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International

2.000 milliards de dollars, le coût du coronavirus

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5717 Le 12/03/2020 | Partager
L’essentiel du manque à gagner (90%) concerne les pays développés
Recul attendu de 15% des investissements directs étrangers

Comment contrer l’impact économique du coronavirus qui pourrait ramener la croissance mondiale sous le seuil de 2,5%? Avec un coût de l’ordre de 2.000 milliards de dollars. Ceci à la condition que le pire soit évité. L’interrogation est fortement soulignée dans le dernier rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).

Une question délicate, tant les trois déterminants de la crise: la capacité de nuisance du virus, l'horizon d'apparition d'un vaccin et la capacité des gouvernants à en limiter les dégâts, restent entourés de grandes incertitudes. Le tout, dans un contexte économique déjà fragile: les niveaux de dette publique et privée de nombreux pays en développement sont très élevés et les rend sensibles à tout choc extérieur. D’autant plus  qu'ils sont économiquement et financièrement liés à la Chine.

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La dette des entreprises, souvent de mauvaise qualité, présente le danger le plus immédiat pour les économies développées, constate la Cnuced. Elle admet avoir, comme tout le monde depuis des mois, «scruté l’arrivée des chocs potentiels, compte tenu des fragilités financières traînées depuis la crise de 2008 et la faiblesse de la demande».

Sans pour autant déterminer le point de départ de la crise actuelle.  Si elle s’avère de courte durée, un dosage de mesures monétaires classiques, limitées à une baisse des taux d'intérêts, mais pouvant inclure des mesures non orthodoxes destinées à réduire les taux à long terme, associées à l'action des stabilisateurs budgétaires automatiques pourraient sauver la mise, comme ce fut le cas lors de la crise du SRAS en 2003.

En revanche, la situation perdure en raison de ruptures du côté de l'offre (du fait de la paralysie de la production notamment), les espoirs d'une reprise reposeraient sur des injections monétaires soutenues et coordonnées des banques centrales en direction des entreprises et de l'emploi, mais surtout sur des politiques économiques très actives.

Pour l’institution onusienne, les banques centrales ne sont pas en mesure de vaincre cette crise à elles seules. «Des dépenses budgétaires agressives sont nécessaires en termes d’investissement public, notamment les secteurs de l’emploi, de la santé et du soutien à l’entreprise», recommande la Cnuced. Sans oublier l’exigence d’une coopération internationale renouvelée. En particulier, des politiques et des réformes institutionnelles s’imposent pour éviter qu’une panique sanitaire locale ne tourne en crise économique globale, est-il souligné.

Pour le moment, la plupart des pays, les développés comme les émergents, enregistrent un ralentissement de leur croissance, voire un repli remarquable. 

A commencer par la Chine qui a accusé un plongeon de 37,5% de son Indice directeur des achats du secteur manufacturier, en février dernier. C’est le plus bas niveau depuis 2004. «Cette baisse implique une réduction de 2% de la production en glissement annuel», rapporte l’étude de l’agence onusienne qui souligne que cette contraction est «la conséquence directe de la propagation du nouveau coronavirus». Cette baisse a entraîné jusqu’à présent un recul estimé à  50 milliards de dollars dans les autres pays. 

Une façon pour la Cnuced de rappeler l’importance de la fabrication chinoise sur de nombreuses chaînes de valeur mondiales. Or les secteurs les plus touchés sont les instruments de précision, la machinerie, l’automobile et les équipements de communication. «Toute perturbation de l’approvisionnement de la Chine dans ces secteurs affecte les producteurs du reste du monde», relève l’agence onusienne.

En effet, de nombreuses entreprises dans le monde craignent que les mesures mises en place pour contenir le Covid-19 (c’est-à-dire les restrictions aux activités économiques et à la circulation des personnes) n’entravent l’approvisionnement en pièces critiques des producteurs chinois, affectant ainsi leur propre production. Par exemple, les exportations intermédiaires de l’industrie automobile peuvent diminuer relativement plus car l’industrie est géographiquement localisée dans la région où l’épidémie s’est produite.

A cet égard, l’étude note que parmi les économies les plus touchées figurent l’Union européenne, avec notamment un impact dans les secteurs des machines, de l’automobile et des produits chimiques. Les autres économies les plus touchées sont les Etats-Unis (machines, automobile et instruments de précision), le Japon (machines et automobile), la République de Corée (machines et équipements de communication), Taïwan (équipements de communication et machines de bureau) et le Viet Nam (équipements de communication).

                                                                                       

Coup de froid sur les IDE

Les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux risquent d’être fortement impactés par le coronavirus tout au long de cette année 2020. D’après la Cnuced, l’épidémie pourrait réduire de 15% le flux d’IDE dans le monde en 2020, par rapport aux estimations du début de l’année.

L’institution onusienne a analysé plusieurs scénarios de l’impact de l’épidémie sur les investissements dans plusieurs régions du monde. Les résultats indiquent qu’«avec des scénarios de propagation de l'épidémie allant d'une stabilisation à court terme à une poursuite tout au long de l'année, la pression à la baisse sur les IDE sera de 5% à 15%».

Selon les auteurs du document, les effets seront inégalement répartis entre les régions. Ainsi, les principaux pays qui connaîtront un ralentissement des IDE seront ceux qui sont le plus gravement touchés par l’épidémie ainsi que ceux qui ont été contraints de prendre les mesures les plus drastiques pour contenir la propagation du virus.

En analysant les nouvelles projections de revenus des 5.000 plus grandes multinationales au monde, on observe que l’Afrique est le continent qui sera probablement le moins impacté. Les projections de revenus des multinationales présentes sur le continent n’ont été revues à la baisse que de 1%, contre par exemple une baisse de 9% au niveau mondial.

Cette situation est due notamment au faible nombre de cas recensés sur le continent. Une situation qui pourrait néanmoins évoluer en raison des trafics importants entre l’Afrique et la Chine, son premier partenaire commercial.

«La crise du Covid-19 aura des répercussions sur les investissements liés au marché, à l'efficacité et à la recherche de ressources. Les projets d'investissement à la recherche de marchés et d'IDE dans les industries extractives pourraient être retardés dans le monde entier en raison de chocs négatifs sur la demande», souligne également la Cnuced.

A.G.

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