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Economie

Exclusif - Inédit, comment l'armée s'implique dans la formation professionnelle

Par Amin RBOUB | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
Bilan d'étape de l'opération Service militaire
Prochaine phase: 8 mois de spécialisation
Mécanique, électricité, informatique, prévention, sécurité... Les métiers ciblés
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Cérémonie officielle et parade au Centre de formation de Guercif: Des appelés, des hommes de troupe et des sous officiers défilent, fusil à l'épaule, avec treillis, brodequins, crispins (cache chaussures), écharpe et gants blancs (Ph. Bziouat)

C'est le premier bilan d'étape de l'opération Service militaire des Forces armées royales. Au terme de 4 mois d'intégration et d'immersion dans la vie des militaires, les appelés de Guercif entament une nouvelle étape de 8 mois dédiée à la formation professionnelle qualifiante.

Les jeunes de cette 36e promotion viennent de boucler la première étape dédiée à la formation commune de base (FCB). Une étape cruciale de 4 mois qui porte sur l'intégration, l'assimilation de l'instruction militaire, les gestes et postures de l'armée, le règlement intérieur des casernes, la discipline, la rigueur, le respect de la hiérarchie, le sens de responsabilité et de l'intégrité...

Parmi les exercices qui ont marqué les jeunes de la 36e promotion au centre de formation de Guercif, le parcours du combattant, le maniement d'armes, le sport, les exercices d'endurance, la levée des couleurs ou encore le combat rapproché (appelé dans le jargon: le corps à corps)... «Le service militaire est un exercice à multiples enjeux pour développer l’autonomie, la rigueur, le respect, l’esprit d’équipe, le sens de l’organisation et de la responsabilité et surtout... le patriotisme.

Au terme des 12 mois, la formation garantira une meilleure insertion sociale et professionnelle aux jeunes bénéficiaires», tient à préciser le Général El Zayed Jazouli, inspecteur des Blindés. «Tous les moyens matériels, humains et techniques ont été mis en place pour garantir le succès de cette opération d’envergure nationale», assure un lieutenant sur place.

Au total, le centre de formation (relevant de la Brigade des Blindés) de cette petite ville de l'Oriental a accueilli 2.936 appelés. «J'avoue qu'au début, nous avions peur de l'institution militaire. Le monde civil raconte tellement d'histoires et anecdotes fausses sur le service militaire.

A présent, nous réalisons que tout ce qui se raconte n'a rien à voir avec la réalité. Au contraire, nous avons beaucoup appris de cette formation qui va nous être très utile à l'avenir à la fois dans notre vie professionnelle et personnelle. Nous en sortirons avec un statut social valorisant», témoigne un jeune appelé de 24 ans. L'âge moyen des volontaires et convoqués varie entre 18 et 24 ans. La majorité a un niveau d'études sanctionné par un diplôme de lycée et collège. S'ensuivent les universitaires qui représentent des effectifs importants.

Le premier bilan d'étape dressé par les officiers supérieurs de l'unité de Guercif aura été concluant. «Durant la première phase de formation commune de base, les appelés ont fait preuve de discipline, d'enthousiasme et d'abnégation», déclare sur place le lieutenant Mokhliss Himmich. A l'issue de cette première phase de formation, les appelés ont prêté serment devant leurs officiers supérieurs, instructeurs et encadrants.

«Le bilan a été satisfaisant à plus d'un titre. Non seulement grâce à l'implication et l'engagement de tous les responsables et à tous les niveaux du programme, mais aussi à l'adhésion et l'implication des assujettis», précise une source à l'Etat Major général des Forces armées royales (FAR).

Concrètement, le programme de la 1re étape a été riche en activités à la fois théoriques et pratiques: «La formation comprend des matières théoriques relatives au domaine militaire, notamment le règlement, le développement personnel, la sécurité militaire...», explique à L'Economiste une source autorisée à l'Etat major. Parallèlement, les appelés ont bénéficié de programmes intensifs d'activités sportives pour améliorer leurs conditions physiques.

Parmi ces exercices, figurent les marches d'endurance, les séances intenses de parcours du combattant ou encore le combat corps à corps. Pour rappel, le parcours du combattant repose sur des exercices d’un entraînement physique dans des conditions extrêmes pour apprendre les techniques de franchissement d’obstacles. «Il y a deux types de franchissement: de compétition et utilitaire dans un environnement difficile tels que le fleuve, la forêt, la montagne, zones rocailleuses...», explique un sergent chef.

Il s'agit là de simuler des situations en terrain hostile (les poutres en zigzag, le mur d’escalade, les poutres jumelles, la corde, le mur d’assaut, la pente, le petit mur, le gué, les plots, la fosse, ou encore des zones à franchir en rampant sur les barbelés...)

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Le Général Zaïd El Jazouli, inspecteur des Blindés, et le colonel plein, directeur du Centre de formation de Guercif (derrière), passant en revue le détachement des appelés de la 36e promotion des appelés  qui prêtent serment (Ph. Bziouat)

Au terme de la 1re phase concluante d'intégration et de formation commune de base, une sortie sur le terrain (de 7 jours) aura permis aux jeunes appelés de «s'accoutumer à la vie en campagne ainsi que des séances de tir avec des armes individuelles», confient les officiers instructeurs.

Désormais, le stage passe à la seconde étape, appelée phase de spécialisation. En effet, au terme de la formation commune (FCB), le Centre de formation de Guercif déploie un programme de spécialisation et de formation qualifiante. Une opération qui va bénéficier à 2.000 appelés dans différentes spécialités. Parmi les modules retenus, figurent la mécanique auto (aide mécanicien), l'électricité (aide électricien), la prévention (agents de sécurité) ou encore l'informatique.

Par ailleurs, «un millier d'appelés seront répartis dans des unités de combat et de soutien à travers les régions du Royaume», annonce-t-on auprès de l'Etat major général des FAR. Bien évidemment, la répartition des bénéficiaires par spécialité repose sur des critères précis tels que le niveau de scolarité et d'études ou encore leurs affinités, prédispositions et appétence pour chacune des disciplines.

L'actuelle phase du stage, qui s'étend sur 8 mois, implique de multiples enjeux à la fois sur le plan pédagogique, didactique, technique et social. «Cette phase de spécialisation a pour objectif d'assurer la formation des appelés dans différentes spécialités.

C'est aussi une expérience unique d'apprentissage de métiers et un atout supplémentaire pour une meilleure intégration socio-économique dans le marché du travail», expliquent les instructeurs. Il va sans dire, cette phase professionnelle de spécialisation du service militaire comprend une panoplie de métiers et disciplines.

Parmi elles, la formation à la maîtrise de la profession d'agent de prévention et de sécurité, l'informatique, les aides moniteurs de sport, les aides mécaniciens auto ou encore les aides électriciens... Pour alléger les programmes, encourager les méritants et motiver les troupes, les officiers supérieurs et dirigeants du centre de Guercif prévoient d'accorder des permissions exceptionnelles et de longue durée aux appelés et ce, pour différents motifs.

36e promotion

Pour rappel, l'opération de sélection et recrutement des appelés au service militaire pour l’année 2019-2020 a démarré le 19 août. Après le test médical et les exercices de condition physique, 15.000 bénéficiaires ont été admis  à l’échelle nationale. Le coup d'envoi de la promotion 36 a été donné par des Généraux des Forces armées royales en septembre 2019. Au total, 17 unités militaires réparties sur l’ensemble du territoire ont été mobilisées pour accueillir et former cette promotion d'envergure nationale. Les centres de formation et casernes concernés sont répartis dans différentes régions du Royaume, de l'Oriental aux provinces du Sud en passant par le Centre et le Nord du Maroc. Parmi les villes concernées, figurent Oujda, Guercif, Tadla, Meknès, El Hajeb, Guelmim, Laâyoune, Dakhla, Mediouna, Casablanca, Kénitra, Agadir, Al Hoceïma, Larache, Bouarfa... Tout au long de la période du stage (12 mois) , les jeunes ayant moins que le bac percevront une solde de 1.050 DH, 1.500 DH pour les bacheliers et 2.000 DH pour ceux qui ont la licence-master et plus. La grille varie en fonction du niveau d’études et diplômes fournis.

                                                                                 

Des droits, mais aussi des devoirs...

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«L’armée, c’est un engagement moral avec des droits et des devoirs», insiste le Général des Blindés. D’ailleurs, tous les appelés ont signé un contrat devant le Général qui les engage tout au long de la période du stage.  «Vous devez savoir que ce centre de formation militaire est régi par un règlement interne qu’il va falloir respecter scrupuleusement», tient à préciser le Général. Autrement dit, ceux qui ne se conforment pas au règlement risquent des mesures disciplinaires. Sur le chapitre des devoirs, les appelés sont tenus par la confidentialité et le secret professionnel. L'encadrement veille au grain pour que le contenu du stage reste à l'intérieur des casernes et centres de formation. «Pour garantir la confidentialité des informations dispensées à l'intérieur des casernes et centres rattachés, des séances de sensibilisation sont constamment animées au profit des appelés en plus de l'engagement et la vigilance du staff de l'encadrement», tient à préciser un haut gradé qui insiste sur l'accompagnement régulier et l'orientation des bénéficiaires tout au long de la période du stage. De surcroît, «des mesures actives et passives sont d'ores et déjà prises pour une meilleure prévention». Ces mesures viennent anticiper tout dysfonctionnement ou incident susceptible d'entacher le bon fonctionnement de la formation.

Amin RBOUB

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