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Analyse

Rabat entame la territorialisation de l’offre de soins: Des hôpitaux à tout-va... mais où sont les RH?

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5691 Le 05/02/2020 | Partager
Retraite, manque de médecins et d'infirmiers... L'effectif déjà insuffisant pour l'offre actuelle
Plus de 2 millions de Ramédistes dans la région, dont la majorité traitée au CHU de Rabat
Quid du fonctionnement des futurs hôpitaux?

L’ouverture de nouvelles structures hospitalières au cours des 2 prochaines années va renforcer la capacité litière ainsi que les équipements médicaux. Cela permettra également d'améliorer l’offre de soins pour répondre aux besoins de la population de la région notamment celle inscrite au Régime d’assistance médicale (Ramed).

A ce titre, le directeur régional de la santé rappelle que les immatriculations des bénéficiaires au régime s’élevaient à 826.419 à fin septembre 2019, soit près de 2 millions de personnes. Il s'agit d'un accroissement de 177% par rapport à la population cible lors du lancement du Ramed.

Pour le moment une grande partie des bénéficiaires sont pris en charge par les dix hôpitaux du CHU Ibn Sina dont le nombre a atteint 485.515 personnes en 2018. Toutefois, le système a connu ses limites. «Même si le montant de la subvention accordée par l’Etat avoisine les 350 millions de DH, le montant n'arrive pas à couvrir la totalité des facturations», reconnaît le responsable du CHU. En plus des moyens financiers, la capacité litière du CHU de Rabat (2.347 lits) assure à elle seule près de la moitié de la capacité totale de la région.

Et si l'établissement offre un plateau technique de niveau trois doté d'équipements modernes, les ressources humaines, elles sont en «souffrance». Le CHU ne dispose que de 5.146 fonctionnaires dont 1.982 médecins, toutes spécialités confondues, et 2.347 infirmiers. Et l’effectif du personnel des autres établissements de santé de la région, hors CHU, ne dépasse pas, quant à lui, 1.261 médecins et 2.412 infirmiers.

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Plus de la moitié des médecins de la région sont concentrés à Rabat dans les hôpitaux du CHU. Un effort s’impose pour le renforcement de l’effectif du personnel médical en vue de garantir le bon fonctionnement des futurs hôpitaux dont le nombre dépasse une dizaine d’une capacité supplémentaire avoisinant 880 lits

«Avec les départs à la retraite, cet effectif reste très insuffisant pour assurer le bon fonctionnement des hôpitaux en activité actuellement», est-il indiqué. En l’absence de mesures concrètes pour régler ce problème, la situation va se compliquer davantage avec l’ouverture de près d’une dizaine d’hôpitaux au niveau des préfectures et provinces de la région pour une capacité litière totale avoisinant 880 lits.

Cette carence en personnel pose déjà un sérieux problème au nouvel hôpital de Salé qui a été ouvert au public en mai 2018. Par manque d’effectif suffisant notamment en médecins réanimateurs, l’unité de réanimation n’est pas encore opérationnelle.

Des démarches sont entamées par la direction de l’hôpital pour ouvrir prochainement la banque de sang et l’unité de néonatologie non prévue auparavant dans le programme de cet établissement dont la capacité d’accueil s’élève à 250 lits, indique une source de la délégation de la Santé à Salé.

Selon cette dernière, des efforts ont été déployés pour faire fonctionner la majorité des services de l’hôpital. Il s’agit notamment des services des urgences, de la médecine, de la pédiatrie et de la maternité. S'y ajoutent ceux de chirurgie, de traumato et d’ORL sans oublier les unités de néphrologie-hémodialyse. Selon la source, «en dépit des problèmes rencontrés, les réalisations de l’hôpital restent encourageantes».

Ainsi, on enregistre près 150.000 passages aux urgences par an avec une moyenne de 400 malades par jour et 4.700 accouchements par an. Les équipes de l’hôpital de Salé arrivent à réaliser près de 3.000 interventions chirurgicales par an. Mais la grande prouesse reste celle réalisée dernièrement pour la prise en charge des patients indigents qui souffraient d’une insuffisance rénale chronique.

En partenariat avec une association, la délégation arrive à assurer les séances de dialyse au profit de plus de 100 malades. A cela s’ajoutent 174 autres traités dans les cliniques privées à la charge de la délégation de la santé. Tous ces efforts ont permis de se retrouver avec une liste d’attente avec zéro malade, se réjouit notre source.

Productivité

Les hôpitaux de la région, hors CHU, enregistrent près de 110.000 admissions par an dont 65.000 hospitalisations complètes. A cela s’ajoutent 700.000 passages aux urgences et 35.000 accouchements et 15.000 interventions chirurgicales majeures, ce qui représente la moitié du nombre réalisé par le CHU. Ce dernier enregistre 220.000 passages aux urgences et 82.000 hospitalisations par an. 

                                                                        

Offre de santé dans le monde rural

Les établissements de soins de santé primaire (ESSP) constituent le premier pas d’accès au système de santé dans le monde rural. Ce dernier dispose de 130 unités réparties sur toutes les préfectures et les provinces de la région. Ces établissements offrent un paquet de soins diversifiés comportant le volet préventif, curatif et celui de la promotion de la santé avec 22% de ces ESSP dotés de maison d’accouchement.

Ces prestations sont assurées par 108 médecins et 376 infirmiers au profit d’une population dépassant 1,4 million de personnes, selon la direction régionale de la santé. En plus des structures fixes, la région dispose de 35 unités mobiles qui couvrent 272 points de rassemblements qui ont réalisé 635 sorties en 2018. Parmi les prestations offertes, on cite notamment la consultation médicale, la santé de la mère et l’enfant et le dépistage des maladies dont celui des cancers.

N.E.A.

 

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