×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Competences & rh

Selim Sbihi: «Entreprendre? Un challenge personnel pour me réaliser!»

Par Karim Agoumi | Edition N°:5670 Le 07/01/2020 | Partager
Un tétraplégique de 29 ans monte sa propre agence de prod
Challenge, autodérision… Ses principaux leviers de réussite!
Regard de la société, structures inadaptées, frilosité des sponsors… Un parcours semé d’embûches
selim-sbihi-070.jpg

Malgré son handicap des plus contraignants, le jeune tétraplégique Selim Sbihi vient de monter sa propre agence de production de spectacles.  (Ph. S.S.)

Les personnes en situation de handicap sont encore bien souvent négligées voire même marginalisées dans le milieu professionnel marocain. Malgré tout, certains parviennent à trouver suffisamment de courage en eux pour sortir du lot et montrer l’exemple. C’est le cas de Selim Sbihi, jeune tétraplégique qui a su rebondir avec succès à travers l’entrepreneuriat en lançant sa propre agence de production de spectacles. Focus sur un personnage particulièrement inspirant.

- L’Economiste: Pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours?
- Selim Sbihi:
En juillet 2013, ma vie a été entièrement chamboulée suite à un tragique accident de plongeon survenu à Bouznika. Après le drame, j’ai été hospitalisé dans un centre spécialisé à Marseille durant deux ans. Une longue période au cours de laquelle j’ai rencontré des personnes vraies et authentiques qui ont su me motiver pour retrouver goût à la vie. Quelques mois plus tard, j’ai suivi des cours d’improvisation théâtrale à la Villa des Arts de Casablanca, ce qui m’a permis de développer mon réseau et d’élargir ainsi mon cercle de connaissances autant personnelles que professionnelles. Un an après, j’ai suivi une formation pour devenir coach. Un métier qui m’a permis de réaliser un travail sur moi et de prendre conscience de mes potentialités tout en les exploitant.

- Vous avez récemment décidé de devenir entrepreneur. Comment vous est venue l’idée?
- Entreprendre constituait pour moi un challenge personnel pour me réaliser tout en gagnant dignement ma vie. Un moyen de prouver à la société marocaine qu’un handicap – aussi contraignant qu’il soit – ne doit pas représenter une barrière pour monter sa propre société. Autre levier de motivation pour moi, l’autodérision. Se moquer de ma situation a permis d’en atténuer le caractère tragique et de relativiser pour pouvoir aller de l’avant de manière plus confiante.

- Votre agence de prod «Lumiere Events», créée depuis peu, est particulière. En quoi revêt-elle un caractère social?
- L’agence que je viens de mettre sur pied a la particularité de produire des artistes de l’ombre talentueux qui n’ont pas eu la chance d’avoir été mis sur le devant de la scène. Objectif: Faire connaître ces pépites au public et leur permettre de faire carrière. Quant aux salles au sein desquelles ils se produiront, celles-ci assureront une accessibilité totale pour que tous les spectateurs puissent en bénéficier.

- Quelles difficultés avez-vous rencontré durant votre parcours?
- Ma première difficulté a été de pouvoir composer avec la frilosité des sponsors. Bon nombre d’entre eux ne croyaient pas en mes potentialités et refusaient systématiquement mon projet. Ce qui m’a quelque peu déprimé et ralenti dans ma démarche. Chaque refus m’a permis de rebondir, de corriger ma posture et ma stratégie. Mais aujourd’hui, le positionnement de l’entreprise semble bien prendre. Autre frein et non des moindres, devoir me rendre dans des structures inadaptées à mon handicap au point de mobiliser plusieurs personnes afin d’accéder au bureau d’un collaborateur. Fort heureusement, j’ai pu rencontrer durant ce parcours semé d’embûches des acteurs qui ont su me tirer vers le haut et m’encourager à ne jamais abandonner.

- Votre premier évènement met en scène le mentaliste Saad Jennane. Pourquoi l’avez-vous choisi?
- Saad Jennane est un mentaliste talentueux qui a su mettre la psychologie et l’art de la suggestion au service du divertissement. Son show, qui mêle intelligemment autodérision et interactivité avec le public, m’a séduit par les valeurs humaines qu’il diffuse et sa capacité à émerveiller le spectateur.

Propos recueillis par Karim AGOUMI

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc