite une mention spéciale, c’est la nostalgie du monde d’avant qui prend forme dans un entremêlement d’images réelles et de dessins animés créés par la jeune dessinatrice Majda Jarbili.

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«Dreaming in The Time of Corona» de la vidéaste et réalisatrice Raja Saddiki, nous offre une rêverie onirique, faite de choses simples de la vie que l’on conçoit aujourd’hui avec beaucoup de nostalgie (Ph. Raja Saddiki)

«Aujourd’hui nous sommes des milliards à rêver de revivre comme avant, de pouvoir être avec nos mères, nos amis, d’aller à la plage, d’être en contact avec les gens et la nature... Comme tous, nos rêves n’ont jamais été aussi simples que de retrouver notre vie d’avant», explique la réalisatrice et documentariste.

Le photographe et réalisateur Hassan Ouazzani a quant à lui choisi les mains de sa grand-mère, usées par le temps mais toujours habiles, pour nous raconter la vie d’avant et d’aujourd’hui.   Loin des siens, cette dame âgée, mais à l’esprit toujours très vif, ne peut plus compter que sur ses doigts pour vivre.

L’artiste qui consent à  notre intrusion dans sa relation intime avec sa grand-mère, a réussi, certainement, l’exercice le plus émouvant de cette série. Pour Mohamed Achaour, c’est à travers les yeux de son jeune fils que le spectateur peut aisément confondre avec le réalisateur lui-même, qu’il donne à voir les effets du confinement.

La rencontre avec l’enfant que nous étions, un thème récurrent pour lequel opte également Mohamed Mouftakir qui fait écho à une situation que nous vivons tous: celle de l’introspection pendant cette quarantaine forcée. «Un confinement externe mène à un déconfinement interne», explique le réalisateur. Entre les murs de sa maison, sur son petit vélo qui tourne en rond sur la terrasse, l’enfant devient cette voix intérieure de l’artiste qui est, «par essence, un être pour la plupart du temps confiné».

Amine BOUSHABA

 

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