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    Analyse

    Migration, mobilité et développement: Le Maroc, au cœur d’une nouvelle vision planétaire

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5671 Le 08/01/2020 | Partager
    Le royaume s’associe aux NU pour analyser transformations, transitions et perspectives
    Objectif: Promouvoir une position unifiée et équilibrée pour mieux gérer les flux

    Il ne se passe pas une semaine sans que l’Université euro-méditerranéenne de Fès (UEMF) ne soit sur le devant de la scène. Ainsi, l’UEMF a organisé dernièrement un workshop autour du thème «Migration, mobilité et développement».

    Initié en collaboration avec EMNES (Le Réseau Euro-méditerranéen pour les études économiques), ce workshop a vu la participation de plusieurs chercheurs, experts, analystes, et autres spécialistes de haut niveau du Maroc et d’ailleurs. Unanimes, ces derniers estiment que «le Maroc doit être un élément moteur de la stratégie migratoire internationale». Décryptage.

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    La Méditerranée est au coeur de toutes les grandes problématiques du développement, migrations, paix, dialogue des civilisations, accès à l’eau, changement climatique... Pour y remédier, il faut construire une zone de prospérité sur la rive Sud de la Méditerranée. En attendant, les mouvements des migrants du Sud vers le Nord s’accentuent et le Maroc est de plus en plus concerné par ces flux. A telle enseigne que le Royaume est devenu le principal point de départ des migrants vers l’Europe. En 2018, cette route qui relie le Maroc et l’Espagne, était la principale voie d’accès maritime à l’Europe, avec plus de 65.000 arrivées sur le sol espagnol, d’après les chiffres publiés par l’OIM. En 2017, les arrivées se chiffraient à 29.000

    ■ Une politique globale et multidimensionnelle mise en œuvre

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    Mostapha Bousmina (Ph. YSA)

    L’évolution du paradigme du système migratoire du et vers le Maroc, sa place d’interface entre les systèmes migratoires euro-méditerranéen et africain, ainsi que l’apport des migrants dans le nouveau modèle de développement en cours d’élaboration, interpellent à plus d’un titre. En ce sens, l’atelier initié à l’UEMF était à la fois riche, dense et intéressant. L’événement s’est donné comme objectif de lier les analyses empiriques de la migration marocaine aux théories générales sur les processus migratoires. Analyser les transformations, les transitions et les perspectives futures de cette migration, faire progresser la compréhension des changements passés et présents des migrations marocaines et déterminer les transformations sociales, économiques, culturelles, démographiques et politiques dans un sens plus large qui expliquerait ces tendances, ne sont pas en reste. «Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc est l’un des rares pays du Sud à mettre en œuvre une politique migratoire globale et multidimensionnelle. De plus, le royaume est très actif au sein de l’Union africaine, en vue de promouvoir une position unifiée et équilibrée», souligne Mostapha Bousmina, président de l’UEMF. «Dans la même perspective, l’adoption du Pacte mondial sur les migrations de Marrakech en décembre 2018 constitue une étape importante dans l’édification d’une nouvelle stratégie de gouvernance des diverses formes de circulation et de migration d’une région à l’autre, et d’un pays à l’autre à travers le monde», rappelle-t-il.

    ■ Une réflexion planétaire à l’initiative des Nations Unies
    Prioritaire dans l’agenda des Nations Unies (NU), la question de la migration touche les cinq continents. La recommandation (des NU) d’organiser des discussions, de structurer et de faire en sorte qu’il y ait l’expression d’une coopération internationale sur ce sujet, n’est pas fortuite. Il en est de même pour l’initiative du pacte mondial de la migration adopté par nombre de pays à Marrakech. Pacte qui est considéré comme «un acte fédérateur de la grande majorité des pays de la Communauté internationale». L’ambition étant d’enclencher une réelle dynamique et un processus structuré. Le Maroc s’inscrit dans ce mouvement planétaire et aborde la migration avec un focus spécifique sur la région Europe-Méditerranée. «Car, le royaume a la nécessité (voire l’obligation) de promouvoir et mettre en œuvre un dialogue, une coopération et une action qui soient le reflet de la réalité de la situation», estime Sijilmassi. Certes, trop souvent le pays a une vision qui peut paraître restrictive en ce qui concerne les questions liées à la sécurité, alors que les ¾ des flux migratoires humains sont avant tout intra et infra-africains. Par conséquent, il y a une réalité des choses qu’il faut rétablir. «Nous ne parlons pas uniquement des flux migratoires clandestins irréguliers, mais des flux migratoires dans leur globalité. Nous évoquons aussi la nécessité de promouvoir la mobilité, dans une logique qui inclut très fortement la dimension du développement», explique Sijilmassi.

    ■ Reconstruire les rapports de co-développement autrement

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    Fathallah Sijilmassi (Ph. YSA)

    Le Maroc a comme objectif d’apporter une nouvelle vision des réalités et des différents paramètres autour d’un sujet de plus en plus prioritaire dans l’agenda international. Au-delà de l’échange que cette rencontre a permis, le workshop a pu dégager des pistes de réflexion sur les possibilités de reconstruire autrement les rapports de co-développement entre les deux rives de la Méditerranée. Orienté autour de quatre thématiques principales, portant sur des causes profondes de la migration, la question du genre et la migration, les migrants et les marchés de l’emploi et enfin le nécessaire approfondissement du dialogue culturel, le workshop a analysé le sujet de différents angles menant vers de nouvelles recommandations stratégiques et opérationnelles. «La problématique de la migration, de la mobilité et du développement est aujourd’hui centrale dans l’agenda international», affirme Fathallah Sijilmassi, initiateur du workshop. L’ancien secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) mesure bien l’importance et les contours de ce sujet au Maroc et au-delà. «Nous avons toutes les bonnes raisons de nous réunir autour de cette thématique et de réfléchir ensemble sur ce sujet, d’en examiner ses particularités, et de contribuer à la réflexion et surtout penser l’action à mener», dit-il. Face à une problématique complexe, avoir un pays qui atteste d’une expérience réussie dans le traitement de flux migratoires est primordial. Ce benchmark utile permet aux uns et aux autres de pouvoir avancer. Surtout que le Maroc est essentiel dans ce dispositif grâce à son positionnement stratégique dans l’axe (en construction) «Europe-Méditerranée-Afrique».

    ■ Consolider une vision globale, équilibrée et concertée
    Avec une expérience plus contemporaine qui constitue une «best practice» et un bon benchmark qui est celui de la politique migratoire, le Maroc est souvent cité en exemple. Le royaume dispose d’un statut avancé avec l’Union Européenne avec une ambition d’aller encore plus loin. D’autant qu’il est un élément moteur dans le cadre de cet ensemble Europe-Méditerranée-Afrique, en particulier sur une question aussi stratégique que migration, mobilité et développement. Le pays est également de plus en plus destinataire et récipiendaire de flux de migrants venant de la région et notamment d’Afrique subsaharienne. Pour mieux gérer ces flux, il fallait structurer avec tous les droits et obligations que tout citoyen porte, mais dans un cadre organisé et structuré. Résultat: Le modèle marocain permet au pays de se placer dans un débat structurant et constructif avec ses partenaires, y compris européens. Mieux encore, le royaume est appelé à «consolider une vision globale, équilibrée et concertée». Ce qui est important dans ce devoir de lucidité et de clarté, est de pouvoir faire la part des différentes réalités, parce que chacune a derrière elle un certain nombre de mécanismes institutionnels qui peuvent être enclenchés. «Il est important de préparer les actions qui correspondent aux différentes réalités identifiées», insiste Sijilmassi. Dans le cadre de cette vision, plus spécifiquement géographique «Europe-Méditerranée-Afrique», le Maroc occupe une place particulière de par son histoire et sa géographie qui font de lui un lieu de passage et de brassage. Par conséquent, cette identité plurielle a fait qu’aujourd’hui notre pays est naturellement au cœur de cette grande réflexion sur la structuration des stratégies à mettre en œuvre pour l’avenir de la migration, la mobilité et le développement. Le témoignage apporté à cet égard par Rym Ayadi, coordinatrice scientifique de l’EMNES, le confirme. «Le Maroc a cumulé de longues années d’expérience dans le domaine de la migration, ce qui lui a permis d’instaurer une politique de régularisation et d’intégration d’un nombre important des migrants. Actuellement, le pays constitue un partenaire privilégié pour et avec l’Afrique. Ce qui a incité l’Union européenne à soutenir le royaume», rassure-t-elle.

    Encourager la recherche

    La question de la gestion des flux migratoires et de la mobilité fait partie de l’ADN de l’UEMF. En effet, cette université est une plateforme d’échange, de dialogue, de réflexion, de promotion, et de coopération. Outre la qualité académique enseignée au sein du campus, les dirigeants de cette institution s’appuient sur les travaux de recherches, en abordant les enjeux peut-être plus graves que ce que peuvent exprimer les chiffres du taux de chômage ou de croissance en relation avec l’augmentation des flux des immigrés. Pour eux, il est fondamental de penser à l’avenir de nos sociétés, et leurs capacités à construire des paradigmes du vivre-ensemble inclusifs. Pour y parvenir, il faut passer du concept de migration au concept de mobilité.

    Youness SAAD ALAMI

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