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    Dossier Spécial

    Impayés: La métastase s’installe dans le monde

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5643 Le 28/11/2019 | Partager
    Les défaillances seront 35% supérieures au niveau de 2016
    Le seuil de 9.000 faillites atteint en 2020 au Maroc
    Délais de paiement, première cause de mortalité des TPME
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    Wilfried Verstraete, président du directoire du groupe Euler Hermes: «S’il ne fallait retenir qu’un seul risque majeur pour l’économie mondiale, ce sont les impayés» (Ph. W.V.)

    Au moins 500 chefs d’entreprise et opérateurs économiques sont attendus ce matin à Casablanca à la 7e édition de l’Observatoire international du commerce organisé par le groupe d’assurance-crédit, Euler Hermes. Ce rendez-vous est désor­mais l’un des plus importants du calen­drier du monde des affaires.

    Comme pour les précédentes éditions, L’Economiste est partenaire de l’évènement. Y seront décryptés, la situation économique et les risques dans les différentes régions dont le Maroc avec un focus sur «le modèle d’accélération économique de la pro­chaine décennie». Mais pour les TPE et les PME, ce sont les fins de mois diffi­ciles et tendues qui constitue le premier souci. Pour ces entreprises, les années passent mais se ressemblent.

    Premières victimes des impayés, elles doivent lutter pour leur survie dans un environnement où les délais de paiement, déjà structu­rellement longs, se détériorent d’année en année. Pour la première fois, la barre symbolique de 9.000 défaillances sera atteinte l’année prochaine.

    S’ils sont en moyenne de l’ordre de six mois, assure Tawfik Benzakour, DG d’Euler Hermes Acmar, les délais de paiement peuvent facilement aller au-de­là de neuf mois pour les petites structures dont le pouvoir de négociation est le plus faible. Et on le sait désormais à travers différentes enquêtes, ce sont les grandes entreprises qui étouffent les TPE. Et pas que dans le secteur public. Les mauvais payeurs se trouvent dans les deux camps, le public et le privé.

    Il n’y a pas une explication à ce phé­nomène culturel du monde des affaires au Maroc. Toujours est-il qu’il faut constater que régler son fournisseur à temps relève presque de l’exception aujourd’hui. La contraction de l’activité et la rareté des commandes qui s’ensuit peuvent pousser des opérateurs à baisser la garde sur l’ana­lyse du risque en recrutant des clients à la solvabilité moyenne, voire douteuse.

    Au sein des entreprises, c’est la guerre tra­ditionnelle qui oppose les commerciaux au service financier. Les premiers ont parfois tendance à privilégier les ventes, alors que le second lui, a les yeux rivés sur les encaissements. A juste titre, car les échéances de fin de mois -salaires, cotisations sociales et impôts- elles n’at­tendent pas. Le sentiment d’impunité que peuvent éprouver par ailleurs les mauvais payeurs entretient ce cercle vicieux.

    Si émettre un chèque sans provision expose le tireur à des sanctions (pouvant aller jusqu’au pénal), une entreprise dont l’effet de commerce (traite) retourne impayé s’en tire sans aucun dom­mage excepté celui sur l’image. Or, la lettre de change est le moyen le plus couramment utilisé dans les transactions interentreprises. Ces lettres de change en bois ont atteint un tel niveau que les banques n’ac­ceptent l’escompte des traites sauf pour des signatures sûres.

    Au niveau mondial, le tableau n’est guère meilleur. Le ralentis­sement de la croissance (2,4% en 2020 contre 2,5% cette année) devrait accélérer les défaillances: + 8% en 2019 et 2020, prévoit Euler Hermes. Plus grave, ce sera la 4e année consécutive de hausse. Fin 2020, les défaillances seront de 35% au dessus du volume de 2016.

    Dans son analyse, le président du directoire du groupe Euler Hermes, Wilfried Verstraete y voit le signe de la propagation mondiale des risques (voir interview en pages IV et VI). Bref, la métastase est installée. S’il ne fallait retenir qu’un seul risque majeur, pour le président du direc­toire d’Euler Hermes ce sont les impayés. «Il y a actuellement trop de sources de déstabilisation dans l’économie pour que le volume des impayés ne s’accroisse pas».

    La Chine dont la croissance marque le pas depuis quelques années (à 6% quand même, tout est relatif) aura vu ses défail­lances d’entreprises multiplier par 4 entre 2016 et 2020.

    La faillite était jadis un phéno­mène exceptionnel mais ne l’est plus aujourd’hui. L’autre malade s’appelle l’Europe. La croissance y atteindra pé­niblement 1% cette année et en 2020. Trop peu pour donner un peu d’air aux opérateurs économiques. Les trésoreries d’entreprises sont tendues et les grandes défaillances, celles d’entreprises avec des chiffres d’affaires au-dessus de 50 mil­lions d’euros, sont conséquentes.

    A.S.

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