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Mesures anti-Covid-19: Laftit remet les pendules à l’heure

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5753 Le 04/05/2020 | Partager
Les aides dans le secteur informel sont destinées à ceux ayant perdu leurs revenus
L’interdiction du transport entre les villes vise à stopper les contaminations
Cure d’amaigrissement pour les collectivités territoriales

«La philosophie des aides provisoires destinées aux ménages du secteur informel est simple: cibler les personnes qui ont perdu leurs revenus à cause de la pandémie. Il ne s’agit pas d’aider les pauvres», a martelé Abdelouafi Laftit, lors de la réunion de la Commission de l’Intérieur de la Chambre des représentants mercredi dernier(1).

Une manière de corriger une perception très répandue, même chez les parlementaires qui s’étaient étonnés de voir que des personnes pauvres n’ont pas touché d’argent alors que d’autres qui ne sont pas dans le besoin ont été servies. Il a toutefois reconnu que dans le lot, des personnes ont pu passer entre les filets.

Car, poursuit-il, il n'est pas aisé de servir des aides à 4,3 millions de personnes dont 2,3 millions possèdent des cartes de Ramed valables. Pour l’indemnisation des travailleurs du secteur formel affiliés à la CNSS, il y a eu quelques malentendus. En effet, des personnes ont demandé à leur patron de bénéficier de 2.000 DH et rester à la maison. Or, cette mesure n’a pas été faite pour choisir de ne pas travailler tout en gagnant de l’argent, s’est exclamé le ministre.

Lors de cette réunion qui aura duré plus de 2 heures, il a abordé l’étape de déconfinement mais sans en donner les détails attendus par les députés. Il s’est contenté de leur rappeler que le Comité de Veille Economique (CVE) prépare les scénarios de sortie de la crise et la relance de l’économie.

Plusieurs facteurs interviennent dans ce processus dont le niveau de contamination dans notre pays. «C’est prématuré de vous en parler, mais le moment venu, nous discuterons de ce sujet», a noté le ministre qui a abordé d’autres points importants.

                                                                            

■ L’interdiction du transport entre les villes ne sera pas levée en premier

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Si le transport urbain par autobus et taxis a été maintenu, avec une réduction afin d’éviter la contamination, il en va autrement pour la circulation entre les villes. Les autorités interdisent le transport public et privé des personnes entre les régions, celui des marchandises est très encadré. Dans ce dossier, le ministre de l’Intérieur est catégorique: «la levée du transport entre les villes ne doit pas être parmi les dispositions à prendre au début du déconfinement. Il suffit qu’il y ait une personne affectée qui se déplace pour introduire le virus dans la communauté. C’est pour cela qu’il est sage de patienter».

■ Souks hebdomadaires pénalisés

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La population rurale va une fois par semaine pour acheter les provisions de la semaine. Sauf que ces souks sont également des lieux où cette population est privée de vendre des poules, des lapins, des bovins,… Le ministère de l’Intérieur a pris conscience de cette difficulté et travaille sur ce dossier. L’idée est de trouver une solution appropriée permettant aux souks de travailler sans qu’il y ait un danger pour la santé des citoyens.

■ Les collectivités territoriales appelées à se serrer la ceinture

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Sur le plan budgétaire, Abdelouafi Laftit a été on ne peut plus clair: les semaines à venir seront encore plus difficiles. Leurs ressources propres comme celles transférées par son département (TVA) vont chuter. Donc, pour 2020 et l’année prochaine, il ne faudra pas s’attendre à des dotations similaires à celles du passé. Les collectivités territoriales doivent se serrer la ceinture et rationaliser leurs dépenses. Ainsi, avec l’Intérieur, elles doivent faire preuve d’une intelligence collective en réfléchissant ensemble aux solutions alternatives. C’est le cas au niveau des dépenses où il sera impératif de ne garder que ce qui est prioritaire. «Nous devons trouver comment sortir de cette période avec le minimum de dégâts. Les demandes des collectivités vont augmenter et les besoins aussi», a souligné le ministre.

■ Tunnels de désinfection interdits
Le ministre de l’Intérieur a fourni aux députés des éléments sur l’interdiction des passages de désinfection. Le projet initial a été développé par des jeunes promoteurs et sa production a été multipliée, avec une commercialisation poussée. A partir de ce moment-là, il fallait édicter des normes en la matière. Le Maroc, à l’instar d’autres pays, n’en disposait pas. Idem pour les produits utilisés dans ces tunnels de désinfection qui n’étaient pas maîtrisés. Ils pourraient constituer un danger pour les usagers, surtout que ces passages donnent aux utilisateurs le sentiment d’être protégés.  D’où l’interdiction de les utiliser dans les endroits publics.

■ Des arrestations à la clé

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Le ministre de l’Intérieur a relativisé l’ampleur des arrestations des personnes qui ne respectent pas les consignes de l’état d’urgence sanitaire. Pour lui, à peine une vingtaine de personnes par ville sont concernées. Ce chiffre est calculé sur la base du nombre total estimé à plus de 80.000 individus arrêtés sur l’ensemble du territoire, divisé par 40 jours et par une centaine de villes.
Pour Laftit, l’objectif de cette opération est de pousser les citoyens à rester à la maison. Selon les chiffres de mercredi soir, 4.289 personnes ont été interpellées au cours des dernières 24 heures dont 2.179 ont été placées en garde à vue à la disposition des enquêtes préliminaires ordonnées par les parquets. Ce qui donne un total de 85.778 individus interpellés au niveau de l’ensemble des villes du pays depuis le début de l’état d’urgence sanitaire.

■ Pandémie vs sécheresse

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Un député avait suggéré d’utiliser une partie des ressources du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie pour lutter contre la sécheresse. Sur cette question, le ministre de l’Intérieur a été clair: «la sécheresse et la pandémie obéissent à des logiques et des mécanismes différents. Il est donc impensable d’aider la sécheresse par les fonds du Covid-19».

M.C.

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(1) Il s’agit de l’examen du projet de loi n° 23.20 portant ratification du décret-loi édictant les dispositions particulières à l’état d’urgence sanitaire.

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