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International

Marchés financiers: L’hémorragie s’estompe!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5716 Le 11/03/2020 | Partager
Etats et institutions accordent leurs violons pour atténuer la crise
Légère remontée des cours du pétrole et des indices boursiers

Après le «lundi noir», les places boursières mondiales pansaient leurs plaies, soulagées par la remontée des prix du pétrole et par de nouveaux espoirs de mesures budgétaires. Hier vers 09h00 GMT, Paris, Francfort et Londres marquaient des hausses variant entre 2,5% et 3%.

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Wall Street a poursuivi sa baisse lundi, après un brutal mouvement de correction la semaine dernière, la performance applaudie de Caterpillar ne suffisant pas à soutenir les indices: le Dow Jones a cédé 0,26% et le Nasdaq 1,08% (Ph. Bosrama)

Pas de quoi rattraper la débâcle de la veille qui s’est soldée par un plongeon se situant entre 7 et 9%. L’indice vedette Nikkei a clôturé sur un gain de 0,85%, contre une chute de 5% la veille. A Hong Kong, l’indice Hang Seng a repris des couleurs (+1,41%), tandis que la Bourse de Shanghai a gagné 1,82% et celle de Shenzen 2,42%. Seule exception, mais de taille, la Bourse de Moscou a ouvert en chute libre de plus de 10% après un week-end de trois jours, encaissant la chute du brut et du rouble.

Derrière le rebond des autres places, une forte remontée du cours du pétrole, de plus de 7% pour le brut et de plus de 8% pour le Brent dans les échanges en Asie. L’espoir de nouvelles mesures «de grande ampleur» pour soutenir l’économie américaine a soulagé les investisseurs. Le gouvernement japonais devrait lui aussi annoncer un plan d’aide financière pour faire face aux conséquences économiques de l’épidémie.

De leur côté, les dirigeants européens devaient tenir hier mardi une visioconférence pour coordonner leurs actions face à l’épidémie de coronavirus, tandis que les marchés spéculent également sur un arsenal de mesures de la Banque centrale européenne, qui pourraient être dévoilées jeudi.

«Les marchés voient d’un bon œil cette discussion sur des mesures budgétaires pour soutenir la consommation et l’activité économique», estiment certains analystes. Mais confusion et incertitudes restent les maîtres mots face à l’évolution hors de Chine de l’épidémie Covid-19. Surtout, ses dégâts immédiats dont la baisse de la consommation qui risque de se prolonger. De nombreuses entreprises perdent de l’argent. Les chaînes de production sont désorganisées, les avions cloués au sol, des centaines de salons et manifestations sont annulés les uns après les autres.

Les investisseurs espèrent une réponse internationale coordonnée. C’est également le souhait du FMI. Jusqu’à présent, chaque pays a pris ses propres mesures pour atténuer les effets de l’épidémie.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a ainsi annoncé qu’elle allait injecter quotidiennement au moins 150 milliards de dollars dans le marché monétaire. En Europe, les yeux sont tournés vers la Banque centrale européenne (BCE) qui se réunit jeudi prochain. Les marchés espèrent qu’elle augmentera ses rachats d’obligation d’entreprises.

Par ailleurs, les pays du G7 Finances devaient tenir hier mardi une réunion téléphonique avec le concours des banques centrales. L’objectif est de communiquer pour rassurer les marchés. L’annonce de cette réunion a d’ailleurs contribué à apaiser Wall Street.
En Afrique, le spectre de la crise de 2014 et 2015 pointe déjà à l’horizon. La chute des cours inquiète fortement le continent. On se souvient que la crise de 2014-2015 avait quasiment mis à genoux l’Afrique centrale. Des pays comme le Tchad, le Gabon, la République du Congo n’ont dû leur salut financier qu’à l’intervention du FMI. On avait d’ailleurs frôlé la dévaluation du CFA en Afrique centrale. Autant dire que personne n’a envie de revivre un tel scénario.

Aujourd’hui, les pays africains producteurs de pétrole vont être confrontés à des pertes de recettes pendant quelques semaines, voire des mois. Certains disposent de réserves en devises qui vont leur permettre de tenir mais d’autres sont dans des situations difficiles. Pour le Maroc, qui est importateur net de produits énergétiques, les réserves extérieures permettent de couvrir un peu plus de 5 mois d’importation.

Néanmoins, des rééquilibrages de la situation restent à portée, soulignent de nombreux analystes. Pour ce qui est du pétrole, la remontée des prix pourrait intervenir face à la baisse de production américaine en perte de compétitivité.
En attendant, les producteurs africains devront réduire leurs dépenses publiques. Et sans doute demander à nouveau l’aide du Fonds monétaire international.

                                                                      

La croissance mondiale décrocherait de moitié

«LE coronavirus pourrait réduire de moitié la croissance mondiale», prévient Laurence Boone, l’économiste en chef de l’OCDE. D’où son appel aux gouvernements d’agir pour éviter le pire.

Ce scénario du pire, une croissance à 1,5% seulement cette année alors que l’OCDE tablait sur 2,9%, c’est ce à quoi il faut s’attendre si la pandémie n’est pas rapidement enrayée. Une croissance aussi basse, la plus faible depuis 2009, se traduirait dans certains pays par des récessions, notamment au Japon, en Allemagne ou en Italie.

Sur le fond, les gouvernements n’ont pas les clés pour empêcher une crise économique engendrée par un évènement sanitaire: tant que le danger de la contamination ne sera pas écarté, il est impossible de redémarrer les usines chinoises qui desservent la planète entière en biens intermédiaires ou en biens de consommation. Or c’est bien le confinement de ces usines chinoises qui a provoqué un choc de l’offre, qui peut se propager au reste du monde. Pour le moment la moitié des usines chinoises sont toujours à l’arrêt.

Pour éviter d’attraper le coronavirus, les citoyens des pays les plus touchés, en Chine, en Corée du Sud, mais aussi en Italie et en France, sont invités à rester chez eux ou à éviter les rassemblements. Le moteur de la consommation est donc lui aussi fortement ralenti. Faire primer l’impératif de santé publique au détriment de l’économie est dans ce cas indispensable pour lutter contre la pandémie.

Les gouvernements peuvent cependant agir pour amortir les effets de la crise à venir. Avec des plans de relance. C’est ce que recommande l’OCDE et c’est ce qu’a déjà commencé à faire l’Italie. Elle dépensera 3,6 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et les salariés affectés par les conséquences de la pandémie. Tant pis pour l’orthodoxie budgétaire, Rome a d’ailleurs reçu le soutien implicite de Bruxelles alors que ce plan de relance va creuser son déficit au-delà des limites admises par les traités européens.

En 2008, la mobilisation du G20 avait été déterminante pour faire face à cette crise partie des Etats-Unis. Douze ans plus tard, le G20 pourrait à nouveau être mis à contribution. Avec beaucoup de modestie, car la bonne santé de l’économie mondiale dépend d’abord des capacités à enrayer la pandémie.

A.G.

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