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    Ingénierie: Les bureaux marocains se sont décomplexés

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
    Les études de barrages réalisées en totalité par les locaux, et 40% de celles du TGV
    Opérateur historique du secteur, CID est devenue une multinationale
    La nouvelle filiale d’Oman s’ajoute à celles d’Abidjan, Tunis et Dakar
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    En trois décennies, les PME d’ingénierie marocaines ont réussi une spectaculaire montée sur la chaîne de valeur. C’est ainsi que CID, Novec et Team Maroc ont réalisé 40% des études du projet de la ligne à grande vitesse de l’ONCF et l’essentiel des travaux de supervision (Ph. Bziouat)

    Créé dans les années quatre-vingt à l’époque où le marché de l’ingénierie des projets d’infrastructure était contrôlé par des firmes étrangères, CID, bureau d’ingénierie et de conseil (300 millions de DH de chiffre d’affaires, 450 salariés dont 200 ingénieurs) est devenu trente ans après, une véritable multinationale.

    A ses filiales africaines (Abidjan, Dakar, Tunis) s’ajoute désormais celle ouverte récemment à Mascate, capitale d’Oman. Pourquoi Oman? «Parce que nous y avons trouvé des partenaires qui voulaient investir dans l’ingénierie», justifie le directeur général, Moncef Ziani.

    Et en termes d’infrastructures, Oman est surtout un pays à fort potentiel. Cette filiale, dans laquelle la PME marocaine est associée à 49-51% avec un partenaire local, a vocation à rayonner sur toute la région du Golfe. En attendant qu’elle monte en puissance, CID lui vient en aide dans les soumissions aux appels d’offres, et, le cas échéant, en dépêchant des experts.

    De ces quatre filiales, c’est celle d’Abidjan qui draine le plus d’activité, c’est aussi la plus ancienne. Ceci explique cela. Ses perspectives sont plutôt très bonnes. La Côte d’Ivoire est engagée depuis plusieurs années dans la réalisation de grands travaux d’infrastructures, des marchés sur lesquels des groupes marocains sont bien positionnés. CID est ainsi impliqué dans des projets de routes, de ponts et d’ouvrages d’art, d’eau, etc.

    Sur certaines opérations, la maison mère intervient en groupement avec sa filiale ivoirienne, mais c’est le principe de subsidiarité qui prévaut dans tous les cas: tout ce qui peut être pris en charge par la filiale est réalisé par les équipes. C’est surtout un avantage compétitif lorsqu’il faut concourir aux appels d’offres avec de redoutables concurrents européens. Comme la filiale omanaise, celles d’Abidjan et de Dakar couvrent les marchés de l’Afrique de l’Ouest.

    Pour le management de CID, le développement passe par l’international car la demande stagne au Maroc. «Il y a toujours plus de concurrents à se partager un gâteau qui se rétrécit», explique Moncef Ziani, directeur général. Le plan stratégique 2017-2026 de la société vise de porter à 50% la part du chiffre d’affaires à l’export contre 28% actuellement. A moyen terme, l’objectif est de réaliser en moyenne une croissance de 3 à 5% par an au Maroc, et 15% à l’export.

    Sur les marchés africains, l’opérateur évite de tout focaliser sur la zone de confort de l’Afrique francophone car les projets y évoluent en dents de scie tout en restant alerte sur la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Cameroun, «des marchés à fort potentiel».

    Certains pays prometteurs, il y a dix ans, ont des difficultés non seulement à lancer de nouveaux projets, mais également à honorer les engagements des programmes en cours. Dans ce lot, on trouve des pays pétroliers comme le Gabon, l’Angola, le Tchad, etc.

    La réussite d’une entreprise comme CID a décomplexé les opérateurs marocains de l’ingénierie. Aujourd’hui, 90% des études de grands projets au Maroc sont effectués par des structures locales, affirme le directeur général de CID. Sur les ports de Nador West et de Kénitra Atlantique, les études ont été réalisées par CID.

    Pareil pour les autoroutes dont les études d’ingénierie sont réalisées par les bureaux marocains. Mais c’est dans des projets de barrages que cette «marocanisation» a été spectaculaire: l’intégralité des études est trustée par les PME locales.

    L’expérience accumulée a permis à ces dernières de monter sur la chaîne de valeur. C’est ainsi que CID, Novec et Team Maroc se sont retrouvés sur un chantier aussi complexe de la ligne à grande vitesse. A eux trois, ces bureaux ont réalisé 40% des études et la supervision des travaux. Pareil pour le chantier du tramway sur lequel CID s’est positionné dès le départ.

    Pour approcher les marchés africains, il faut en finir avec des raccourcis et des clichés, prévient Moncef Ziani, directeur général de CID. Primo, «il n’y a pas une Afrique mais des Afrique», insiste-t-il. On ne fait pas du business au Niger comme on en fait au Kenya. Il faut connaître les sensibilités, les spécificités de chaque pays.

    Secondo, s’associer autant que faire se peut  à un opérateur local. «Pour nous, ce schéma nous permet d’être compétitif  et de pérenniser notre business», tient à souligner le DG de CID. Quid du règlement sur ces marchés? Il faut distinguer entre deux catégories de projets.

    Ceux qui sont soutenus par les bailleurs de fonds internationaux pour lesquels les paiements s’effectuent avec beaucoup de célérité, et les projets à financement local. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais eu de problème, mais il faut recourir aux instruments classiques pour sécuriser le paiement. Notez par ailleurs que les circuits de paiement des marchés publics sont plus courts en Afrique subsaharienne que dans l’administration marocaine; en tout cas, ils sont moins complexes.

    Le problème de sécurité commence à impacter les travaux de réalisation des infrastructures en Afrique. Plusieurs chantiers sont aujourd’hui sous haute surveillance. Dans toute la bande du Sahel, les entreprises qui réalisent les projets d’infrastructure exigent du maître d’ouvrage des mesures de sécurité supplémentaires. Il arrive que les ingénieurs se déplacent avec escorte et certains endroits du Sahel sont devenus infréquentables. De manière générale, l’insécurité devient un frein au développement de l’infrastructure.

    Ce tableau pourrait-il contrarier les objectifs du plan stratégique de l’entreprise? «C’est pour cette raison que nous diversifions notre activité vers d’autres régions, notamment en Afrique de l’Est et les pays du Golfe», explique Moncef Ziani.

    BMCE Bank, 1er actionnaire 

    BMCE Bank est l’actionnaire principal de la société avec 40% du capital. Le reste est détenu par l’Agence nationale des ports (33%), le LPEE et la Sned (Société nationale des études du détroit). Même si 60%  de son capital sont entre les mains d’établissements publics, CID est une entité de droit privé à configuration de partenariat public-privé. Cette prépondérance d’entités publiques dans le tour de table n’a jamais été un obstacle au développement de l’entreprise, explique son directeur général. La preuve, dit-il, «tous les actionnaires avaient souscrit à l’augmentation de capital d’il y a six ans». C’est à la suite de cette opération que BMCE Bank est montée à 40%. Il est vrai que le bureau d’ingénierie est une valeur sûre. L’entreprise est bénéficiaire au moins depuis dix ans et distribue des dividendes.

                                                                                   

    Une toile tissée sur les marchés africains

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    Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, inaugurant, il y a quelques semaines, le barrage de Samendéni. D’une capacité d’un milliard de m3 d’eau, c’est le plus grand ouvrage hydraulique du Burkina Faso. Il est muni d’une centrale électrique de 18 GWh/an. Le bureau d’ingénierie marocain CID a assuré la supervision des travaux pendant cinq ans. «C’est l’une de nos plus belles références sur le continent», assure Moncef Ziani, son directeur général (à gauche du président de la République du Burkina Faso).

    En Tunisie, CID assure depuis trois ans le contrôle des travaux du barrage Mellegue. Il s’agit d’un barrage en béton compacté au rouleau, d’une hauteur de 68 m et d’une  longueur de 432 m.
    Les équipes de CID conduisent par ailleurs plusieurs projets d’envergure en Afrique de l’Est, nouveau marché prioritaire de l’entreprise. Il s’agit en particulier du projet de transfert d’eau au Soudan sur près de 600 km du fleuve du Nil vers la ville de Port-Soudan, de la réhabilitation du barrage Thika au Kenya, de la future capitale de Rameciel au Soudan du Sud. Les études d’ingénierie  du projet sont financées par le Maroc. A Djibouti, CID est également engagé dans des projets de développement urbain et de l’extension de l’aéroport.

    En Côte d’Ivoire, le bureau d’ingénierie marocain assure actuellement la supervision des travaux du nouveau terminal à conteneurs au port d’Abidjan ainsi que dans l’aménagement de la baie de Cocody.
    Le Kenya a un impressionnant programme d’infrastructures mais la compétition y est impitoyable. Sur certains appels d’offres, le cabinet de conseil et d’ingénierie marocain est en compétition avec une trentaine de soumissionnaires, des Européens et surtout des Indiens et Pakistanais.
    A Nairobi, les Indiens sont presque chez eux, le Kenya abritant historiquement une importante diaspora originaire du sous-continent.

    Abashi SHAMAMBA

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