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    Economie

    Séisme à Taghazout Bay

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5700 Le 18/02/2020 | Partager
    Le ministre de l’Intérieur ordonne la démolition de plusieurs constructions pour graves irrégularités
    Une commission d’enquête pour relever d’autres infractions
    Des têtes pourraient tomber
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    Créée en 2011, la SAPST (Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout), au capital de 700 millions de DH, est détenue par quatre actionnaires de référence marocains: SMIT, CDG Développement, Ithmar Al Mawarid et Sud Partners

    Les ordres de démolition pleuvent sur les chantiers de la station balnéaire de Taghazout Bay. Plusieurs composantes du gigantesque projet présentent de graves irrégularités constatées suite à une enquête ayant coïncidé avec la visite royale dans la ville d’Agadir. Ainsi, la société Sud Partners (groupe Akwa), a reçu l’ordre de raser pas moins de 24 villas au niveau du rez-de-chaussée en raison du dépassement de la superficie autorisée.

    Le même opérateur s’est vu reprocher d’autres irrégularités, notamment la construction d’un étage au niveau de l’aile A et D, un niveau souterrain non autorisé au niveau des ailes L, C et D. Le non-respect du coefficient d’occupation du sol (COS) a également valu à Sud Partners la démolition des ailes A, C et L. L’ordre de démolition concerne également le changement de la façade est du pavillon B et du local dédié à la citerne du gaz.

    La foudre s’est également abattue sur Madaef, filiale de la CDG, sommée samedi 15 février, de démolir sous 48 heures 4 chantiers de villas d’une superficie de 160 m2 chacune, non autorisées ainsi que l’ajout de deux chambres supplémentaires sur la façade Sud du 2e étage. Le tout situé dans le chantier de l’hôtel Hyatt Regency.

    L’égyptien Pickalbatros a été pris aussi dans les filets du ministère de l’Intérieur pour infraction à la réglementation en matière d’urbanisme, publiée l’année dernière. Il lui a accordé un délai de 48 heures pour démolir la construction illégale d’un local technique de 100 m2 et de plusieurs magasins au niveau de la terrasse.

    Une commission ad hoc est en train de plancher sur d’autres irrégularités qui pourraient avoir entaché le chantier de la station balnéaire Taghazout Bay, à 18 km d’Agadir. Les investigations devraient déterminer si la vocation des différentes composantes du projet autorisées ont été respectées. 

    D’autres sanctions pourraient donc tomber. La question maintenant est de déterminer les négligences et la chaîne des responsabilités ayant conduit à de graves irrégularités. En attendant les résultats de l’enquête, ordre a été donné pour suspendre les travaux.

    Contacté par L’Economiste, le directeur de l’Agence urbaine d’Agadir n’a pas répondu à notre sollicitation. Le silence des responsables peut s’expliquer aisément par le fait que des têtes pourraient tomber au terme de l’enquête en cours.

    L’idée d’une station balnéaire à Taghazout remonte au début des années 1980. Le projet a connu plusieurs fortunes. L’aménageur-développeur saoudien avait été choisi en 2000 pour construire une station de 20.000 lits sur plus de 600 ha. Le coût de l’investissement avait été estimé à 5 milliards de DH avec une mise des pouvoirs publics de 207 millions de DH.

    Le saoudien n’a pas honoré ses engagements. Si bien que le projet a été confié à Colony Capital, un fonds d’investissement américain en 2006. Nouvel échec constaté en 2011. Le projet sera redimensionné un an plus tard. Le montant de l’investissement passera de 6 à plus de 10 milliards de DH, avec la construction de 12.300 lits au lieu des 8.000 annoncés deux ans auparavant. Il s’agit d’un mix entre 7 établissements hôteliers (60% du programme) et résidentiel. Pour l’heure, les seules unités opérationnelles sont: Riu Tikida Taghazout, sol Taghazout Bay, Hyatt Place Taghazout.

    Le projet Taghazout avait suscité des réserves de Tariq Kabbage, ancien maire de la ville d’Agadir, qui avait refusé de donner son feu vert. Le chantier a été lancé malgré ses multiples critiques. A commencer par la composante immobilière de la station.

    «Comment se permet-on de reproduire les mêmes erreurs commises par différentes stations à travers le monde, telles que les îles Canaries où les Ript sont en perte de vitesse? En effet, les investisseurs hôteliers se sont vu obligés de construire une composante résidentielle alors que cela n’a rien à voir avec leur métier. De plus, la station a été conçue comme un ghetto, coupé de la population», confie l’ancien maire à L’Economiste.

    Ce dernier cite les Ript construites dans le nord du Royaume qui, en dehors de la saison estivale, restent inoccupées. Par ailleurs, l’intégration d’une zone immobilière s’est évidemment effectuée aux dépens de la composante touristique. En effet, la construction de 12.000 lits ne changerait pas grand-chose à la capacité d’hébergement d’Agadir qui compte à peine environ 15.000 lits de qualité sur 28.000.

    La station est aussi déconnectée de son environnement puisque l’ancienne route, qui rappelait bien des souvenirs aux surfeurs et aux vacanciers venus des quatre coins du monde, a été condamnée. A cela s’ajoute, l’absence d’un parking avec suffisamment de places pour accueillir les milliers de visiteurs. L’ancien maire avait milité pour la réalisation d’un front de mer de 20 à 30 mètres à l’image de la promenade d’Agadir qu’il avait réussi à dégager après un long combat avec les hôteliers qui avaient squatté la plage.

    Chiffres clés

    • Superficie totale du terrain:  615 ha
    • Coefficient d’occupation du sol (COS) global: 10,6 %
    • Nombre de lits cibles: 12.892 lits
    • 9 unités hôtelières
    • Capacité touristique cible: 8.022 lits
    • Investissement global prévisionnel: 10 milliards de DH HT.

    Hassan EL ARIF

     

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