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La Bourse attend Aradei Capital

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5646 Le 03/12/2019 | Partager
La foncière se prépare à une entrée sur le marché boursier
Pas de transformation en OPCI prévue
Diversification sectorielle, ouverture vers l’Afrique… les perspectives
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Nawfal Bendefa, PDG d’Aradei Capital: «Notre priorité est de continuer notre croissance tout en maintenant les dividendes annuels. Parallèlement, nous devons également écouter les attentes d’un marché atone qui nous appelle pour une introduction en bourse» (Ph. Aradei Capital)

- L’Economiste: Estimez-vous la publication trimestrielle comme une contrainte supplémentaire?

- Nawfal Bendefa: Bien au contraire, c’est un pas de plus vers la transparence et une excellente opportunité pour améliorer les standards de gouvernance des entreprises marocaines. Par ailleurs, en communiquant plus souvent, nous éviterons désormais des périodes longues de silence pendant lesquelles les investisseurs n’ont accès à aucune information. Enfin, c’est un signal fort au niveau international puisque le Maroc est désormais aux mêmes standards que la plupart des pays en termes de communication financière. Il faut d’ailleurs également souligner qu’il nous est également demandé de produire un rapport ESG au moment de la publication de nos résultats annuels. Nous avons mis en place un plan «Bricks for Impact» que nous présenterons bientôt et qui portera des actions sociales, environnementales et citoyennes qui auront un impact réel.Il est important de notifier qu’Aradei Capital a anticipé la législation puisque, pour pouvoir accueillir la Berd parmi nos actionnaires, nous avons adopté une gouvernance et un mode de gestion conforme aux normes internationales bien avant que celui-ci ne nous soit imposé.

- Aradei Capital est gérée par une société de gestion indépendante comme l’impose la transformation en OPCI. Envisagez-vous une transformation de statut?
- Effectivement, Aradei Capital est gérée par REIM Partners, une société de gestion qui est à la base de la structuration de la foncière pour la rendre conforme aux normes internationales des foncières gérées par des sociétés de gestion indépendantes. En 2015, la vision adoptée par Aradei Capital était de devenir un REIT/OPCI de référence au Maroc, offrant un rendement stable et une appréciation du capital à partir d’un portefeuille diversifié d’actifs immobiliers. C’est justement le rendement stable qui symbolise l’engagement des actionnaires à distribuer de manière régulière et récurrente le résultat d’exploitation de la société. Pour rappel, l’obligation de distribution est la mesure clé des lois sur les OPCI. Aradei Capital et ses actionnaires se sont imposés cette mesure avant qu’elle ne devienne une obligation légale. Par conséquent, une transformation en OPCI ne changera ni notre fonctionnement, ni notre plan d’investissement. Notre priorité restant de continuer notre croissance tout en maintenant les dividendes annuels. Parallèlement, nous devons également écouter les attentes d’un marché atone qui nous appelle pour une introduction en bourse.

- D’où provient la croissance de 9,5% de votre chiffre d’affaires trimestriel? Est-elle soutenable?
- Nous avons pu maintenir un taux de croissance soutenu depuis quelques années grâce en partie à notre partenariat de développement avec le groupe Label ’Vie. Nous avons environ 70.000 m² de réalisations en cours sur six projets au Maroc et cela implique que le chiffre d’affaires va continuer à augmenter sur au moins les deux prochaines années. Nous avons d’autres projets en cours de préparation et qui prendront le relais au-delà des deux prochaines années. En bref, nous sommes sur une courbe ascendante menant à une appréciation durable du CA et du résultat distribuable. Nous sommes aussi sensibles aux dividendes par action et donc surveillons de manière étroite le déploiement d’investissements par rapport à notre endettement global et nos augmentations de capital. Dans le métier des foncières, la taille est un élément déterminant de la solidité des rendements et de la liquidité de nos actions; d’où l’importance de cette croissance. Nous avons à ce stade franchi les 4,5 milliards de DH de patrimoine sous gestion. 

- Quelles sont les perspectives de croissance?
- Pour le futur proche, nous en avons deux. La première est de continuer notre croissance autour du partenariat que nous avons avec le groupe Label’Vie. La deuxième est la diversification sectorielle déjà entamée par l’acquisition d’une unité industrielle à Meknès, entièrement louée à Yazaki. Aujourd’hui nous étudions de nouvelles opportunités dans l’hôtellerie, la santé et l’éducation. Pour l’avenir, une ouverture vers le reste de l’Afrique ne serait pas inenvisageable. Cela dit, un élément important à cette croissance est celui de l’ouverture du capital de la foncière pour accompagner son développement. Et donc l’un ne va pas sans l’autre.

Digitalisation, une menace 

Aradei Capital détient actuellement 26 actifs répartis entre centres commerciaux, galeries commerciales et actifs mono-locataires. Le management est convaincu que le commerce moderne continue à offrir une croissance importante. «Nous sommes aussi encore loin des problématiques que nous voyons en Europe ou ailleurs dans des pays où le commerce, surtout périurbain connaît une certaine difficulté», souligne Nawfal Bendefa. Au Maroc, la croissance est principalement urbaine et concerne des besoins réels existants. La digitalisation pourrait être une menace dans l’avenir notamment dans certaines zones qui sont arrivées à maturité. «Pour le moment, il est trop tôt pour parler d’essoufflement du commerce moderne», assure le PDG d’Aradei.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

 

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