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Economie

Fruits rouges: Faudra-t-il planter en novembre?

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5749 Le 27/04/2020 | Partager
Les agriculteurs, fortement impactés par la baisse de l’export, s’interrogent
La main-d’oeuvre saisonnière disponible pourrait assurer la continuité
Les marchés européens appellent à consommer local, un handicap

La crise liée à la pandémie mondiale de Covid-19 risque de marquer le secteur à tout jamais. «Le secteur est en train de souffrir», indique Amine Bennani, président de la Fédération interprofessionnelle des fruits rouges, Interproberries.

La baisse de l’export, due à une réduction de la consommation à l’étranger a fait grimper en flèche les frais qu’encaissent les produc­teurs. C’est le cas du coût des me­sures d’hygiène qui a augmenté mais aussi des frais de transport qui ont pratiquement doublé après la baisse des flux.

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Fortement impactée, la filière des fruits rouges cherche à se redéployer sur le marché local. Sauf que le consommateur a une préférence marquée pour les fraises… (Ph. Adam)

«Avant les camions renta­bilisaient leurs déplacements à l’aller et au retour, ce qui n’est plus le cas actuellement», précise Bennani. En effet, bon nombre de transporteurs ne savent pas s’ils auront une cargaison au retour, d’où la flambée des prix.

Lors des premiers jours du confi­nement en Europe la demande avait explosé auprès des ménages qui se sont approvisionnés en masse dans les grandes surfaces, puis elle est aussitôt retombée suite également à la fermeture des restaurants, can­tines et pâtisseries industrielles. «Et dans le circuit de la grande distribu­tion, les producteurs européens ont occupé la scène», souligne le pré­sident de la fédération suite à l’appel «à consommer local» qui a prati­quement écarté les producteurs non communautaires.

A noter que les fruits n’ont pas tous été affectés de la même façon. La baisse de la consommation en Eu­rope a fortement impacté la fraise et la framboise, seule la myrtille conti­nue de résister à cause de l’absence de concurrents. «Pour la fraise, les dégâts ont été limités, le gros de la saison était passé lors du déclenche­ment de la crise.

Quant à la fram­boise, l’année était déjà perdue», explique Bennani. En effet, la baisse de la demande pour la framboise lors de la saison d’hiver en Europe avait impacté les volumes et les prix provoquant un mini-tsunami dans la culture de cette variété très fragile fin 2019.

Les agriculteurs sont actuellement réconfortés dans leur idée de devoir adapter leurs cultures de framboise en optant pour des variétés plus ré­sistantes et craignant moins les aléas du transport.

Quant au marché local, il n’a que très faiblement suivi. Au Maroc, les marchés ne jurent que par la fraise et les habitudes de consommation sont dures à changer. «Les consom­mateurs préfèrent largement, même en milieu urbain, la vente ambulante. Or, celle-ci a été fortement impac­tée vu le confinement, et les ventes ont connu une baisse importante», explique encore Bennani. Quant aux autres variétés, myrtille et framboise, elles ont de grandes difficultés à per­cer vu que le consommateur maro­cain ne les apprécie pas à leur juste valeur. Des essais pour les écouler même sous forme de confiture n’ont pas vraiment abouti.

Toutefois, des points positifs sub­sistent. C’est le cas de l’abondance de la main d’oeuvre, vu que plus des deux tiers des saisonnières qui nor­malement partent en Espagne sont restées au Maroc. Chez nos voisins ibériques, principaux concurrents, dans les champs désertés par les tra­vailleurs, les fruits pourrissent sur leurs branches…

Malgré tout, le flou persiste concernant la future campagne agri­cole qui démarrera en novembre. Cultiver ou attendre? Les agri­culteurs sont actuellement dans l’expectative.

Moulay Bousselham, centre névralgique

La quasi-totalité de la culture des fruits rouges est concentrée dans le Loukkous, à Larache et au Gharb avec Moulay Bousselham comme centre névralgique. Proximité géographique de l’Europe, principal marché, conditions climatiques propices, ressources hydriques importantes et main-d’oeuvre qualifiée et abondante ont favorisé cette région.
Si la culture des fraises est pratiquée depuis la fin des années 70, celle des myrtilles et des framboises, essentiellement tournées vers l’export a été introduite en 2008 avec le lancement du Plan Maroc Vert. En 2017, une nouvelle espèce a été cultivée, celle du mûrier.
Le volume global a connu une forte croissance lors des der­nières années, d’une moyenne de 5 à 10% par an. Les exportations ont pratiquement triplé lors des 15 dernières années pour atteindre les 140.000 tonnes.

Ali ABJIOU

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