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Analyse

Exclusif/Oued Chbika: Les petits secrets d’un grand projet...

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5647 Le 04/12/2019 | Partager
L’aménageur «casque» depuis 13 ans pour maintenir l’idée du projet, sans rien voir venir
Il veut toujours le remettre sur les rails, mais «sa patience a des limites»
Pourtant, cette ville touristique intégrée serait une véritable manne pour les provinces du Sud
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Ce qu’aurait pu devenir le projet au Maroc...

Situé à 50 km au sud de Tan-Tan, oued Chbika est un site naturel hors pair qui devait accueillir une ville touristique intégrée, tout en préservant la faune et la flore... Le projet est resté dans les tiroirs pendant 13 ans. Après avoir patienté aussi longtemps, le promoteur, le milliardaire égyptien Samih Sawiris, est prêt à jeter l’éponge... Vu ce qu’il a réussi à faire du désert d’ El Gouna en Egypte, les provinces du Sud perdraient une fabuleuse chance de voir la poussière se transformer en étoiles (touristiques, bien entendu) (Ph. L’Economiste)

C’est un des premiers projets touristiques annoncés en 2007 pour les provinces du Sud. Il y a 13 ans et alors que le Maroc peinait pour mettre en place une véritable offre balnéaire, Chbika avait été identifié et rapidement confié à un grand aménageur et spécialiste des zones désertiques, Orascom development holding, détenteur de 65% du capital de Chbika holding company, et 35% à CDG Développement.

Objectif: faire de ce site une ville intégrée. Le projet devait être complètement différent des autres dans le sens qu’il démarre avec l’hôtellerie et devient par la suite une ville avec la partie immobilière. C’est ainsi que la convention stipulait que le projet se ferait en deux phases. La première tranche du projet concernait 500 hectares sur un total de 1.500 dédiés à l’ensemble du programme.

Un premier calendrier avait été fixé pour 2015 et qui comprenait la construction de huit unités hôtelières 4 et 5 étoiles comportant 2.500 chambres. Soit donc une capacité d’accueil totale de 7.500 lits. Le programme résidentiel intéressait 1.851 unités entre villas, riads et appartements pour une capacité similaire de 7.500 lits en plus d’un terrain de golf (18 trous), d’un port de plaisance, d’un centre d’artisanat et d’autres commerces et restaurants…

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... Ce qu’est El Gouna aujourd’hui

Chbika Holding Company devait s’inspirer de la ville construite dans le désert d’Egypte, El Gouna, un véritable paradis touristique. Créée il y a plus de 20 ans, cette station, qui s’étale sur 10 km2 de front de mer, comptait un hôtel de 200 chambres... Aujourd’hui, il s’agit d’une des stations touristiques les plus prisées en Egypte. Plus de 10.000 personnes vivent sur ce site où des petites îles sont reliées par des lagons. Cette «Venise du désert» compte son propre réseau routier, son aéroport, ses structures de santé au top des technologies, et même son propre festival du film! (Ph. Spiegel)
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Situé à 50 km au sud de Tan-Tan, Oued Chbika est un site naturel hors pair. Il est même un refuge pour les oiseaux migrateurs, principalement les flamants. La force d’Oued Chbika réside surtout dans sa position géographique puisque les hôtels peuvent ouvrir 12 mois/12 grâce à l’ensoleillement permanant dans cette région.

Comme toutes les autres villes de marque de l’ODH, Chbika devait disposer d’installations ultramodernes, notamment d’un port de plaisance, de boutiques et de restaurants, ainsi que d’un centre d’artisanat de style médina et d’un centre médical. En 2009, les travaux d’aménagement de la première tranche de la station touristique sont lancés en grande pompe par Mohamed Boussaïd, à l’époque ministre du Tourisme (cf.leconomiste du 2 juillet 2009). On n’entendra plus parler de cette station jusqu’en 2012.

Lors d’une réunion à Tan-Tan, le wali de la région de Guelmim-Es Smara appelle l’aménageur à l’ordre et lui demande d’accélérer la cadence de réalisation de ce grand projet touristique et honorer ses engagements dans les plus brefs délais (cf.leconomiste du 18 décembre 2012). Et puis, plus rien. De nouveau, Chbika disparaît des radars.

A partir de 2013, plus personne n’y croyait. Entre le moment de la signature de la convention pour le développement de la station de l’Oued Chbika, avec l’Etat en 2007, et le début des travaux du projet, 6 ans sont écoulés. Pendant ce temps, le groupe égyptien a traversé plusieurs crises, mais n’a jamais manifesté sa décision de retrait de Chbika. Pour le PDG d’Orascom development, Samih Sawiris, au-delà de l’énorme retard pris, par le marathon procédural, la société a été rattrapée par les conséquences de la crise dans l’immobilier et a été ensuite lâchée par son partenaire français.

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Les Sawiris ont même installé un festival du film à El Gouna en Egypte qui est à sa 3e édition... Marrakech n’a qu’à bien se tenir!

Visiblement, Sawiris tient encore à ce projet et souhaite le remettre sur les rails. Et c’est un grand signe de confiance en la destination Maroc. Il a repris son bâton de pèlerin et a déniché d’autres partenaires: le TO allemand FTI, 4e plus grand voyagiste mondial, ainsi que plusieurs partenaires marocains de l’hôtellerie devraient être de la partie et remporter le défi. A noter aussi qu’Orascom development détient des participations de 30% à FTI.

L’aménageur souhaite aujourd’hui ouvrir une nouvelle page et démarrer avec deux hôtels et une marina. Avec ce nouveau partenariat, Chbika pourra-t-elle échapper à sa malédiction? Sawiris l’espère fortement. Comme toute destination, elle a besoin aussi d’un solide plan de vol à partir de l’aéroport Tan-Tan vers les marchés cibles. Sans aérien, le projet serait de nouveau voué à l’échec. Il serait judicieux de faire du lobbying et d’avoir un minimum de trois vols hebdomadaires pour relier cette station ou ville intégrée au reste du monde...

Badra BERRISSOULE

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