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    Entrepreneuriat: Seulement 6 porteurs de projets sur 100 passent à l’acte

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5656 Le 17/12/2019 | Partager
    Gros écart entre intention de création et concrétisation
    Moins de la moitié connaissent les dispositifs d’accompagnement, 2% y recourent
    La fac de droit Aïn Chock partage des résultats de l’enquête GEM Maroc
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    Sur les 3.500 adultes interrogés dans le cadre du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) Maroc, 30% portaient l’idée de créer leur entreprise en 2018, mais 6% seulement ont franchi le pas 

    Pour se lancer en entrepreneuriat, les Marocains y vont seuls. Uniquement 2% des porteurs de projets recourent à un dispositif d’accompagnement. Afin de dresser le bilan des meilleures pratiques en entrepreneuriat sous nos cieux, le centre Links a abrité un workshop de deux jours sur le sujet, la semaine dernière.

    Une manifestation organisée par la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Casablanca-Aïn Chock, en partenariat avec l’Université de Sherbrooke, qui a aussi partagé avec un public d’étudiants et d’experts l’expérience canadienne dans le domaine.

    La rencontre a permis de faire état de la situation de l’entrepreneuriat sous nos latitudes. D’après les résultats de la dernière étude Global Entrepreneurship Monitor (GEM), réalisée au sein du laboratoire de recherche de la faculté, l’on observe un réel écart entre l’intention de monter sa startup et le passage à l’acte.

    «Pas moins de 30% des 3.500 adultes interrogés avaient l’idée de créer leur entreprise mais 6% seulement ont fait le pas», confie le directeur du centre, également Team leader de GEM Maroc, Khalid El Ouazzani. La peur de l’échec y est pour beaucoup. Près des deux tiers abandonnent pour cette raison. D’après l’enquête, les dispositifs d’accompagnement déployés ne sont connus que par 47% des interviewés. Des chiffres prouvant que les systèmes de soutien mériteraient d’être mieux vulgarisés.

    Le directeur de Links s’est arrêté sur les points forts des organismes d’accompagnement de la place. Parmi les plus prometteurs, le centre des TPE solidaires. Un incubateur créé par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, dont la particularité consiste à faire émerger des porteurs de projet au sein de populations défavorisées.

    «Cette structure réalise l’un des taux de survie les plus importants du pays. Il faut savoir que 85% des entreprises qui y sont passées tiennent encore debout après 3 ans. Une prouesse!», explique El Ouazzani. Le secret de son succès? Un dispositif d’accompagnement complet, mettant à la disposition des candidats des conseillers rigoureusement formés, un appui financier et logistique ainsi que des formations pointues.

    Autre modèle inspirant, dont la recette pourrait être généralisée, celui des programmes de culture entrepreneuriale, tels que l’EFE (Education For Employment), ou encore, Injaz Al Maghrib, qui mettent concrètement des étudiants en situation d’entreprendre pour stimuler leur créativité et doper leurs aptitudes à monter un projet.

    L’on retient également la multitude d’incubateurs récemment apparus sur le marché – dont notamment La Factory et l’espace Bidaya – qui proposent aux jeunes les plus inspirés un accompagnement intégré, incluant étude de préfaisabilité, prototypage et brevetage.

    La question du manque de financement reste, en outre, capitale. Parmi les plus recommandées notamment, le développement du prêt d’honneur. «La grande majorité des porteurs de projet éprouvent des difficultés à accéder à un financement bancaire. La faute à une décrédibilisation qui rend frileux bon nombre des organismes financiers à leur égard», explique le directeur.

    La rencontre a, par ailleurs, permis de présenter la recette canadienne en matière d’accompagnement de porteurs de projet. L’occasion notamment de s’arrêter sur le cas de l’accélérateur entrepreneurial Desjardins (AED) de l’Université de Sherbrooke. Le concept de cet incubateur? Former les jeunes à développer humainement leur projet, et pas uniquement à bâtir leur entreprise.

    «Nous permettons à nos étudiants de vivre pleinement leur projet et d’acquérir des valeurs essentielles à leur personnalité, en plus des compétences techniques. Parmi ces dernières, la capacité à apprendre de ses échecs et la prise de risque», confie le directeur de la structure et professeur d’entrepreneuriat à l’Ecole de gestion de l’Université de Sherbrooke, Jean Bibeau.

    «Une nuance d’ordre pédagogique qui fait toute la différence une fois les jeunes lancés sur le terrain», ajoute le spécialiste.

    Un écosystème axé sur l’entrepreneur

    La création d’un écosystème entrepreneurial se fonde sur les exigences des jeunes porteurs d’idées, et non l’inverse, d’après les participants au workshop organisé par le centre Links et la faculté de droit de Casablanca sur l’entrepreneuriat. Pour mettre sur les rails leurs projets, ces derniers doivent identifier leurs principaux besoins. «Il incombe ensuite aux différents acteurs du marché de les orienter vers les solutions les plus appropriées, qu’il s’agisse de solutions financières, de formation ou de matériel spécifique», précise le professeur d’entrepreneuriat à l’Ecole de gestion de l’Université de Sherbrooke Jean Bibeau. Un process pouvant être sensiblement accéléré et amélioré par une démarche de réseautage. «Les coachs et les mentors disposent d’un background conséquent qui, une fois transmis, peut considérablement tirer vers le haut tout jeune entrepreneur», précise l’expert.

                                                                         

    Anapec, Saleem et les autres…

    Ces dernières années, les initiatives se succèdent afin d’appuyer les porteurs de projets et encourager l’esprit d’entreprendre. Parmi elles, Saleem, soutenu par l’Union européenne. Ce dispositif a introduit, depuis décembre 2018, le Statut national d’étudiant entrepreneur (SNEE).  Près de 180 jeunes porteurs d’idées innovantes y ont souscrit. L’occasion pour les candidats soigneusement sélectionnés de bénéficier d’un accompagnement d’une année, réalisé par des experts nationaux et internationaux.

    Parmi les critères pris en compte par le jury, l’apport d’une réelle valeur ajoutée et la pertinence du projet. Objectif: développer la fibre entrepreneuriale chez ces jeunes et les outiller suffisamment pour qu’ils puissent concrétiser leur rêve. «Ce statut représente une pré-incubation avant de débarquer sur le terrain», confie dans ce sens le directeur du pôle Saleem à Casablanca, Anass Kettani.

    «Pour cette première promotion, 10% de nos bénéficiaires ont pu créer leur propre entreprise, et pas moins de 60% ont pu en réaliser un prototype fiable», ajoute le responsable.  Autre acteur impliqué dans ce domaine, l’Anapec accompagne actuellement 3.500 entrepreneurs, de la phase de pré-lancement à la concrétisation du projet.

    Elle offre un service de proximité entièrement adaptable proposé au sein des principales régions et déployé par une centaine de conseillers spécialisés formés à cet effet. La structure a également réalisé en 2016 un diagnostic qui a permis de mettre en exergue les secteurs les plus porteurs en matière d’entrepreneuriat.

    Enfin, la région de Casablanca-Settat étudie actuellement la réalisation d’une offre régionale à destination des entreprises et des startups.

    Karim AGOUMI

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